‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 85 sur 492 · URINE CHEZ LA FEMME ENCEINTE · texte numérisé non relu

URINE CHEZ LA FEMME ENCEINTE

deur); mais il est incontestable que cette glycémie, quel qu'en soit le but final, tient à l'abaissement du pouvoir glycolytique (Bar, Belloy et Daunay). Pour Payer, la parité agit en élevant le pouvoir glycolytique proportionnellement au nombre des grossesses, l'âge de la femme agissant en sens inverse. Charvin, Guillemonat, Brocard attribuent ce fait à l'altération du parenchyme hépatique. Bar et Daunay ont montré que cette glycémie était physiologique et apparaissait dès que la quantité de sucre ingéré était supérieure à 9 grammes par kilo, chiffre nettement inférieur à celui donné par Bouchard (12 grammes) comme représentant le pouvoir glycolytique chez l'homme normal.

La glycémie physiologique de la grossesse est en rapport avec la glycogénèse foetale, et indirectement avec le développement de la graisse chez le fœtus. Lorsque la dérivation placentaire est insuffisante, et que celle des voies mammaires n'existe pas encore, la saturation de l'organisme par le glycogène est telle que le sucre ne peut plus prendre la forme de sucre virtuel ; la glycémie apparaît alors comme un moyen de défense de l'économie.

Graisse. — Capaldi admet que, chez la chienne gravide, le poids de graisse contenue dans le sérum est double de celui que Ton constate en dehors de la gestation. Il existe un véritable état lipémique de la fin de la grossesse ; ce fait a été confirmé par Chirié quia retrouvé la graisse au niveau du rein où elle est apportée par les artères, et il est logique d'admettre une corrélation entre cet état et la surcharge graisseuse maintes fois constatée chez la femme enceinte au niveau de la plupart des viscères : foie, reins, corps thyroïde, etc.

De l'ensemble de ces faits, il résulte que l'on retrouve dans le sang les éléments nécessaires à la constitution fœtale.

Il se fait, chez toute femme enceinte, une sorte de désassimilation (Bar), de mobilisation, tant des albumines, que des autres éléments (chaux, phosphore, soufre, etc.). La cause première de cette mobilisation nous échappe ; on tend à l'attribuer à ce que l'œuf, et plus spécialement le syncytium, en se développant, jette dans l'organisme maternel des lysines dont l'action, intense pendant les premières semaines de la gestation, irait en s'atténuant, soit par le fait d'une immunisation acquise par la mère, soit par suite d'une modification dans le placenta. Quoi qu'il en soit, l'hypothèse précédente a donné lieu à toute une série de recherches sur les propriétés biologiques du sang de la femme enceinte (1).

B. Urine. — 1° Quantité. — Tous les auteurs s'accordent à admettre une polyurie de la fin de la gestation : Winckel (1750 grammes), Heinrichsen 1.300 à 1.500 grammes), Schônberg (1.517 grammes), Zacharjewsky (1.000 à 1.400 grammes), Mosler (1.488 grammes), Bœcker (1.481 grammes), Kehrer

(1) Notons que le sérum de femme enceinte est considéré comme plus toxique, puisqu'il suffît de 3 centimètres cubes par kilogramme d'animal pour amener par injection intraveineuse la mort chez un chien, alors qu'il faut par kilogramme 10 centimètres cubes de sérum de femme bien portante et non gravide pour obtenir le même résultat. Mais là encore les recherches modernes tendent à montrer qu'il s'agit moins d'une action toxique, que d'une influence thrombosante, sous la dépendance elle-même des produits circulants d'origine placentaire.

PUECH ET LEQUEUX.

(1.792 grammes). Elle apparaît d'habitude dans les deux derniers mois et se montre sensiblement plus accentuée chez la multipare (1.385 grammes) que chez la primipare (1.100 grammes, Bar), (Kehrer, Cioja, Heinrichsen, Bar, Zacharjewsky, Relier).

2° Densité. — Becquerel la fixe à 1,011, Winckel à 1,014; Zacharjewsky prétend qu'elle est moindre chez les multipares (1,012) que chez les primipares (1,020). La grande cause de ces variations est le régime imposé à la femme enceinte. Mais, même en tenant compte du régime, Bar et Daunay admettent que

la densité urinaire est abaissée à la fin de la gestation.

3° Extrait sec. — La diminution de densité de l'urine est-elle compensée par la polyurie, c'est ce que doit montrer le calcul de la masse des matériaux solides éliminés par les reins. En se basant sur la moyenne normale du poids de l'extrait sec urinaire en dehors de la grossesse (59,66), Winckel admet que la gravidité diminue cette élimination (58,25). Pour Zacharjewsky, la moyenne serait ^de 45 grammes chez la primipare et de 39 grammes chez la multipare. A rencontre des chiffres fournis par cet auteur, et qui tendraient à démontrer l'abaissement plus marqué du poids d'extrait sec urinaire chez la multipare, Bar et Daunay donnent comme chiffre moyen 54 grammes chez la primipare, 60&r,70 chez la multipare. Ils pensent que la réduction constante de l'extrait sec, dans la grossesse normale, est due à la soustraction des éléments, opérée par le fœtus ; ils ont démontré le parallélisme existant entre l'abaissement du poids de l'extrait sec et l'accroissement du poids de l'enfant ; c'est là un facteur plus important que ceux mis en avant par certains auteurs : ralentissement de la nutrition, insuffisance fonctionnelle des reins, augmentation du plasma sanguin et abaissement du poids spécifique du sang (fig. 111).

4° Principes contenus dans l'urine. — Azote. — Les produits urinaires de déchets azotés se présentent surtout sous la forme uréique.

a. Urée. — L'urée se retrouve pour les uns en proportion normale ; Winckel, Donné et Lehmann (28 grammes); Heinrichsen (26 grammes) ; Kleinwachter (26e1, 5) ; pour d'autres, elle est diminuée : Reprjew, Butte, Queirel et Domergue (19§r,76), Keller. Pour tous ces auteurs, la diminution de l'urée serait un phénomène de la fin de la grossesse ; Bossi admet que le point le plus bas de la courbe d'élimination se place au septième mois ; Bar et Daunay, en calculant l'élimination de l'urée, urée augmentée de l'ammoniaque, prétendent que

Fi#. lil. — Poids des matières sèches fixées chaque jour de la vie utérine par un foetus humain (non compris les annexes).

Les espaces compris entre lesverticales sont strictement proportionnels au nombre de jours auquel correspondent ces espaces. Tous les poids sont calculés en grammes.

La masse des matières sèches fixées à un jour quelconque de la vie intra-utérine peut ainsi être calculée.

Page 1