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INFECTIONS DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

Coryza aigu. — Cette affection, qu'il ne faut pas confondre avec le coryza de nature syphilitique, est la conséquence de l'infection des fosses nasales par le pneumocoque et les pyogènes habituels, infection contractée in utero (dans le cas de rupture prématurée des membres) ou après la naissance. Il en résulte un écoulement muqueux ou muco-purulent qui obstrue facilement les narines, si étroites, du nouveau-né. Celui-ci respire alors avec difficulté, il tette avec peine, et peut être pris, à l'occasion de ses tétées, d'accès de cyanose et de suffocation. La gêne de la respiration par la bouche détermine la rétropulsion du maxillaire inférieur. Ce coryza, non traité, peut se compliquer de broncho-pneumonie, d'otite moyenne, de sinusite ethmoïdale. On assurera l'antisepsie et la perméabilité des fosses nasales en y faisant couler une ou deux gouttes d'huile mentholée à 1/50, plusieurs fois par jour.

Rhinite purulente aiguë. — Les symptômes fonctionnels et généraux sont ceux du coryza, encore plus accentués. Localement, on voit s'écouler de l'une ou des deux narines un pus abondant, très clair, jaune citrin, rappelant très exactement celui des ophtalmies gonococciques ; aussi beaucoup d'auteurs incriminent-ils le diplocoque de Neisser (Lermoyez, Fraenkel). Nos recherches personnelles nous ont montré, dans ce cas, la présence constante du Staphylococcus aureus, possédant alors un pouvoir chromogène particulièrement intense. Le gonocoque n'est, probablement, que très exceptionnellement en cause; d'ailleurs, on ne voit pas la rhinite purulente venir compliquer l'ophtalmie gonococcique, et vice versa. Il faut combattre énergiquement cette infection : le mieux est de pratiquer des lavages répétés toutes les trois heures avec des solutions tièdes : résorcine à 1/100, bicarbonate de soude à 1/100, eau oxygénée au 1/4 ; le liquide pénétrera par les choanes et lavera les narines d'arrière en avant. Pour ce faire, on tient l'enfant la tête en bas, et on introduit la canule du laveur jusqu'au delà du bord postérieur du voile du palais. Ce traitement

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MAYGRIER ET JEANNIN.

doit être appliqué aussi rapidement que possible, car le pronostic de cette affection est très sévère ; la plupart des nouveau-nés succombent, habituellement par broncho-pneumonie. La rhinite purulente nous a paru posséder des allures épidémiques : dans les services d'accouchement, on en voit presque toujours éclater plusieurs cas à la fois, dans une même salle. Aussi importe- t-il d'isoler immédiatement tout nouveau-né qui en est atteint.

Bronchite aiguë. — Apparaissant d'emblée, ou secondairement à un coryza, la bronchite se traduit par la toux, plus ou moins fréquente, gênant le sommeil et l'alimentation; l'enfant, s'asphyxiant en buvant, rejette une partie de la tétée, et la courbe de poids s'abaisse ; la température oscille vers 38° ou 39°. L'auscultation dévoile de gros râles ronflants et quelques sibilances. le thorax restant sonore à la percussion. Disparaissant au bout de cinq à dix jours, la bronchite n'est dangereuse que par la possibilité de complications telles que la congestion pulmonaire ou la broncho-pneumonie. Le traitement consiste essentiellement en l'emploi de révulsifs, bains et cataplasmes sinapisés, quatre fois par jour; on modère la toux et les vomissements à l'aide du bromure de potassium (0^,05 à 0§r,20).

Broncho-pneumonie. — C'est une des affections les plus fréquentes du nouveau-né ; pouvant s'observer immédiatement après la naissance comme conséquence d'une infection intra- amniotique (mouvements respiratoires in utero, insufflation), elle débute le plus habituellement dès les premiers jours de la vie. Les germes les plus variés peuvent la causer: streptocoque, pneumocoque, bacille de Friedlander, colibacille, coccobacille de Pfeiffer, etc., seuls ou associés. Revêtant, dans les maternités, un caractère nettement épidémique, elle cause de terribles ravages quand la grippe sévit par exemple. Le début en est habituellement insidieux ; aux signes habituels de l'infection se joignent quelques symptômes locaux : tout d'abord, la toux; celle-ci est sèche, fréquente, se produisant surtout lorsqu'on remue l'enfant, amenant facilement des vomissements. La dyspnée, d'intensité variable, peut porter à 60 ou 80 par minute le nombre des inspirations; il s'y joint le battement des ailes du nez et le tirage sous-sternal. L'auscultation ne donne que des renseignements variables et incertains: dans les cas nets, il existe les foyers soufflants environnés d'une zone de râles sous- crépitants très fins. Dans ces points, il peut y avoir de lasubmatité; les foyers occupent principalement labase et le bord postérieur des poumons, mais ils se déplacent facilement, faisant varier les signes stéthoscopiqnes d'un moment à l'autre. Parfois la multiplicité desrâles et des ronchus donne lieu au bruit de tempête de Récamier. Dans d'autres cas, l'auscultation demeure négative.

L'état général devient rapidement mauvais ; l'enfant refuse le sein, il est agité et dort mal ; le faciès est pâle ou bistré, avec un cercle de cyanose au niveau des lèvres ; la température centrale s'élève habituellement vers 39° et 40°, mais les extrémités restent froides ; la courbe de poids descend sans cesse (voy. fig. 340). Au bout de trois à six jours, les convulsions apparaissent et l'enfant meurt dans un accès de cyanose.

A l'autopsie, on trouve, au niveau de la base et du bord postérieur des poumons, des régions hépatisées, rouge violacé, ne flottant pas; la coupe en est

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