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LES INFECTIONS DU NOUVEAU-NÉ

soit, de préférence, le bain réchauffé (Budin) : l'eau du bain étant à 2 ou 3 degrés, au-dessus de la température du nouveau-né, on y ajoute de l'eau chaude jusqu'à ce que l'on atteigne 38° ; de cette manière, le résultat acquis chez l'enfant est plus durable ; chaque bain doit durer de quinze à vingt minutes : on recommencera toutes les quatre heures. Il est bon également de faire usage de bains sinapisés. On hâtera la guérison des parties envahies au moyen du massage fait avec la main enduite de vaseline ou d'huile chaude, de frictions avec une flanelle chaude, ou encore avec un peu d'alcool aromatique (Guéniot). Kaufîmann a obtenu de bons résultats avec des frictions à l'onguent mercuriel. Sitôt ces soins reçus, le nouveau-né est placé en couveuse à 31° ; il doit y être attentivement surveillé, pour prévenir les accès de cyanose. Il est bon de faire passer un courant d'oxygène dans la couveuse. L'alimentation doit être suffisante ; aussi faut-il avoir recours au gavage, si le nourisson ne tette que difficilement.

D. — Les infections

Séméiologie générale. — Les infections sont fréquentes chez le nouveau-né, mais elles passent souvent inaperçues, car elles sont loin de présenter chez lui le même aspect que chez l'adulte. De plus, il est difficile de les faire rentrer dans un cadre nosographique bien défini, étant donnée V uniformité des symptômes, quels qu'en soient le point de départ et la nature. Aussi, en dehors des cas où quelque lésion locale, un érysipèle par exemple, impose le diagnostic, on ne peut que reconnaître l'existence d'une infection, sans en préciser l'espèce ni l'origine. La séméiologie en est assez particulière; certains des symptômes, précieux chez l'adulte, ne donnent, ici, que peu de renseignements : le pouls, par exemple, qui, battant normalement de 110 à 140 pulsations par minute chez le nouveau-né, devient rapidement incomptable ; de même, l'auscultation ne fournit que des données sans précision. Par contre, l'étude du poids est un moyen d'investigation facile à appliquer et très utile. Enfin, il est certains modes de réaction qui prennent chez le nouveau-né une importance capitale, étant donnée leur existence quasi constante : ce sont les troubles gastrointestinaux, les convulsions, la tendance aux œdèmes et à la cyanose, les hémorragies.

1° La température. — Suivant les cas, il y a hyperthermie ou hypothermie.

l^hyperthermie accompagne habituellement les infections des enfants à terme et bien développés. Bien rarement, la courbe affecte quelque forme régulière ; le plus souvent, elle oscille dans des limites assez étendues, parfois d'une heure à l'autre.

hypothermie s'observe surtout au cours des infections chez les prématurés ; la courbe thermique se tient au-dessous de 37°, atteignant 36°, 34°, 32° et même moins, s'abaissant encore aux approches de la mort ; on l'a vu tomber jusqu'à 22° (Lorain, Parrot). Cette hypothermie peut également exister chez des enfants à terme, principalement dans le cas d'infection gastro-intestinale.

MAYGRIER ET JEANNIN.

Ici, comme chez l'adulte, l'hypothermie démontre souvent la nature colibacillaire de l'infection (Hanot).

Le pronostic est très sombre, quand la température est continuellement ascendante, ou qu'elle se maintient en plateau vers 39° ou 40°, ou encore qu'elle s'abaisse au-dessous de la normale sans amendement des symptômes concomitants ; quant à l'hypothermie constante, ce n'est que la traduction du manque de réaction de l'organisme.

2° La courbe de poids. — Cette courbe, qui, nous le rappelons, doit s'élever, à partir du cinquième jour, de 25 à 30 grammes environ par vingt-quatre heures, devient stationnaire, puis s'abaisse rapidement, au cours de la plupart des maladies. L'importance de cette chute et surtout sa persistance sont, en partie, facteurs de la gravité de l'infection ; elles dépendent aussi de Y état des fonctions digestives : si, ce qui est très fréquent, le petit malade présente des vomissements et de la diarrhée, la courbe peut s'abaisser de 100 à 150 grammes et même 200 grammes par vingt-quatre heures. Quand la guérison survient, la courbe reste d'abord stationnaire, puis se relève d'une façon hésitante d'abord, régulière enfin; pour peu que la maladie ait été de longue durée, l'enfant peut mettre plusieurs mois à recouvrer son poids de naissance. Il est utile de confronter la courbe de poids avec la courbe thermique : tandis que la première s'abaisse, la seconde s'élève ; dans les cas favorables, on les verra évoluer en sens inverse.

Il existe de curieuses exceptions sur lesquelles Budin a spécialement attiré l'attention : chez des enfants gravement infectés, on voit la courbe de poids rester progressivement ascendante et même s'élever brusquement aux approches de la mort. Porak et Durante, Audebert, Delestre et nombre d'auteurs ont publié des cas semblables. Ces faits, réunis par Coulon, sont d'interprétation difficile : Boissard et Berthod les expliquent par l'existence d'une atonie digestive préléthale, le lait s'accumulant dans l'estomac; mais les autopsies contredisent cette théorie. Durante croit qu'il faut incriminer les lésions prolifératives, les exsudats plastiques se faisant du côté des poumons (dans le cas d'hépatisation) et du foie, lésions capables d'augmenter le poids spécifique de chaque organe, et par là le poids du corps. Audebert estime qu'il s'agit d'un défaut d'équilibre entre les ingesta et les excréta. Les selles peuvent être rares ; la respiration, peu active chez ces enfants malades, ne permet qu'une évaporation pulmonaire insuffisante; enfin, et surtout, les urines sont insuffisantes soit comme quantité, soit comme teneur en matières extractives, en chlorures principalement ; elles contiennent fréquemment de l'albumine. Cette théorie est d'autant plus vraisemblable que l'on voit fréquemment ces augmentations de poids coïncider avec l'apparition de l'œdème chez le nouveau-né (Budin).

3° Les œdèmes. — Les œdèmes se montrent presque exclusivement chez les très jeunes enfants : Valleix ne les a observés que pendant les quatre premiers jours, Simmon du quatrième au sixième jour, Billard au cours de la première semaine. Presque toujours il s'agit de prématurés, de débiles. L'influence du froid sur leur apparition est non douteuse : aussi les observe-t-on surtout en hiver (Liberali, Elsâsser, Blasi).

L'œdème d'origine infectieuse débute au niveau des mollets et des cuisses,

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