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SÉRUM SANGUIN CHEZ LA FEMME ENCEINTE

plus accentuée que la grossesse se rapproche davantage du terme : de 70,5 p. 100, moyenne physiologique, elle s'abaisse à 68,6 p. 100 dans les sept premiers mois et à 66,4 p. 100 dans les deux derniers.

L'urée augmenterait de 2,809 p. 1000 en dehors de la grossesse à 3,778 p. 1000 pendant la gravidité (Passigh et Liscia). Mais l'urée n'est pas la seule forme sous laquelle l'azote se retrouve dans le sang ; on peut en effet y déceler tous les chaînons du catabolisme azoté suivant que la désassimilation a été plus ou moins active. La quantité d'urée n'est pas la même chez-la mère (0,320 p. 1000) que chez le fœtus (0,265 p. 1000).

b. Fibrine. — Comme l'albumine, la fibrine diminue, mais seulement pendant les six premiers mois ; dans les trois derniers mois de la grossesse, au contraire, sa proportion augmente et devient supérieure à la moyenne (4,3 au lieu de 3 p. 100). En rendant le sang plus coagulable, l'augmentation de la fibrine contribuerait à modérer l'hémorragie qui accompagne le décollement du placenta.

c. Phosphore. — Le phosphore se trouve dans le sang lié à la molécule d'albumine et les grands mouvements de phosphore ne vont pas sans des mouvements concordants d'albumine. On connaît mal les modifications que peut subir, pendant la grossesse, ce phosphore organique. Lorsque cette aggrégation n'existe plus, les phosphates, que l'on rencontre à l'état libre, doivent être considérés comme de la matière morte, comme des produits de déchets (Bar et Daunay). Ils seraient accrus pendant la grossesse.

d. Chaux. — La chaux se retrouve également dans le sang et de bonne heure au cours de la gestation : 0,051 p. 1000 de sang au lieu de 0§r,03 p. 1000 41 jours après l'accouchement (Bar et Daunay, Donnât). Cette chaux, observée en si grande abondance, provient de la désassimilation que détermine chez la femme enceinte la présence de l'œuf.

La désassimilation calcique se traduit cliniquement par des phénomènes atteignant souvent le domaine de la pathologie ; elle a comme première conséquence la laxité articulaire, qui est de règle à la fin de la grossesse ; elle apparaît ainsi comme ayant son utilité; mais ce premier degré en quelque sorte physiologique peut être dépassé et on peut observer tous les degrés qui, insensiblement, conduisent à l'ostéomalacie confirmée (Bar). Elle peut contribuer à augmenter la coagulabilité du sang.

e. Fer. — D'après Becquerel et Rodier, la quantité de fer diminue un peu dans le sang pendant la grossesse ; elle passe de 0^,54 p. 1000 à 0sr,44 p. 1000. Comme nous l'avons déjà indiqué, il se produirait pendant la gestation une globulolyse active (Veit et Scholten, Bonnet et Kworotansky), constatée au niveau du placenta (Hofbauer, Brindeau et Bar), et dans la glande hépatique, mais non encore démontrée dans le sang circulant.

Ici, comme dans les autres échanges inorganiques, la molécule du fer se fusionnerait avec une molécule d'albumine pour traverser le placenta et se reconstituerait du côté fœtal en pigments ferriques nécessaires à la formation du sang nouveau ; ce fer libre représenterait une forme morte ou inactive (Bar).

Quelle que soit la provenance du fer ainsi mobilisé, c'est à sa mise en liberté qu'on doit un certain nombre de phénomènes physiologiques de la grossesse

PUECH ET LEQUEUX.

[richesse du fer fécal et du fer urinaire (Wychgel), épaississement de la bile, éphélides, etc.].

f. Soufre. — Le soufre est augmenté pendant la grossesse et passe, d'après Bar et Daunay, de 0^,467 p. 1 000 à 0§r,476 p. 1 000. Cet accroissement s'accentue à la fin de la gestation.

Zinoffski a montré que la proportion de soufre du sang était liée à l'activité hémolytique, puisque l'hémoglobine (du cheval) contient pour un atome de fer deux atomes de soufre. Il y a donc corrélation entre l'excès de fer et l'excès de soufre dans le sang ; Bar fait remarquer que l'accroissement de l'hémolyse ayant pour conséquence une déperdition jie soufre et paraissant reconnaître comme cause initiale une anomalie dans les échanges en fer, on peut voir se créer un cycle spécial à la grossesse : besoins en fer, hémolyse, polycholie et perte simultanée de fer et de soufre par l'intestin, cholémie, fer et soufre neutre en excès dans le sang.

Ajoutons que cette mise en liberté du soufre aide à l'interprétation pathogénique de la lithiase et de l'ictère à la fin de la gestation.

g. Chlorure de sodium. — Il y a souvent rétention du NaCl chez la femme enceinte, surtout pendant les trois derniers mois. Le sel retenu attire l'eau et la fixe.

La majeure partie du sel retenu est dirigée vers le tissu cellulaire où, comme nous l'avons vu, il crée le préœdème et l'œdème ; on est ainsi amené à considérer l'œdème du tissu cellulaire et celui du sang (hydrémie) comme deux phénomènes physiologiques, liés à la rétention des chlorures (Bar et Daunay). Cependant il est commun d'observer un déséquilibre entre la proportion du chlorure de sodium dans le sang et la quantité d'eau fixée : tantôt le chlorure de sodium est en excès, tantôt en défaut.

On ne peut expliquer de telles variations qu'en admettant pendant la grossesse, soit un œdème du sang dépassant le but et faisant paraître la proportion de NaCl inférieure à la normale, soit l'intervention d'autres facteurs agissant dans le même sens que le chlorure de sodium ; la glycémie légère qui existe si souvent à la fin de la grossesse est peut-être ce facteur (Bar). Un excès d'urée peut agir de la même façon (Bar).

h. Pigments biliaires. — La teneur du sérum sanguin en pigments biliaires subirait une augmentation au cours de la gestation. Cette cholémie, qui reste toutefois peu marquée, serait due à l'abandon au niveau du placenta d'une certaine quantité de pigments biliaires provenant du sang du fœtus qui en contient beaucoup plus que le sang maternel (Gilbert, Lereboullet et Stein, 1903). En réalité, urobilinémie et cholémie apparaissent comme étroitement liées aux phénomènes de l'hémolyse, qu'il y ait ou non atteinte à la puissance du foie, qu'il y ait ou non atteinte à la régularité des fonctions digestives (Bar et Daunay). L'urobilinémie, comme l'urobilinurie, est commune dans les jours qui suivent la mort du fœtus (Merletti).

i. Hydrates de carbone. — Sucre. — Il existe un état de glycémie physiologique à la fin de la grossesse ; celle-ci est liée pour quelques-uns à l'établissement de la fonction mammaire (Charrin et Guillemonat, Porcher et Comman-

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