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LES MAMELLES

Après la lactation, môme dès que celle-ci périclite, la flaccidité est la règle, due à l'évidement des glandes, à l'atrophie et à la perte de tonicité de tous les éléments constitutifs de l'organe. Quelques mois se passent : la femme nourrice reprend, après une période d'amaigrissement plus ou moins appréciable, une nutrition qui n'est pas utilisée en faveur de la fonction galactogène, mais mieux répartie sur tous les téguments externes ; et les seins, sans retrouver leur ancienne tonicité, récupèrent un aspect plus normal qui est celui du repos.

Le mamelon. — Si la mamelle offre une grande variabilité de forme., le mamelon ne lui cède en rien sous ce rapport. Il est constitué généralement d'un petit cône ou d'un tubercule d'aspect papillaire, à base d'environ 2 centimètres, d'une hauteur qui varie entre 0 et lcm,5, inséré sur l'aréole qui en a 4 en moyenne chez la vierge et en acquiert jusqu'à 5 (Hennig) et 6,7, d'après von Basch, chez la femme enceinte. Autour de l'aréole rosée ou brunâtre suivant l'état sexuel, on distingue, chez certaines femmes, V aréole secondaire de Dubois. Dans l'aréole vraie se trouvent concentriquement disposés les tubercules dits de Montgomery et qui sont de fait les orifices des glandes sébacées aréolaires •qui se modifient fonctionnellement dans la grossesse et fournissent le produit de glandes mammaires accessoires.

D'après Kehrer, ces glandes manqueraient dans 9 p. 100 des cas, seraient peu nombreuses dans 48,3 p. 100 et seraient bien développés et abondantes •dans 41,9 p. 100 (von Winckel).

La forme réelle du mamelon peut être complètement plane, se continuant à sa périphérie avec l'aréole ; elle peut être fortement saillante en dehors de toute érection et avoir l'aspect cylindrique, conique ; anormalement, le mamelon présente des difformités qui lui donnent l'aspect grossièrement verruqueux, cratériforme, invaginé, fissuré, ou entouré d'un sillon qui le sépare de l'aréole et diminue ainsi sa qualité nécessaire d'organe érectile.

Ces difformités sont dues, soit à l'hypertrophie des papilles, soit à l'atrophie du derme et des couches épidermiques qui l'enveloppent, soit à un véritable processus de rétraction agissant par les fibres musculaires et conjonctives des tubes galactophores et qui invaginent ainsi le mamelon jusque sous la ligne d'émergence de l'aréole.

L'aspect cratériforme rappelle la disposition primitive des faux mamelons en forme de poche des marsupiaux ; mais c'est purement accidentel, car la caractéristique du mamelon chez la femme est d'être un mamelon vrai en forme de papille, à l'extrémité de laquelle viennent s'ouvrir douze ou quatorze canaux galactophores comme chez les prosimiens, les singes, la chienne. Il constituerait une formation secondaire, suivant Gegenbaur, les premières glandes mammaires allant s'ouvrir au fond d'une poche (marsupiaux), puis au fond d'un canal (cobayes, carnivores, truies, juments, ruminants). Chez ces derniers, les tétines sont des pseudo-mamelons et sont, par leur mode de développement, des formations secondaires.

Si le mamelon peut être atrophié, il peut aussi être extrêmement développé, hypertrophié, ce qui est le résultat, ou bien d'une exagération réelle des tissus -épithéliaux et dermiques, ou d'un usage prolongé et fréquent, ce qui est par-

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

fois le cas chez de grandes multipares. C'est ce que l'on appelle Vhyperthélie.

Quelques auteurs ont décrit certains cas tératologiques montrant l'existence de mamelles accessoires, surnuméraires, placées sous le sein droit ou gauche, dans le voisinage de l'aisselle et en d'autres points du thorax. Ces malformations embryonnaires sont rangées sous le nom de polymastie (fig. 105). On a aussi

décrit en même temps, sous le nom de polythélie, des cas de mamelons surnuméraires (fig. 106).

Neugebauer en a observé et décrit un cas extraordinaire de petits organes mammaires avec mamelons, indépendamment des deux mamelles vraies, dont les uns étaient pigmentés et les autres pas ; plusieurs d'entre eux donnaient issue à de la sécrétion de colostrum et même de lait. A. Puech, von Winckel, E. Hartung, S. Patellani, Leichtenstern, Ahlfeld et d'autres en rapportent des cas intéressants et variés.

Des travaux récents de Keyser, de Geyl,de Seitz sur les glandes mammaires axillaires, il résulte que celles-ci peuvent être des prolongements de la glande mammaire, ou des transformations de glandes sudoripares. Pour Geyl, elles sont à rapprocher des glandes du cou qui tiennent le milieu entre les glandes sébacées et les glandes sudoripares.

Pour Darwin et von Basch, il s'agirait d'une manifestation atavique ; pour d'autres, d'une production simplement atypique de l'épithélium mammaire au cours du développement.

Fig 105. - Polymastie (Bar)

Fig. 106. — Polythélie. On voit sur le sein gauche deux mamelons supplémentaires (P. Bar).

Les auteurs anciens croyaient pouvoir tirer de ces observations un présage de particulière fécondité et le pronostic du nombre des enfants à naître annuellement. Il est vrai que cette idée avait déjà cours chez les Orientaux dont quelques idoles exhibent en faveur de la fécondité une polymastie abondante.

Le mamelon et son aréole forment autour des canaux excréteurs galacto-

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