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ULCÉRATIONS BUCCALES

On n'observe guère en pareil cas que les symptômes de toute infection grave: fièvre, perte de poids, troubles gastro-intestinaux. Tous les auteurs, à la suite de Lambert et de Widerhofer, considèrent Y ictère comme un signe constant de phlébite, mais ce signe n'a rien de pathognomonique ; de même il faut tenir compte de l'apparition d'omphalorragies tardives. L'artérite causerait, d'après Hennig, la rétraction de l'ouraque et du triangle formé par les artères ombilicales, cette région prenant alors une pâleur jaunâtre; Runge et Ohm n'ont pas constaté ce symptôme.

La mort est la conséquence presque fatale de ces infections vasculaires; elle survient d'habitude vers le huitième jour (Runge). A l'autopsie, on trouve, outre des lésions de phlébite et d'artérite, des métastases éloignées du côté du foie principalement, de la rate, des poumons, du coeur, etc. Lannelongue et Achard ont signalé un cas d'ostéomyélite tardive, consécutive à l'infection des vaisseaux ombilicaux.

INFECTIONS DE l' APPAREIL DIGESTIF.

1° Bouche et ses annexes. — En dehors du no ma, actuellement exceptionnel et qui ne frappe que les enfants en mauvais état général, on peut observer, chez le nouveau-né, diverses stomatites.

a. Ulcérations buccales. — D'aspect très variable, ces lésions ont été décrites sous les noms les plus divers : aphtes de Valleix ou de Bednar, plaques ptérygoïdiennes de Parrot, etc. Il s'agit de petites taches grisâtres, lenticulaires, situées symétriquement sur le bord ptérygoïdien de la voûte palatine, ou sur la ligne médiane de cette voûte, ou encore au niveau du frein des lèvres. La muqueuse qu'elles recouvrent est ulcérée et tapissée d'une pseudo-membrane diphtéroïde.

Ces ulcérations sont de nature streptococcique (Brindeau) ; aussi peuventelles devenir le point de départ d'un érysipèle. Cette complication en assombrit le pronostic, que Parrot considérait comme toujours très grave ; actuellement on sait qu'il est généralement bénin. Le traitement consiste à enlever chaque plaque à l'aide d'un peu d'ouate hydrophile imbibée d'eau oxygénée, puis à laver la bouche avec des solutions antiseptiques non toxiques.

b. Accidents d'origine dentaire. — Ces accidents se rencontrent dans deux conditions différentes : tantôt il s'agit d'une éruption dentaire précoce, dès la naissance ou dans les jours qui suivent ; la sortie de la dent crée une plaie qui s'infectera facilement ; tantôt, au contraire, il se produit d'abord, à la faveur d'un traumatisme quelconque (manoeuvre de Mauriceau, par exemple), une petite plaie du rebord gingival, plaie qui s'ulcère, gagne en profondeur, amenant ainsi le sphacèle d'une portion du maxillaire inférieur, et consécutivement V expulsion d'un follicule dentaire. Cette éruption, secondaire à l'infection, a été étudiée par Bar, puis Jeannin ; Capdepont lui donne le nom de folliculite expulsive. Son pronostic est très grave (contrairement à celui des éruptions primitives), et presque toujours l'enfant meurt par infection généralisée. On tentera de réaliser l'antisepsie buccale.

MAYGRIER ET JEANN1N.

c. Muguet. — Le muguet est une stomatite parasitaire due au développement d'un champignon, Voïdium albicans de Robin. Habituellement on trouve, à la fois, les levures et le mycélium de ce champignon ; toutefois le mycélium ou les levures peuvent exister à l'état isolé (Macé). Dans la très grande majorité des câs, le muguet ne frappe que les organismes débiles et cachectisès, s'attaquant aux prématurés atteints d'accidents gastro-intestinaux. Ne se développant bien qu'en milieu acide, il ne pourrait s'étendre dans une cavité buccale ayant sa réaction alcaline normale ; mais le terrain lui est préparé par les microbes habituels (pneumocoques, streptocoques, etc.), dont la première action est d'acidifier leur milieu de culture ; il en est de même de la présence locale du colibacille et du Bacillus subtilis, agents de la fermentation du lait (Teissier).

Le muguet est essentiellement contagieux, d'où sa fréquence dans les hôpitaux. La contagion se fait par le sein des nourrices, et aussi par les tétines, bouts de seins artificiels, etc. Le sein, une fois souillé, reste contaminé pendant longtemps : Bar a vu une nourrice donner le muguet à un nourrisson indemne, son propre enfant étant guéri depuis plus de deux mois. Dans les hôpitaux, la persistance du caractère contagieux est remarquable : depuis 1900, Bar voit survenir, tous les trois ou quatre mois, un cas de muguet toujours au même endroit de son service. Cette vitalité exceptionnelle, qui permet au muguet de rester latent plusieurs mois pour réapparaître à nouveau, est due à la résistance spéciale des spores de V Oïdium.

L'apparition du parasite dans la bouche est précédée par une phase de stomatite êryihémateuse : la langue et les joues sont rouges, arides, comme dépouillées de leur épithélium, présentant une sécheresse toute spéciale. Bientôt naissent çà et là de petites houppes blanches ressemblant à des caillots de lait, mais adhérentes à la muqueuse sous-jacente. Les premières houppes occupent la face de la langue où elles forment un semis de petites taches s'élargissant en plaques confluentes. De là, le muguet envahit la face interne des joues et des lèvres, les glandes salivaires, le pharynx. Dans quelques cas très graves, le parasite atteint le cœcum, l'anus, les organes génitaux ; il peut même causer une septicémie généralisée. La stomatite gêne la succion et la déglutition, contribuant ainsi au dépérissement général.

Le diagnostic en est facile : les grumeaux de lait qui, seuls, pourraient prêter à erreur ne sont pas adhérents, et la muqueuse sous-jacente n'est pas enflammée. En cas de doute, on étale une des houppes sur une lame : le microscope y dévoile l'intrication du mycélium et des spores, la présence de cellules buccales, de leucocytes, de leptothrix et des parasites microbiens de la bouche.

Le pronostic est essentiellement subordonné à l'état de santé du nouveau-né et à son hygiène alimentaire.

Tout enfant atteint de muguet sera immédiatement isolé ; sa nourrice ne donnera le sein à aucun autre enfant. Plusieurs fois par jour on enlève toutes les plaques de muguet à l'aide d'ouate hydrophile imbibée d'eau oxygénée ; ce médicament étant acide, il faut ensuite alcaliniser la bouche par un lavage à l'eau de Vichy. On peut encore faire usage du permanganate de potasse ou de sublimé (Bar), mais il faut se défier des petits accidents qui peuvent en

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