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PEMPHIGUS INFECTIEUX ÉPIDÉM1QUE

la grosseur d'un petit pois à celle d'un œuf de pigeon ; puis, le pus se collecte et peut s'évacuer spontanément. On voit, chez un même enfant, jusqu'à vingt ou trente abcès, soit simultanément, soit, plus souvent, par poussées successives, leur caractère dominant étant leur multiplicité. Ces abcès superficiels n'ont que peu d'influence sur l'état général. 11 n'en est pas de même des abcès profonds qui revêtent, parfois, une allure franchement phlegmoneuse. On en rencontre sous la peau, dans les interstices intramusculaires. Us évoluent à la façon des abcès froids, c'est-à-dire lente-

ment et sans grande température, quoiqu'ils dépendent bien du staphylocoque, et non du bacille de Koch; l'incision donne issue à un pus crémeux, blanchâtre, rappelant la matière caséeuse. Ces abcès s'accompagnent, dans les cas graves, de suppurations osseuses, articulaires ou viscérales (foie et reins principalement) : c'est alors l'infection pyohémique.

Toute collection purulente sera évacuée, sitôt le pus collecté, par incision et drainage ; chaque foyer devra être rigoureusement isolé à l'aide d'un pansement occlusif.

Pemphigus infectieux épidémique.

— Bien étudiée par Hervieux, Besnier, Ahlfeld, Reuser, Kenoch, etc., cette affection est une véritable fièvre éruptive dont on ignore encore l'agent pathogène (voy. fig.

341). Des bulles de dimensions variables apparaissent sur tout le corps, à Vexception de la plante

des pieds et de la paume des mains; nouveau-né (P. Bar),

elles évoluent exactement à la

façon des bulles d'une varicelle intense : après s'être gonflées d'un liquide citrin, elles crèvent et se dessèchent. L'éruption marche par poussées successives, pouvant s'accompagner de fièvre et de quelques troubles généraux ; sa durée totale varie d'une semaine enmoyenne à un mois. Le pronostic dépend essentiellement de l'état de l'enfant, et la mort ne survient qu'à titre exceptionnel.

Le diagnostic du pemphigus épidémique est parfois difficile (Bar) ; il faut surtout penser à le différencier du pemphigus syphilitique : en dehors des autres signes de syphilis, celui-ci a, pour lui, sa localisation aux paumes des mains et aux plantes des pieds, régions respectées par le pemphigus épidé-

MAYGRIER ET JEANNIN.

mique. On songera également au pemphigus congénital non syphilitique.

Infection mammaire. — Nous avons étudié antérieurement la congestion mammaire des premiers jours de la vie, congestion qui peut aboutir à une véritable petite montée laiteuse. Ainsi se trouvent créées des conditions particulièrement favorables à l'éclosion d'une infection glandulaire. Celle-ci se réalisera d'autant plus facilement que, trop souvent, on commet la faute de presser sur les mamelles de l'enfant pour en faire sourdre le lait qui les gonfle. La galactophorite ouvre la scène : la glande est tendue, rouge, douloureuse au palper ; en la pressant très doucement entre deux doigts, on donne issue à quelques gouttes de pus. Cet état s'accompagne d'un léger mouvement fébrile, le thermomètre montant à 38°, 38°,5. Habituellement les accidents s'arrêtent là ; cependant, dans quelques cas, la galactophorite est suivie d'un abcès glandulaire ou périglandulaire, capable de s'étendre vers la clavicule et vers l'aisselle, causant d'énormes décollements du tissu. Ces suppurations mammaires peuvent se propager aux plèvres, d'où pleurésie purulente ( Jeannin et Coudert) et devenir le point de départ d'une infection pyohémique; elles entraînent, en outre, comme conséquence lointaine, Y atrophie ultérieure de la glande. Tant qu'il n'y a pas d'abcès, on se borne à appliquer sur les mamelles des compresses humides antiseptiques ; en cas de galactophorite, Budin conseille l'expression mammaire comme chez l'adulte ; Bar estime qu'il vaut mieux éviter toute malaxation de la glande enflammée. Tout abcès collecté sera évacué par une incision dirigée parallèlement aux canaux galactophores.

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