INFECTIONS DE LA PEAU ET DE SES ANNEXES
Streptococcies. — Chez le nouveau-né, on peut observer Vérysipèle en tous les points du corps, au niveau de la face et des membres ; il peut reconnaître
MAYGRIER ET JEANNIN.
comme point de départ toute solution de continuité ; petite plaie d'origine obstétricale (forceps), écorchure quelconque, etc. Dans la très grande majorité des cas, c'est au niveau de l'ombilic que l'érysipèle prend naissance ; cette affection est presque toujours mortelle.
Staphylococcies. — Le nouveau-né, et particulièrement le débile, se laisse très facilement infecter par les staphylocoques pyogènes. En général, il en résulte des lésions locales : ecthyma, tourniole, érythème fessier, abcès superficiels. Parfois, cependant, les germes envahissent la circulation, et l'enfant succombe à la septicémie ou à la pyohémie. Ces infections, dont l'origine est fréquemment la galactophorite de la mère, seront traitées par les lavements de levure de bière ; on pourra également faire usage des staphylases.
a. Tournioles. — Ces petites suppurations sous-épidermiques péri-unguéales apparaissent du sixième au dixième jour, à l'occasion d'une érosion superficielle, sous forme d'une légère plaque de lymphangite à laquelle succède une phlyctène disposée en croissant le long du bord de l'ongle et gonflée par une goutte de pus. Au bout de deux à trois jours, cette bulle crève et est remplacée par une croûte jaunâtre. L'affection atteint généralement plusieurs doigts à la fois ; négligée, elle peut devenir le point de départ d'accidents très sérieux (Brindeau), ou se compliquer d'érysipèle. Chaque point malade sera touché à la teinture d'iode et isolé au moyen d'un pansement humide.
b. Ecthyma. — Bien étudié par Butmann, l'ecthyma est une suppuration sous-épidermique frappant surtout les enfants débiles ou précédemment malades, principalement dans les agglomérations hospitalières. Des troubles généraux, vomissements, diarrhée, légère élévation thermique, ouvrent la scène, puis l'éruption se déclare, plus ou moins généralisée : parfois discrète, limitée à la tête et au cou, ou sur le siège et la face interne des cuisses, elle recouvre, dans d'autres cas, tout le tronc et les membres. Au début, ce sont des macules rouges, faisant place à des papules, puis à des pustules de minimes dimensions, acuminées, et contenant, chacune, une gouttelette de pus. Ces bulles se rompent, laissant une petite ulcération bordée d'un liséré violacé. Cette affection, qui peut devenir sérieuse, sera combattue par des bains de sublimé et une bonne hygiène alimentaire. Budin conseille de percer avec une aiguille chaque bulle, de la vider, pour la toucher ensuite à la teinture d'iode et l'isoler à l'aide d'une goutte de collodion.
c. Abcès et phlegmons. — Hervieux, puis Budin, Bumm, Karlinski, etc., ont signalé les abcès multiples qui apparaissent chez le nouveau-né, principalement chez le débile, à la suite d'une souillure des téguments, ou comme traduction de quelque infection à point de départ intestinal, ainsi que le fait s'observe par exemple lors de l'absorption de pus de galactophorite (Damourette). Ces abcès surviennent en tous les points du corps, principalement au niveau des fesses et des membres inférieurs. Ils sont de deux sortes : les uns, superficiels, se déclarant très rapidement après l'inoculation de quelques matériaux sep tiques ; les autres, profonds, ne se manifestant que quinze jours et plus après la contagion, ce qui rend difficile d'en retrouver la cause. Les abcès superficiels se présentent sous l'aspect de nodosités dont le volume varie de