FORMATION DU PLACENTA
L'oeuî pénétre dans l'épaisseur de la muqueuse utérine avant le développement de ses villosités (Teacher Bryce) (fig. 80). 11 est formé d'une masse mésoblastique dans laquelle se disposeraient les premières formations embryonnaires. Tout autour de cet ensemble se localise une coque trophoblastique formée : 1° de cellules ectodermiques ; 2° d'un syncytium réticulaire. Celui-ci est au contact de la paroi déciduale qui dégénère.
Dans l'œuf de Peters, nous voyons se former de petites évaginations mésodermiques qui pénètrent dans la coque trophoblastique et se coiffent de ses éléments. Ce sont les premières villosités qui se forment autour du choiïon. Elles se prolongent par des colonnes cellulaires pleines qui, en se réunissant, entourent l'oeuf d'une zone de trophoblaste compact.
On y distingue des cellules claires bien limitées, à noyau vésiculeux. Ce sont les cellules de Langhans (fig. 81).
Ce sont ensuite des conglomérats protoplasmiques contenant un grand nombre de noyaux : masses syncytiales (fig. 81). Actuellement il est presque certain qu'elles résultent de la confluence de cellules syncytiales. Les petites villosités sont revêtues de ces différents éléments du trophoblaste qui se disposent en deux couches. Les colonnes cellules qui terminent les villosités pénètrent dans la décidua et la détruisent. Ainsi se développe la cavité dans laquelle se nide l'œuf.
Entre les villosités choriales se forment des cavités anfractueuses, les espaces intervilleux dans lesquels viennent s'accumuler du sang et des liquides de destruction cellulaire. Dans les préparations plus âgées, — Jung, Strahl-Beneke, Frassi-Keibel, — l'ensemble de ce développement s'accuse. Les évaginations villeuses sont plus développées et se dichotomisent. Ce sont des tiges de tissu conjonctif embryonnaire recouvertes de la double couche épithéliale. Elles se terminent par de volumineuses masses de trophoblaste qui s'infiltrent plus ou moins dans l'épaisseur du tissu maternel qu'il détruit.
Il est à supposer que la nutrition de l'œuf se fait à ce moment par transsudation d'un liquide complexe dans les espaces intervilleux. C'est un mélange de sang maternel et de lymphe embryotrophique (résultat de la fonte cellulaire périphérique). On ne peut donc pas encore parler de circulation sanguine intervilleuse dans le sens propre du mot (F. Delporte).
Dès le second mois, les villosités n'augmentent plus dénombre. Bien plus, toutes
La pratique de l'art des accouchements. I. — 7
Fig. 81. — Le plasmode syncytial tel qu'il se présente dans les zones l'œtales vers les espaces intervilleux. Protoplasme homogène et noyaux vésiculaires. Au niveau de ses limites supérieures, cellules de Langhans (Delporte).
KEJFFER ET DEVRAIGNE.
celles qui se trouvent en regard de la caduque capsulaire vont rester stationnaires, puis s'atrophier et disparaître. L'oeuf, qui était villeux sur toute sa surface (placenta partout), va se différencier en deux zones bien distinctes : sur la
plus grande, le chorion va être lisse, chauve : chorion levé, sur la plus petite, en regard de la sérotine, les villosités vont continuer à se développer : c'est le chorion touffu ou chorion frondosum, qui va former le placenta.
Structure des villosités choriales. —
Les villosités choriales, d'abord simples évaginations du chorion, sont des bourgeons conjonctivo-épithéliaux (fig. 82). Elles se développent rapidement et on y distingue un axe conjonctif supportant un épithélium de revêtement. A mesure
Fig. 82. — La voûte périovulaire et les évaginations du chorion. De bas en haut : villosités: colonnes de Langhans ; zone homogène de , n i , i i -n •
«cellules X.»: zone de destruction, contenant qu'elles se développent, les Vlllosi-
îes vestiges des glandes (Deiporte). tés se ramifient en prolongements
nombreux par voie de dichotomie; les dernières ramifications se terminent par les colonnes cellulaires du trophoblaste qui s'étalent sur la paroi déciduale de la cavité de nidation. Elles pénètrent le tissu maternel et le détruisent. Il est de ces prolongements cellulaires des villosités qui flottent librement dans les espaces intervilleux. D'autres se fixent profondément dans la decidua (fig. 83) :
ce sont les villosités de fixation (villosités crampons) qui assurent la stabilité des rapports entre l'oeuf et la muqueuse utérine.
L'axe conjonctif des villosités est formé d'une couche de tissu conjonctif embryonnaire contenant des cellules rondes, fusiformes, étoilées et à gros noyaux, placées dans une substance intermédiaire muqueuse. Dans les préparations jeunes (Peters, Jung, etc.), il n'existe aucune organisation vascu-
laire. Ce n'est qu'à la fin de la deuxième semaine que se développent les premiers capillaires embryonnaires dans le stromadu chorion, puis dans le tissu conjonctif des villosités. Ce sont de fins capillaires mésoblastiques formés
Fig. 83 — Épanouissement des colonnes cellulaires de Langhans dans la zone interne de la coque compacte péri-ovulaire (Deiporte).