INFLUENCE DE LA STATJON DEBOUT SUR LE BASSIN
donc sentir avec une exagération de l'incidence de la colonne lombaire sur le sacrum par augmentation de la lordose lombaire due aux contractions des muscles postérieurs du tronc pour empêcher la chute en avant. Mais les contrepressions fémorales vont corriger en partie l'aplatissement du détroit supérieur. Les cotyles, situés un peu en avant des extrémités du diamètre transverse, regardant en avant, mais aussi et surtout en dehors, poussés parles têtes fémo-
Fig. 10. — Transmission du Fig. 11. — Transmission du Fig. 12. — Le tirant pubien, poids de la colonne verlé- poids de la colonne vertébrale aux fémurs. brale et des viscères abdominaux aux fémurs.
raies qui transmettent les contre-pressions du sol, vont avoir tendance à se diriger l'un vers l'autre dans le bassin et à rétrécir celui-ci dans le sens transversal (Schrœder). De plus, quand l'enfant veut se tenir debout, il tend ses muscles ischio-trochantériens ; ceux-ci tirent sur les ischions en haut et en dehors, d'où agrandissement du détroit inférieur suivant son diamètre transverse.
Si nous ajoutons à ces diverses influences l'action des muscles puissants qui
Fig. 13. — Le bassin debout. Le Fig. 14. — Le bassin assis, Fig. 15. — Superposition des
poidsse transmet aux fémurs. transmission du poids du deux bassins, debout et as-
Les pubis empêchent l'écar- corps aux ischions. Le tirant sis.
tement des os iliaques. ischio-pubien.
s'insèrent sur les ilions et le poids des viscères abdominaux qui reposent sur les fosses iliaques internes, nous comprenons l'éversement en dehors des ilions, la forme du grand bassin et sa limitation nette par la ligne innommée d'avec le petit bassin.
Freund a schématisé très heureusement cette action de la pesanteur sur le bassin, variable dans la station assise et dans la station debout, dans les schémas que nous reproduisons (fig. 10 à 16).
Dans ses leçons, Bar insiste sur le rôle capital des deux premières pièces du sacrum dans la statique et le développement pelvien : tout passe par les deux premières pièces sacrées. Les trois dernières pièces du sacrum sont atrophiées et
KEIFFER ET DEVRAIGNE.
Fig.16. — Union des deux bassins, debout et assis, par inflexion du tirant ischio-pubien (branches ischio-pubiennes) .
ne servent que de points d'attaches musculo-ligamenteuses. Elles n'apparaissent pas comme nécessaires (Bar).
Litzmann a décrit le bassin d'une femme chez laquelle un vaste spina bifida avait détruit le coccyx et les trois dernières vertèbres sacrées : or, cette femme marchait et s'asseyait parfaitement. Albrecht et Gilles ont communiqué chacun un fait semblable où la moitié inférieure du sacrum manquait, sans qu'il en résultât de troubles pour la marche. Au point de vue de la transmission du poids du corps au bassin et aux membres inférieurs, ce sont donc les deux premières pièces sacrées qui constituent tout le sacrum, ce sont elles qui jouent
dans la ceinture pelvienne le rôle de clé de voûte, comme ce sont elles qui interviendront encore dans l'élargissement du bassin par la production des ailerons sacrés.
Dans un travail récent sur l'architecture de la ceinture pelvienne, J. Delmas a démontré, de par la structure intime du bassin, le bien fondé des actions mécaniques sur le développement du bassin.
Hermann Meyer avait prouvé, en effet, que l'architecture de la substance spongieuse était en harmonie étroite avec la statique et la mécanique des os, idées confirmées p ar les constructions théoriques de la statigraphie dues à Culmann. Il retrouva dans la direction des systèmes de lamelles spongieuses les lignes appelées en statigraphie courbes de pression et courbes de traction, suivant le sens dans lequel se font les forces de pression ou de traction qui traversent l'os. Meyer démontra aussi l'influence, pour le développement architectural, des tractions, des muscles et des ligaments. Wolf compléta ces idées en montrant que les travées spongieuses se concentrent de plus en plus à la périphérie pour former la substance compacte, alors qu'on s'éloigne des surfaces articulaires. Pour Roux, il y a une excitation trophique très nette, produite par la fonction qui commande la structure normale ou anormale des os.
Lesshaft, Mayer, Farabeuf admettent avec Freund la construction en voûte du bassin. Walkhof, étudiant par la radiographie surtout le côtéphylogénétique de la question, retrouve le cintre de la station debout, jusqu'alors simple conception théorique. Il existe déjà, de par l'hérédité, dans le bassin des anthropomorphes.
J. Delmas et Rouvière ont étudié la structure intime des os du bassin à l'aide de coupes faites dans des plans différents. Latarjel et Gallois ont examiné des coupes semblables par la stéréoscopie radiographique. Pour J. Delmas, l'éversement siprononcé des ailes iliaques est le résultat de la station debout. La lame externe est plus puissante que l'interne, le maximum d'épaisseur correspond au centre de la fosse iliaque ; à F aide de coupes multiples, il arrive à systématiser le sens des travées spongieuses et à trouver trois épaississements de tissu compact (éperon sciatique, contrefort sous-cotyloïdien, contrefort sous-épineux) qui sont des centres de rayonnement (fig. 17). Delmas