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LES MAMELLES

phores de la glande mammaire un organe cutané érectile qui, pour les besoins de la succion du nourrisson, s'allonge et se durcit sous l'influence d'excitations externes et sous l'influence d'excitations psychiques.

Dans le mamelon, les couches épidermiques sont plus épaisses que dans le reste du corps. Cet épiderme repose sur une papille de tissu dermique qui forme çà et là de petites papilles secondaires sous la couche germinative de l'épiderme. h' 'épiderme cutané de Variole fournit des glandes sébacées, multitubulées et s'enfonçant dans l'épaisseur du derme ; des glandes sudoripares, tubuleuses aussi, pénétrant plus profondément que ces dernières ; des glandes mammaires dites accessoires qui, se trouvant isolées dans la profondeur et le voisinage de la glande mammaire proprement dite, viennent s'ouvrir directement dans la zone de l'aréole, soit dans un tubercule de Montgomery, soit dans le canal excréteur d'une glande sébacée, au voisinage immédiat d'un follicule pileux annexé àcelle-ci(Sappey). On observe, d'autre part, dans le mamelon, les canaux excréteurs des glandes mammaires, les canaux galactophores.

Ces canaux ont une tunique conjonctive relativement épaisse et, en dehors de celle-ci, des fibres musculaires lisses qui les longent parallèlement et vont se perdre dans le derme. Enfin le tissu conjonctif qui enveloppe les canaux est riche en fibres élastiques, ce qui donne au tissu du mamelon, en dehors de toute érection, une tonicité propre qui tend à faire revenir l'organe à ses dimensions normales après l'excitation.

Indépendamment de ces faisceaux musculaires, se trouve sous la peau de l'aréole le muscle sous-arèolaire1 muscle peaucier.

Keiffer a montré que, si on excite avec une source électrique quelconque le mamelon d'une chienne curarisée par exemple, et dont l'utérus est mis à nu, on voit non seulement le thélotisme se produire dans le mamelon et la mamelle excités, mais encore dans l'organe symétrique, et une réaction réflexe dans l'utérus qui se contracte immédiatement.

Si on met l'enfant au sein chez une accouchée dans les premiers jours qui suivent l'accouchement, on voit se produire, sous l'excitation de la morsure et de la succion du mamelon, les phénomènes de congestion, de turgescence, d'écoulement de lait chez le sein non utilisé; la femme pourra dire, en outre, qu'elle ressent à cet instant même Une contraction utérine manifeste.

La réponse à cette excitation sensible paraît donc consister en une réaction sécrétoire sur les glandes mammaires par l'intermédiaire des nerfs mammaires, et en une réaction vaso-motrice par l'intermédiaire des plexus sympathiques. Ces deux excitations sont sans doute contemporaines, simultanées, et concourent ensemble aux divers actes : congestion vasculaire, maturation, sécrétion et excrétion, et aussi expulsion du lait par réaction motrice se passant dans les muscles des canaux galactophores et du mamelon.

Les recherches de Claude Bernard en 1855, puis celles de Ekhard en 1871 et celles de Lafîont en 1879, ont montré comment se comportent expérimentalement les nerfs mammaires en dehors d'une excitation pratiquée sur le mamelon.

Lafîont conclut de ses expériences que la mamelle possède des nerfs dila-

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

tateurs types, analogues à celui de la corde du tympan et au nerf maxillaire supérieur, en même temps que des nerfs sécréteurs à action centrifuge. Il est probable que les deux systèmes nerveux observés dans le mamelon fusionnent leurs propriétés primitivement séparées, et qu'ils concourent parallèlement, simultanément, ou, le cas échéant, isolément, par suppléance, à la réalisation la plus complète de la fonction sécrétoire mammaire. Cette fonction s'établissant surtout au moment de la dilatation vasculaire, il est intéressant de constater que toutes les formes d'excitations aboutissent à cette dilatation utile. Les excitants psychiques, le pincement, la succion, le massage, exercés sur le mamelon, provoquent autant de congestions vaso-dilatatrices de la mamelle. La cocaïne, au contraire, la morphine, l'antipyrine, la belladone, qui paralysent ou diminuent l'excitabilité nerveuse, tarissent la sécrétion lactée.

La quantité de lait émise par une nourrice va croissant proportionnellement avec le nombre des appels, c'est-à-dire des tétées. Budin a bien mis ce fait en évidence en confiant quatre ou cinq nourrissons prématurés à la même nourrice. Il a pu obtenir ainsi chez une même nourrice un rendement de 2.900 grammes de lait en vingt-quatre heures.

La vascularisation de la glande mammaire en action est bien inégale, suivant les points observés. Dans tous les points de la glande où l'activité sécrétoire est intense, il arrive un moment où la pression intra-alvéolaire atteint un maximum, et cette pression est suffisante pour gêner la circulation à des degrés divers dans le territoire d'activité glandulaire où elle a lieu. L'anémie qui en résulte est donc physiologique à cet endroit, et ce sont les parties voisines, en pleine élaboration, qui bénéficient, à ce moment, de la congestion vasculaire qui lecir est nécessaire. L'inégale répartition du sang est bien la représentation graphique d'un phénomène physiologique réel : ï 'anémie et la congestion alternative et compensatrice des divers territoires de la glande au cours de la lactation.

L'épithélium glandulaire. La sécrétion mammaire. — La glande mammaire doit être considérée comme une glande cutanée formée par un assemblage de glandes sudoripares hautement différenciées depuis les marsupiaux (Benda, Brouha). Hache (1910) démontre également, de par Panatomie, la physiologie, la pathologie comparée et l'anatomie pathologique, que la mamelle n'est pas une glande sébacée, comme on l'a cru longtemps, mais une glande sudoripare.

Au moment de la naissance, la glande est composée d'un certain nombre de tubo-acini en relation avec l'extérieur par des tubes excréteurs onduleux plus ou moins perméables, c'est-à-dire en voie d'évidement. Quelques jours après la naissance, l'état anatomique de la jeune glande subit, dans la grande majorité des cas, une modification assez brusque qui atteste la mise en jeu de l'activité glandulaire malgré son état rudimentaire. Le phénomène est plus ou moins visible, parce qu'il est plus ou moins intense ; mais fréquemment on voit les petites mamelles du nouveau-né se gonfler vers le troisième ou quatrième jour, devenir dures, et laisser partir par jets, ou sourdre assez difficilement par pression, une quantité variable de lait qui peut aller jusqu'à la valeur d'une cuillerée à soupe. C'est ce que l'on appelle le lait de sorcière. Cette montée laiteuse chez le nouveau-né fait partie d'un ensemble symptomatique

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