VISCÈRES DU FŒTUS
taux, l'extrémité antérieure des troisièmes, quatrièmes, cinquièmes côtes et des espaces correspondants. Il répond directement à la paroi thoracique à gauche, sur une zone de 3 centimètres carrés (Ribemont, Balard). Il pèse de 15 à 20 grammes, et le rapport de son poids au poids total du foetus est de 0,50 p. 100.
En arrière, le cœur répond à l'aorte et l'oesophage, aux deux poumons ; à droite, il répond au poumon droit plus volumineux que le gauche ; à gauche, il répond au poumon gauche qui le sépare de la paroi thoracique par une bandelette d'épaisseur variant entre 2 et 10 millimètres. En bas, il répond au diaphragme et au foie. Le cœur est à égale distance de l'extrémité pelvienne et de l'extrémité céphalique (Ribemont-Dessaignes).
Organes abdominaux. — Le foie pèse de 91sr,5 à 123^,5. Très volumineux, il occupe sous le diaphragme la moitié de l'abdomen, descendant à droite à quelques millimètres de la crête iliaque ; son lobe gauche est relativement plus volumineux que chez l'adulte. Un tel volume est en relation avec les multiples fonctions du foie chez le fœtus. Dès le troisième mois, le foie sécrète de la bile qui, mélangée avec le mucus intestinal, va constituer le méconium auquel •elle donne sa couleur. Sa fonction glycogénique n'apparaît que vers le sixième mois de la vie fœtale (Cl. Bernard).
L 'estomac a, chez le nouveau-né, une position presque verticale qu'il conservera pendant la première année ; il est situé entre le foie qui le recouvre presque entièrement (sauf au niveau de la grosse tubérosité) et la masse intestinale et le rein gauche (tiers supérieur). Il est en contact avec la rate à gauche, et en arrière avec le pancréas, au niveau de sa petite courbure. Ribemont n'a pas trouvé les parois accolées l'une à l'autre pendant la vie fœtale.
La rate a été bien étudiée chez le fœtus et le nouveau-né par Macé. Cet auteur a trouvé que la rate pesait : à quatre mois et demi, 0sr^8 pour un poids moyen de 321sr,6 ; à cinq mois et demi, 1^,06 pour un poids moyen de 540 grammes -, à six mois et demi, 3sr,05 pour un poids moyen de 946 grammes ; à sept mois et demi, 5sr,48 pour un poids moyen de 1.457 grammes ; à huit mois, huit mois et demi, 7 grammes pour un poids moyen de 1.983 grammes ; à neuf mois, 9sr,9, pour un poids moyen de 3.224 grammes.
La rate est horizontale chez le fœtus (Trolard). Elle présente des rapports vers le haut avec le diaphragme, en dedans avec le pilier gauche de ce muscle, en avant avec le foie, en dehors avec la paroi abdominale et en arrière avec la capsule surrénale qui le sépare du rein. Elle est très facile à palper chez le nouveau-né.
Les capsules surrénales du fœtus à terme sont volumineuses. Chacune d'elles représente le tiers du volume du rein et s'adapte par sa face inférieure excavée sur le sommet arrondi du rein qu'elle coiffe. Elles sont en partie recouvertes par le foie à droite, par la rate à gauche. En coupe, elles paraissent multilobulées.
Langlois a recherché si, durant la période fœtale, les capsules surrénales ont déjà leur puissance physiologique : en traitant ces capsules par le perchlorure de fer, il a obtenu la réaction verte de Vulpian, caractéristique. Il a injecté
alors des extraits de ces capsules surrénales de fœtus de mouton, et a obtenu les résultats physiologiques reconnus aux extraits de ces capsules. Donc, chez le foetus, ces organes sont déjà actifs.
Les reins présentent chez le foetus et le nouveau-né une lobulation extérieure très apparente et, comme nous l'avons vu (voir liquide amniotique), leur fonction est déjà complètement réalisée avant terme. Ils pèsent 11 grammes en moyenne.
Le pancréas augmente en général de poids en même temps que le fœtus se développe, mais les exceptions à cette règle sont fréquentes (Valtorta).
L'intestin grêle, que l'on croyait librement sinueux dans la cavité abdominale, a été étudié chez le fœtus par le procédé de fixation à la formaline à 10 p. 100 (méthode de His) par E. Millier. Cet auteur l'a rencontré dès le troisième mois, dans une position constante, groupé en deux paquets d'anses, l'un supérieur à gauche, décrivant, grâce au mésentère très développé, de nombreux zigzags, et se continuant à gauche avec le paquet droit inférieur qui est moins sinueux, se tenant presque verticalement.
La longueur de l'intestin grêle égale douze fois la distance mesurée de la bouche à l'anus. Cet organe renferme des produits de sécrétion glandulaire, des débris de cellules épithéliales, du liquide albumineux, le tout coloré en jaune vert par la bile. La partie inférieure du gros intestin est remplie de méconium. Le méconium est une matière poisseuse, d'un brun verdâtre, composée de cellules résultant de la desquamation de tout le tractus intestinal, mélangée de produits de sécrétion de la muqueuse digestive et des glandes annexes, particulièrement de bile, le tout plus ou moins digéré et enrichi parfois d'éléments entrant dans la composition de l'enduit sébacé : cellules épidermiques, poils, graisse, ce qui est une preuve de la déglutition du liquide amniotique par le fœtus.
Les testicules sont descendus dans le scrotum à la naissance et pèsent environ 0gr,8 (Tourdes).
Les ovaires pèsent à la naissance de 40 à 80 centigrammes ; le droit serait constamment un peu plus gros que le gauche, cequi tiendrait, d'après Morletti, à l'abouchement des veines utéro-ovariennes directement dans la veine cave inférieure, alors qu'à gauche l'abouchement se fait dans la veine rénale.
Valtorta croit qu'à des ovaires gros correspond un utérus plutôt petit et vice versa, sans oser l'affirmer d'une façon absolue.
Le poids des organes du fœtus à terme. — Ce poids est évidemment aussi variable que celui du fœtus entier et dépend de l'activité de croissance générale du fœtus et de celle de chaque organe considéré individuellement.
Il résulte de recherches faites par Loisel que, jusque vers le quatrième mois, tous les organes sont plus lourds dans le sexe féminin. La prépondérance passe ensuite aux mâles, mais seulement pour les poumons et pour les organes de la vie de relation ; le muscle cardiaque resterait toujours plus lourd dans le sexe féminin.
Lomer a étudié les modifications qui se produisent dans le poids des organes dès que la vie extra-utérine commence, c'est-à-dire que la respiration pulmonaire est instaurée. Selon lui, la vie pulmonaire extra-utérine n'apporterait