LA TÊTE DU FŒTUS
car elle peut être réduite à une simple fente en forme de lambda. Si les angles osseux de l'occipital et des pariétaux ne sont pas trop juxtaposés, ils laissent au niveau de leur rencontre un triangle rempli par la membrane fibreuse qui est la fontanelle occipitale ou petite fontanelle. En ce point donc aboutissent, à angle obtus, les deux moitiés de la suture lambdoïde et la partie postérieure de la suture sagittale. Parfois, la pointe de l'occipital est séparée de l'écaillé du même nom et forme Vos épactal, souvent simple, parfois double.
3° Les fontanelles latérales sont placées sur les côtés du crâne. Les unes postérieures, dites de Gasser ou astériques ou mastoïdiennes, sont situées au point de réunion des sutures lambdoïdes à l'écaillé du temporal. Petites, irrégulières, peu dépressibles, elles sont masquées par le muscle temporal et servent rarement au diagnostic. Les autres, antérieures, fontanelles ptériques, siègent à l'union des os frontal, pariétal et temporal.
4° Les fontanelles supplémentaires. La principale fontanelle supplémentaire est située sur la suture sagittale. Elle est plus ou moins grande, de forme quadrangulaire et occupe un point équidistant de la fontanelle lambdoïde et de la fontanelle principale losangique. C'est la fontanelle de Gerdy ou fontanelle obélique. D'après Arnold Lea : 1° la fontanelle de Gerdy existe dans 4,4 p. 100 des cas chez les enfants à terme ; 2° elle serait généralement bilatérale et losangique (76 p. 100), plus rarement unilatérale et triangulaire (24 p. 100) ; 3° elle se formerait dans les deux premiers mois de la vie, mais pourrait subsister à huit mois et plus ; 4° elle coïnciderait avec des arrêts de développement de l'extrémité postérieure des pariétaux ; 5° elle pourrait causer des erreurs de diagnostic. Cette fontanelle est due à une insuffisance de réunion des aiguilles osseuses qui, parties de la base pariétale comme centre, vont produire l'ossification des pariétaux.
Comme autre fontanelle supplémentaire, citons la fontanelle glabellaire que l'on rencontre parfois sur le trajet de la suture médio-frontale.
5° La charnière occipitale de Kerkringius, dont Budin a bien montré l'utilité, permet à la portion écailleuse de l'occipital d'exécuter sur sa portion basilaire certains mouvements de flexion et d'extension et de s'enfoncer au-dessous des pariétaux.
Base du crâne. — Bonnaire a tracé un excellent dessin schématique de la base du crâne. Les plaques osseuses qui la constituent sont serrées par des bandelettes cartilagineuses qui forment une figure étoilée, Y étoile cartilagineuse de la base. Cette étoile est symétrique et a quatre branches. La partie médiane ou corps du sphénoïde s'étend entre les plaques orbitaires des os frontaux ; elle se continue en avant à droite et à gauche avec les branches antérieures qui renferment les points d'ossification des grandes ailes du sphénoïde et se prolongent jusqu'à l'écaillé des temporaux, c'est-à-dire jusqu'aux fontanelles ptériques. Les branches postérieures forment les rochers et enveloppent sur la ligne médiane le trou occipital, lequel est représenté à ce moment par des noyaux osseux qui sont les deux condyles latéraux, et en avant l'apophyse basilaire ; ces branches se prolongent latéralement jusqu'aux fontanelles de Gasser. L'ensemble forme une croix de Saint-André dont le corps
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du sphénoïde constitue la clé de voûte et est renforcé en avant par le massif facial (fig. 99). Les points d'ossification antérieurs de l'occipital sont séparés de l'écaillé de l'occipital par le tissu fibro-cartilagineux qui constitue la charnière de Budin. Sur la ligne médiane, immédiatement derrière le trou occipital, se rencontre parfois un petit noyau osseux appelé osselet de Kerkringius.
La base du crâne forme un massif très solide et incompressible. Le point
le plus résistant de cette masse est le corps du sphénoïde : c'est lui qu'on devra attaquer quand on voudra effondrer la base du crâne.
Diamètres et circonférences de la tête fœtale à terme. — Pour bien les mesurer, il faut se servir de fœtus normaux à terme, de poids moyen, et cela deux ou trois jours après la naissance, lorsque la tête a repris ses forme et dimensions normales (Budin).
Les diamètres du crâne foetal sont antéro- postérieurs, transverses et verticaux.
Les diamètres antéro- postérieurs (fig. 100) sont :
1° Le diamètre occipito-mentonnier (0. M.), qui va de la pointe de l'occipital au menton. Il mesure 13 centimètres ;
2° Le diamètre occipito-frontal (0.
F.), qui va de la pointe de l'occipital à la racine du nez. Il est de 11 centimètres à 12 centimètres ;
3° Le diamètre sous-occipito-bregmatique (S. 0. B.), qui va du milieu de la grande fontanelle à la base de l'écaillé occipitale. Ce diamètre est long de 9 centimètres et demi ;
4° Le diamètre sous-occipito-frontal (S. 0. F.), qui est étendu du point le plus proéminent de l'os frontal à la base de l'occipital ; il mesure 10 centimètres ;
5° Le diamètre sus-occipito-mentonnier, qui est, d'après les recherches de Budin, le plus grand diamètre antéro-postérieur. Il mesure la distance maxima qui va du menton en un point variable de la suture sagittale situé entre la grande fontanelle et la pointe de l'occipital. C'est le diamètre maximum ; il est de 13 centimètres et demi, mais peut être modifié par l'ouverture de la bouche du fœtus ;
6° Le diamètre occipito-nasal ou sus-occipito-nasal, qui va de l'épine nasale
Fig. 99. — Radiographie de la base du crâne du nouveau-né montrant la croix de Saint-André formée par les grandes ailes du sphénoïde en avant, les rochers en arrière, le corps du sphénoïde formant clé de voûte. Le massif facial renforce en avant les deux branches antérieures (Bouchacourt).
A, occipital; B, trou de l'occipital; C, rocher; D, apophyse basilaire; E, corps du sphénoïde; F, grande aile du sphénoïde; G, ethmoïde; H, massif facial.