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AGENTS INFECTIEUX CHEZ LE NOUVEAU- \ É

aseptique pendant les dix ou vingt premières heures, abrite bientôt de nombreux microorganismes, surtout quand l'enfant es1 nourri au biberon (Tissier). Les fosses nasales, aseptiques chez le nouveau-né sain, grâce aux propriétés bactéricides de leur mucus, se peuplent bien vite de microbes, à l'occasion du moindre coryza. Sur la peau vivent divers staphylocoques. Sur le moignon du cordon et sur la plaie ombilicale végètent des streptocoques, des staphylocoques, des colibacilles, le Bacillus subtilis, la Sarcina lutea (Cholmogorofî).

Les portes d'entrée de l'infection sont multiples : le fœtus, contenu, dans une cavité amniotique septique,peut s'infecter par la peau, les yeux, les oreilles, etc., mais surtout par la voie respiratoire: quand l'enfant souffre, il se produit, en effet, des mouvements d'inspiration qui font pénétrer le liquide amniotique dans le canal trachéo-bronchique. Pendant l'accouchement, les yeux surtout sont menacés. Après la naissance, l'infection envahit l'organisme par V appareil digestif ou par la plaie que crée en tombant le cordon ombilical : cette plaie n'est pas complètement cicatrisée avant deux ou trois semaines, et les vaisseaux ombilicaux ne s'oblitèrent que tardivement, particulièrement chez les prématurés (Audion). Au niveau du système cutané, les germes peuvent envahir l'organisme, soit à la faveur de la desquamation épithéliale physiologique, soit par quelque excoriation (plaie du forceps par exemple) ; il faut tenir grand compte de l'existence d'un éry thème fessier, particulièrement favorable au développement des staphylocoques. Citons encore les plaies des muqueuses (lésions de la bouche au cours de la manoeuvre de Mauriceau) et celle de la circoncision.

Les germes auront une action d'autant plus nocive qu'ils évolueront sur un terrain plus faible, c'est-à-dire incapable de fabriquer des anticorps ou chez qui la phagocytose est, pour ainsi dire, nulle, conditions qui existent, au plus haut point, chez l'enfant prématuré : aussi voit-on la débilité congénitale être la grande cause prédisposante de toutes les infections. C'est ainsi qu'au cours d'une même épidémie de grippe, Budin avu,en 1897, à la Maternité, les débiles succomber dans la proportion de 52, 57 et 68 p. 100, alors que pas un enfant à terme ne mourait. La nécessité pour ces enfants d'être placés en couveuse augmente encore les risques d'infection (Hutinel, Bertin). De même, il faut tenir compte des tares congénitales : syphilis, tuberculose, cancer des parents (Charrin, Nattan-Larrier, Delamarre), de la souffrance de l'enfant pendant la durée de l'accouchement, de l'hygiène surtout alimentaire, le lait, même aseptique, devenant dangereux s'il est donné en trop grande quantité. Enfin, l'agglomération de nourrissons malades est spécialement propre au développement des infections diverses, la virulence des microbes s'exaltant souvent en passant d'un individu à l'autre.

MAYGRIER ET JEANN1N.

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