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LES SÉCRÉTIONS DU FŒTUS

l'influence exercée par un premier père sur les rejetons ultérieurs dus à d'autres générateurs : c'est Y imprégnation de la mère par le jœtus, dont il existe d'ailleurs peu de faits probants dans l'espèce humaine (Legendre).

Parmi les nombreuses théories proposées pour expliquer l'imprégnation, retenons celle de Cornevin : le fœtus communique à sa mère des propriétés spéciales contenues dans son sang et qu'il tient de son père ; le sang de la mère agirait plus tard sur les ovules fécondés par un autre générateur ; celle de Bard, d'après laquelle les cellules somatiques de l'embryon en voie de développement agissent sur les cellules germinatives qui sommeillent à côté dans les ovaires maternels ; celle de Bouchard et Charrin, d'après laquelle les cellules du fœtus, douées de la même activité nutritive que les cellules du père, donnent les mêmes produits solubles qui, par la circulation utéro-placentaire, imprègnent toutes les cellules maternelles et leur imposent une modification nutritive définitive et durable. Kollmann explique l'imprégnation par le transport chez la mère de débris plasmodiaux d'origine ectodermique qui renferment du plasma germinatif. Nattan-Larrier dans le placenta des cobayes, puis Letulle dans le placenta humain ont décrit de petites boules ou gouttelettes fixées à la surface de l'épithélium plasmodial des villosités, ou dans les lacs sanguins, de nature albuminoïde et qui sont jetées dans la circulation maternelle ; s'agit-il là d'une vraie sécrétion interne pouvant servir à la nutrition du fœtus ? C'est peu probable. D'après Pinoy, ces boules doivent être considérées comme des déchets plasmodiaux, du plasmode mort.

Des sécrétions du fœtus. — La plupart des sécrétions peuvent se faire chez le fœtus.

La peau, dès le cinquième mois, a fourni à la surface du corps de la substance sébacée, sécrétion qui s'est mélangée aux cellules épidermiques et qui forme l'enduit blanchâtre si abondant que l'on trouve, à la naissance, à la surface du corps et principalement sur le dos et au niveau des plis et des creux des téguments. Ce vernix caseosa, étudié tout récemment par Jacquet et Rondeau, offre la composition suivante .

Eau 71,15 p. 100.

Épithélium et matières protéiques 19,75 —

Acides gras et cholestérine 9,05 —

Gendres 0,80 —

Les analyses de Renouf ont donné les mêmes résultats.

Les muqueuses digestives sécrètent dès le troisième mois; l'estomac, notamment, fournit un mucus acide, filant, clair. L'intestin produit également du mucus qui, en se mélangeant avec les cellules épithéliales desquamées de tout le tractus intestinal et à la bile qui apparaît aussi vers le troisième mois, forme cette masse verdâtre si abondante que l'on appelle le méconium.

De toutes les séreuses, ce sont les méninges cérébrales et spinales qui fournissent, pendant la vie fœtale, la plus grande quantité de sérosité.

KE1FFER ET DEVRAIGNE.

Elles peuvent, dans des cas pathologiques (hydrorachis, hydrocéphalie), fournir une quantité énorme de liquide.

A l'état normal, les autres séreuses, péritoine, plèvres, synoviales, ne fournissent presque rien, mais peuvent anormalement donner naissance à des masses considérables de liquide transsudé qui témoigne toujours de troubles profonds dans la composition du sang ou l'état des séreuses elles-mêmes.

Quant aux reins du fœtus, nous avons étudié, à l'occasion duliquide amniotique, l'énorme production dont ils étaient capables déjà à une époque où ils n'ont pas encore leur développement anatomique définitif. On sait aujourd'hui qu'ils peuvent dans certains cas (gémellité uni-vitelline, etc.) être la source principale du liquide amniotique (Schatz, Bar).

Innervation. — Le système nerveux du fœtus à terme est presque complètement développé, sauf les circonvolutions cérébrales qui sont à peine ébauchées au moment de la naissance.

La sensibilité du fœtus est, du reste, facile à mettre en évidence. Il suffit de palper l'utérus un peu fortement pour provoquer des mouvements de l'enfant. Tarnier a montré, dans ses expériences sur des lapines pleines, qu'en pinçant la patte d'un petit à travers la paroi utérine, on produisait des mouvements paraissant indiquer la souffrance. Il est probable que les fonctions du système nerveux sont soumises, comme chez le nouveau-né, à des intermittences de veille et de sommeil.

Keiffer a trouvé dans le ganglion cervical de Frankenhauser et dans le voisinage immédiat de ces masses, chez un fœtus féminin de six mois, des corpuscules sensoriels du genre Pacini.

Température fœtale. — Pour Champion (1903), tant que le fœtus est in utero, sa température est toujours plus élevée de un demi à un degré et demi que celle de la mère. Elle baisse pendant l'accouchement et devient inférieure à celle de la mère après l'expulsion par suite du refroidissement au niveau de Tépiderme et par l'évaporation au niveau de l'appareil pulmonaire.

Situation du îœtus dans l'utérus. — Si l'on examine par transparence un œuf de six ou sept semaines suspendu par sa masse placentaire, on constate que l'embryon pend par l'ombilic à l'extrémité du cordon en une attitude oblique, la tête en bas, et cela presque au centre de la cavité de l'œuf (fîg. 103).

Vers le troisième ou quatrième mois, le cordon ombilical est plus long, le fœtus est plus volumineux en soi et par rapport à la masse du liquide amniotique ; il s'ensuit que, obéissant à la pesanteur, on le voit couché sur le dos au fond de l'œuf, si l'on répète l'expérience de la suspension par le placenta ; et le fœtus change de position dès qu'on déplace l'axe de l'œuf. Considéré dans l'utérus qui, à cet âge de la grossesse, est sphérique, la situation est la même que dans l'expérience, le fœtus est encore libre de ses mouvements. Plus tard, au cinquième mois, l'utérus devient ovoïde, le rapport quantitatif du liquide amniotique et du fœtus se renverse, le fœtus n'est plus libre, il va adapter son grand axe à celui de la matrice. Dès ce moment, on doit envisager au fœtus non seulement une attitude, mais encore une présentation.

L'attitude embryonnaire est acquise dès les premiers jours de la vie

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