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STRUCTURE DES VILLOSITÉS CHORIALES

d'un endothélium que supporte directement le stroma ; ce système s'accroît peu à peu vers la périphérie des villosités.

IJépithêlium de revêtement. — La masse mésoblastique de l'œuf de Teacher et Bryce est entourée d'une couronne cellula re à l'ensemble de laquelle on a donné le nom de trophoblaste (fig. 80). Les différents éléments qu'on y distingue (cytotrophoblaste et plasmoditrophoblaste) n'ont aucune disposition caractéristique. Dès que les évaginations du chorion se développent (oeuf de Peters), elles se coiffent d'un revêtement épithélial dont la disposition est, elle, très caractéristique. On y distingue deux couches, l'une interne, l'autre externe (fig. 84).

1° La couche interne, profonde, comprend des cellules polyédriques à protoplasma clair, finement granuleux, à gros noyau vésiculeux, ayant un fin réseau de chromatine assez lâche, avec un ou deux nucléoles :

c'est la couche de Langhans formée de cellules bien distinctes.

On y voit d'assez nombreuses figures caryocinétiques.

2° La couche externe, superficielle , syncytiale ou plasmodiale, très étudiée par de nombreux auteurs, dont Langhans, von Franqué, Marchand , Gotts chalk, Veit, Schmorl,

Jung, en Allemagne; Ercolani, Sîameni, Ascoli, en Italie; M. Duval, Letulle, Brindeau et Nattan-Larrier, Briquel, en France ; Ed. von Beneden, Masius, Nolff, Delporte en Belgique. Le syncytium est composé par un revêtement protoplasmique continu, irrégulier, sans séparations cellulaires. Il est plaqué sur la couche de Langhans comme un vernis. Son protoplasma est finement granuleux, prend fortement les colorants et contient de nombreux noyaux, irréguliers, très riches en chromatine. Le syncytium bourgeonne et forme des prolongements en massue (fig. 84).

Fonctions du trophoblaste. — C'est le trophoblaste qui assure la nidation de l'œuf grâce à son activité destructive qui désagrège tous les tissus maternels en contact avec lui. Ces produits de désagrégation assurent la première nutrition de l'organisme ovulaire. La circulation directe entre les capillaires de la

Fig. 84. — Villosités d'un œuf très jeune (Brindeau et Nattan-Larrier)

L. lac sanguin maternel : PL, plasmode du syncytium ; L, couche de Langhans; TC, tissu conjonctif de la villositë ; V, villosités naissantes ; C, chorion.

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

decidua et les espaces intervilleux s'établit insensiblement, d'abord par filtration, puis, par communication directe. Le développement de la circulation choriale est parallèle. Alors s'installe la nutrtiion hoemotrophique remplaçant la transsudation embryotrophique primitive.

Origine du trophoblaste. — Onabeaucoup discuté sur ce sujet. Lecytotrophoblaste (couche de Langhans) est d'origine ectodermique fœtale. Le plasmoditrophoblaste est aussi d'origine fœtale (Hubrecht, Léopold, Ruge, Gottschalk, Minot) dérivant des cellules de Langhans. Peters, Jung, Brindeau et Nattan-Larrier ont vu des formes de transition entre les cellules de Langhans et le syncytium.

Caractères de l'œuî aux différentes époques de la grossesse. — L'aspect le plus jeune que nous connaissions est représenté par l'œuf de Teacher et Bryce (voy. fig. 80). C'est une masse mésodermique entourée d'une couronne cellulaire (trophoblaste). Son âge peut être évalué à douze jours environ. L'œuf de Peters (voy. fig. 90) est une petite vésicule creuse de 1,6: 0,9 et de 0,8 millimètres de diamètre. Elle est entourée de toutes parts de courtes et délicates évaginations villeuses conjonctivo-épithéliales surmontées de masses trophoblastiques importantes. Il est certain aujourd'hui que son âge est de 14 à 15 jours, et non pas de 3 à 4 jours, comme le pensait Peters. Les œufs plus développés de Jung, Frassi-Keibel, Beneke (deuxième semaine) montrent des dimensions rapidement croissantes de la vésicule choriale. Celle-ci contient les formations embryonnaires et supporte de toutes parts d'importantes évaginations choriales ramifiées.

A l'âge d'un mois, la vésicule embryonnaire, éliminée accidentellement par les voies génitales, est d'environ 2 centimètres de diamètre, transparente, légèrement jaunâtre, renfermant, outre l'embryon, le liquide amniotique clair, incolore. Elle est couverte de villosités relativement longues sur toute sa surface. Cependant un grand nombre de villosités sont vascularisées.

A deux mois, l'œuf humain libre est du volume d'une grosse noix, à membranes transparentes, rempli de liquide clair et couvert de villosités plus développées encore et plus compliquées, avec une base d'attache au chorion plus solide. A l'un des pôles, les villosités sont plus rares, plus courtes et plus grêles, en voie d'atrophie.

On distingue déjà dans le placenta deux zones : l'une fœtale, villeuse; l'autre maternelle, lacunaire et à cloisons.

Les villosités de l'œuf de deux mois sont très développées. Elles présentent de nombreuses divisions. L'épithélium de revêtement conserve ses deux couches cellulaires. Cependant la couche de Langhans est beaucoup moins active que le plasmode qui végète toujours. Dans les villosités de fixation, le revêtement plasmodial se retrousse au niveau du pied pour tapisser la caduque basale, tandis que la couche de Langhans forme une colonne pleine qui pénètre dans la muqueuse. Le tissu conjonctif de la villosité est déjà un peu plus dense, surtout au voisinage des vaisseaux. Le fœtus a 3 centimètres de long, de l'occiput au coccyx, c'est-à-dire dans sa position ramassée telle qu'elle se présente dans l'œuf.

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