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CYANOSE CHEZ, LE NOUVEAU- NÉ

des mains, des organes génitaux externes. Ces parties sont tuméfiées, molles au toucher ; leur peau est pâle, cireuse, desséchée. L'infiltration est, pour chaque région, fugace et ambulatoire, disparaissant d'un membre pour apparaître sur un autre; elle peut aussi gagner le tronc et se généraliser : la peau devient alors violacée, livide et froide ; enfin, dans certains cas, le larynx est envahi : c'est l'oedème de la glotte (Billard).

A l'autopsie, on constate l'infiltration séreuse du tissu cellulaire souscutané, gagnant parfois les interstices musculaires et même les cavités viscérales.

Les œdèmes liés à l'infection doivent être différenciés des œdèmes de nature mécanique relevant, soit d'une malformation cardiaque, soit d'une compression par une pièce du maillot (œdème sus-pubien provenant d'une bande ombilicale trop serrée).

4° Les troubles digestifs. - Ils sont presque constants au cours des infections du nouveau-né, et parfois dominent la scène. C'est de Y inappétence bientôt suivie de vomissements, apparaissant de suite après une tétée, puis dans l'intervalle des repas ; en même temps, la diarrhée s'installe : au début, les selles sont mal liées, plus ou moins fétides, charriant des grumeaux de caséine ; puis elles deviennent muqueuses et bilieuses ; qualifiées alors de diarrhée verte. Les évacuations alvines peuvent être très nombreuses par vingtquatre heures, amenant une rapide diminution du poids. Nous reviendrons ultérieurement sur tous ces signes, spécialement sur V ictère, symptôme si fréquent chez le nouveau-né infecté.

5° Les accès de cyanose. — Il n'est pas rare d'observer, au cours des infections chez les débiles, surtout s'il existe des lésions broncho-pulmonaires, des accès de cyanose : subitement le petit malade devient violacé, la face est injectée, les lèvres noirâtres ; les extrémités sont glacées ; la température centrale est très abaissée (30°, 28°, 25° et moins) ; la respiration est superficielle, parfois insensible. Il est fréquent de voir simultanément l'enfant se raidir en convulsion tonique ; l'accès prend fin au bout de quelques secondes à quelques minutes, sous l'influence du traitement. Ces accès se reproduisent quelques heures plus tard, se rapprochant au voisinage de la mort ; certains malades se cyanosent presque à chaque instant. Les accès cyanotiques, en se combinant à l'ictère et aux hémorragies rénales, constituent une infection particulière : la maladie bronzée hématurique (voy. p. 783).

La cyanose dépend encore des causes étrangères à l'infection. Elle peut traduire, tout d'abord, la gêne respiratoire, par atélectasie pulmonaire chez les débiles qui sont incapables de déplisser leurs alvéoles pulmonaires, ou par obstruction des voies aériennes : c'est le cas des enfants qui ont souffert pendant le travail, des mucosités génitales ayant alors pénétré dans la trachée. La cyanose provient, enfin, et surtout, d'une malformation cardiaque : persistance du trou de Botal, communication interventriculaire (maladie de Roger), persistance du canal artériel, rétrécissement de l'artère pulmonaire ou de l'aorte. Dans tous ces cas, la cyanose est le symptôme dominant, de telle sorte qu'on a pu donner à l'affection le nom de maladie bleue ; la coloration

MAYGRIER ET JEANN1N.

violacée est permanente, très marquée aux lèvres et aux extrémités, s'exagérant par instants ; l'auscultation vient aider le diagnostic.

Nous avons déjà dit que, pour Budin, les accès de cyanose pourraient dépendre d'une insuffisance d'alimentation des enfants débiles.

Au moment d'un accès, il faut plonger l'enfant dans un bain chaud sinapisé, lui faire quelques frictions alcoolisées, puis le placer en couveuse sous un courant d'oxygène.

6° Les convulsions. - Chez le nouveau-né, les convulsions ne peuvent reconnaître les mêmes causes que chez les enfants plus âgés (convulsions d'ordre réflexe liées à la dentition, aux vers intestinaux, ou d'ordre toxique, comme dans l'urémie consécutive à la scarlatine par exemple). En dehors de celles qui dépendent d'une malformation (anencéphalie) ou d'un traumatisme cérébro-spinal (hémorragie encéphalo-rachidienne), de celles que présentent les enfants nés de mères éclamptiques, les convulsions des premiers jours de la vie sont d'origine infectieuse. On les observe au cours de la plupart des infections graves telles que l'érysipèle ombilical, la broncho-pneumonie ; elles prennent une importance toute particulière quand le processus infectieux touche les méninges (méningite purulente).

Les convulsions sont généralisées ou partielles.

Les convulsions généralisées constituent Yéclampsie du nouveau-né. Elles sont sous la dépendance de V infection du liquide céphalo-radidien : par la ponction lombaire on reconnaît que ce liquide est trouble, louche, riche en polynucléaires, mais ne contenant qu'exceptionnellement des microbes ; dans certains cas, cependant, il est transformé en pus véritable, où l'on trouve abondamment le germe causal : pneumocoque, colibacille, streptocoque, etc. Gliniquement, l'éclampsie infantile offre un tableau bien défini : l'enfant pâlit brusquement, la tête se renverse en arrière, les yeux se portent en haut et en dedans, le corps entier se raidit. Cette phase tonique fait place, au bout de quelques secondes, à la phase des secousses cloniques qui commencent par la face et s'étendent au cou, au tronc et aux membres. Les muscles de la vie organique prennent part à ces convulsions : il y a spasme du larynx et du diaphragme ; l'inspiration devient bruyante, et l'air ne pénètre qu'à peine dans les poumons. La face se cyanose, les lèvres bleuissent, les extrémités se glacent. Au bout de quelques secondes, parfois de plusieurs minutes, le calme se rétablit. Ces accès peuvent se répéter plusieurs fois par jour ; leur augmentation de fréquence est d'un mauvais pronostic.

Les convulsions sont fréquemment partielles : le type le plus fréquent est celui où les secousses se localisent à la face et aux membres supérieurs ; les globes oculaires se renversent, les angles de la bouche se contractent, quelques secousses agitent les bras, et tout est fini. Enfin, les convulsions peuvent se limiter au larynx : c'est le spasme de la glotte.

7° Les hémorragies. — Les hémorragies, dont l'étude a été reprise par Lequeux (1906), sont fréquentes chez le nouveau-né, et dépendent de causes multiples. D'une manière générale, on peut, avec Ribemont, Bar, les diviser en hémorragies de cause mécanique et de cause infectieuse. Parmi

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