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INFECTIONS DU SYSTEME NERVEUX

Méningite ; abcès de l'encéphale ; phlébite des sinus. — La méningite succède à une lésion locale : otite suppurée, rhinite purulente, plaie du cuir chevelu ; ou bien elle apparaît au cours d'une infection généralisée à porte d'entrée ombilicale ou intestinale. Très difficile à diagnostiquer cliniquement, cette affection donne lieu, outre les symptômes infectieux habituels, à des convulsions intenses et répétées, à des cris brefs et incessants, à la tension douloureuse de la fontanelle antérieure. La ponction lombaire montre que le liquide céphalo-rachidien, augmenté de quantité, est louche, floconneux, parfois nettement purulent ; après centrifugation, on y décèle de nombreux polynucléaires et des microbes variés : pneumocoque, streptocoque, méningocoque, colibacille. Ce liquide constituant un très mauvais terrain de culture, il est fréquent de ne trouver que très peu de germes, ou même de n'en rencontrer aucun. Dans la très grande majorité des cas, la méningite se termine par la mort ; en cas de guérison, on pourrait redouter l'apparition ultérieure de la maladie de Little (?).

A l'autopsie, on constate l'existence d'une méningite cérébro-spinale : l'encéphale est recouvert d'une véritable coque putrilagineuse et verdâtre, sillonnée de grosses veines gorgées de sang. On peut trouver, en outre, des abcès localisés (d'un ventricule latéral, par exemple) ou une phlébite suppurée

TÉTANIE ET ÉTATS TÉTANOÏDES.

des sinus. Le traitement consiste en bains froids ; Quincke estime que la ponction lombaire possède une valeur thérapeutique : on pourra toujours la pratiquer, et la faire suivre d'une injection de collargol.

Tétanos. — Actuellement très rare, du moins dans nos races et nos climats, car elle cause encore de nombreuses victimes chez les nègres nouveau-nés, cette redoutable complication apparaît après la chute du cordon, avec un maximum de fréquence du cinquième au septième jour (Renault). Toute plaie peut lui servir de porte d'entrée, la plaie produite par la circoncision, par exemple (Runge) ; mais, dans la très grande majorité des cas, le germe pénètre au niveau de l'ombilic : c'est, comme chez l'adulte, le bacille de Nicolaïer, ainsi que l'établissent les recherches expérimentales d'Escherich, Baginski, etc. Le trismus neonatorum a un aspect très spécial, bien décrit par Trousseau : l'enfant refuse le sein et semble souffrir ; rapidement, le trismus se manifeste, ainsi que la contracture des extenseurs du cou et du tronc. Le petit malade est raidi en opisthotonos, secoué, par moments, par des convulsions qui atteignent principalement la face et les membres. La température est généralement élevée, le thermomètre marquant 40° et plus. Monti en a cependant observé des cas apyrétiques. La mort a lieu invariablement au bout de trois à quatre jours. Le tétanos étant extrêmement contagieux, tout enfant atteint de trismus doit être immédiatement isolé.

Tétanie et états tétanoïdes. — Près du tétanos vrai, dû au bacille de Nicolaïer, on décrit, depuis Parrot et Legendre, sous le nom d'états tétanoïdes ou pseudo-tétanos, un ensemble clinique essentiellement caractérisé par de la contracture plus ou moins généralisée et des convulsions toniques et cloniques. Ces états sont de nature mécanique, relevant d'une hémorragie intrarachidienne produite au moment de la naissance, ou de nature infectieuse, dépendant alors d'une méningite cérébro-spinale consécutive, elle-même, à quelque infection pneumococcique, streptococcique, colibacillaire, etc., développée au niveau de l'intestin, de l'ombilic ou du poumon. L'aspect clinique en est très variable : tantôt l'enfant est raidi en opisthotonos, avec ou sans trismus, les membres supérieurs allongés, les avant-bras en pronation forcée ; tantôt les membres pelviens sont seuls contracturés. De temps en temps, le petit malade est secoué par des convulsions intéressant les membres, la face, les yeux. L'hyperexcitabilité nerveuse donne lieu au phénomène de Trousseau : en percutant avec le bord du stéthoscope un tendon musculaire, celui du biceps par exemple, on détermine immédiatement la contracture du muscle ; le même phénomène se passe du côté du facial, si on le percute entre l'apophyse zygomatique et la commissure labiale : c'est le phénomène de Chwostek.

Ces états tétanoïdes seront différenciés de la tétanie proprement dite. Cette affection, liée intimement aux troubles gastro-intestinaux et au rachitisme, n'apparaît qu'exceptionnellement avant le troisième mois ; elle se manifeste par des convulsions cloniques et des contractures toniques. Quand l'enfant succombe, l'autopsie révèle une hyperémie très intense du névraxe et des méninges, et une notable augmentation du liquide céphalo-rachidien.

Le pronostic des états tétanoïdes dépend essentiellement de leur cause. Le

MAYGRIER ET JEANNIN.

traitement consiste dans l'emploi des sédatifs habituels : bains prolongés, bromure, etc. La ponction lombaire devra être pratiquée ; elle a donné des résultats favorables dans certains cas d'hématorachis.

Spasme de la glotte. — « Le spasme glottique essentiel des nourrissons est une névrose caractérisée par des crises de suspension brusque de la respiration liées à une contracture des muscles adducteurs des cordes vocales. » (Marfan.) Cette affection, qui coïncide souvent avec la tétanie ou l'éclampsie des nouveau-nés, frappe surtout les sujets issus de parents névropathiques (Escherich) ; elle paraît nettement en rapport avec l'existence de troubles gastro-intestinaux. Aussi, a-t-on tendance à la considérer actuellement comme une conséquence de V auto-intoxication digestive (West, Reid, Comby), ce qui explique par ailleurs sa coexistence fréquente avec le rachitisme (Elsâsser, Kassowitz. La crise de spasme glottique éclate brusquement, de jour ou de nuit, dans le sommeil ou dans la veille : subitement, la respiration s'arrête, le thorax reste immobile, la tête en extension, les yeux convulsés en haut, la face anxieuse. Au bout de quelques secondes, la phase apnéique prend fin, grâce à une inspiration lente et saccadée, la pénétration de l'air dans la glotte convulsée donnant lieu à un bruit très spécial que l'on a comparé au gloussement de la poule; puis, tout rentre dans l'ordre. L'accès peut être unique et se terminer par la mort : c'est là la principale cause de mort subite du nouveau-né. Plus souvent les accès se répètent de façon à constituer une véritable maladie cyclique dont l'évolution dure de quelques jours à plusieurs semaines. L'enfant succombe dans la moitié des cas ; l'autopsie ne révèle que de banales lésions d'asphyxie. Le traitement consiste dans la réglementation de l'alimentation et la médication antispasmodique : bains chauds prolongés et bromure.

Il faudra éviter de confondre le spasme de la glotte avec le stridor congénital, sorte de spasme, de cornage respiratoire caractérisé par une respiration bruyante, existant dès la naissance, et durant continuellement. Cette affection est rare et de nature encore indéterminée : Robertson l'attribue à une paralysie des crico-aryténoïdiens postérieurs ; Variot la croit en rapport avec le spasme glottique ; on l'a également rapportée à la présence de végétations adénoïdes.

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