PRINCIPES CONTENUS DANS L'URINE DE LA FEMME ENCEINTE. 1G
l'excrétion uréique diminue surtout à la fin de la gestation ; cette diminution est proportionnelle aux besoins du fœtus; un régime abondant peut causer un accroissement du poids de l'urée allant jusqu'à masquer cette diminution.
Mais l'urée n'est pas la seule forme sous laquelle l'azote se retrouve dans l'urine.
b. Azote total. — - En effet, la quantité d'azote total trouvé par Zacharjcwsky est de 14^,78, par Hélouin de 18^,23, par Keller de 12gr,25, par Schrœder de 15 à 16 grammes, chiffres tous supérieurs à la moyenne normale ; Polimanti et Sapelli arrivent à une conclusion inverse ; Bar et Daunay, ayant repris ces expériences, estiment que l'azote total urinaire est en général réduit à la fin de la grossesse; il est surtout diminué, comme l'urée, immédiatement avant le début du travail et pendant celui-ci. Les causes de cette diminution sont les mêmes que pour l'urée et les courbes sont parallèles.
Cette diminution de l'élimination azotée est, avons-nous dit, commandée par les besoins du fœtus, mais n'est pas forcément préjudiciable à l'économie. Dans la seconde moitié de la gestation, la rétention azotée est souvent supérieure aux exigences fœtales ; il y a gain pour la mère.
Il y a, pendant la première moitié de la gestation, une hyperazoturie, conséquence d'une véritable crise de désassimilation. Quelle en est la cause intime? On peut admettre, dit Bar, que l'embryon naissant jette dans l'organisme maternel des ferments protéolytiques, des cytolysines, qui agissent aussi bien sur les albumines du corps cellulaire que sur celles de la ration ; il se produirait ainsi chez la mère une véritable mobilisation des albumines (Bar, Murlin).
c. Rapport azoturique. — Le rapport azoturique de l'azote uréique à l'azote non uréique peut, on le sait, être représenté en dehors de la gravidité par 85 à 90 p. 100. Chez la femme enceinte, il est élevé par rapport à la normale : Zacharjewsky (94 p. 100), Valdagni (91,64 p. 100). Bar et Daunay ont montré que ce n'est là qu'une apparence et qu'on n'en peut conclure à une nutrition anormale. L'azote non uréique est une constante ; l'azote uréique diminue chez la femme enceinte par suite de la dérivation d'azote vers le fœtus et, par suite de la fixation d'azote, l'abaissement du rapport azoturique se trouve donc naturellement abaissé.
d. Ammoniaque. — Pour la même raison, le poids de l'ammoniaque urinaire paraît relativement accru à la fin de la grossesse (Bar et Daunay).
e. Acide urique et bases xanthiques. — Yvon et Berlioz admettent que, chez
la femme non enceinte, ces termes de déchets de l'azote équivalent à 0gr,566
i , acide urique , „ ,AA . . ,
par jour ; le rapport ; — - — étant de 2,5 p. 100 et celui de
uree r
azote acide urique OA ...
— - - , étant de 1,80 p. 100.
azote total r
D'après Bar et Daunay, les primipares éliminent plus d'acide urique (0^,613)
que les multipares (0^,545). Si on compare ce poids à la normale (0^,566),
on voit que, chez les primipares, il lui est supérieur ; et que, chez les multipares,
il lui est sensiblement inférieur.
PUECH ET LEQUEUX.
™ i • ■ -, , acide urique ,n n„
Chez les primipares, les rapports ^ ^ — (3,66 p. 100), et
azote acide urique , . , ' , T1 ,
— - — (dp. 100) sont supérieurs a la normale. Ils s en rapprochent
azote total
sensiblement chez les multipares.
Il existe, souvent à la fin de la grossesse, des crises uratiques au cours desquelles on observe une élévation subite de ces deux rapports.
La légère augmentation de l'acide urique dans l'urine de la femme enceinte valide (surtout chez la primipare) arrivée à la fin de la grossesse, paraît être en corrélation avec la leucocytose peu accentuée, mais réelle, qu'on retrouve chez elle ; la crise uratique suit la crise leucocytaire et lui est parallèle (Bar).
Phosphore. — Le phosphore urinaire peut être associé à des bases minérales ou à des bases organiques.
a. Phosphore associé à des bases minérales. — Pour tous les auteurs, il existe une hypo-phosphaturie gravidique marquée au début, s'atténuant sans disparaître dans les derniers mois. Pour Queirel et Domergue, l'acide phosphorique, éliminé par les reins en vingt-quatre heures à la fin de la grossesse, serait en moyenne de lgr,3. Pour Greco, la moyenne serait pendant le septième mois de 1^74 par vingt-quatre heures, à huit mois de 2sr,ll, à neuf mois de 2^, 17. Pour Polimanti et Sapelli, les phosphates urinaires iraient en augmentant du cinquième mois (2sr,74) à terme (5sr,72). Enfin, pour Klemmer, la grossesse n'apporterait pas de modification dans l'élimination phosphorée.
Bar et Daunay admettent qu'à la fin de la grossesse la somme d'acide phosphorique éliminé par les reins sous forme de phosphates est inférieure à la normale (moins de 2 grammes) dans la moitié des cas ; égale à la normale (2 grammes à 2sr,50) dans un tiers des cas ; et, supérieure enfin à celle-ci dans l/6e.
b. Phosphore associé aux bases organiques. — Cette élimination est en rapport avec l'état du foie et traduit en quelque sorte la surcharge en graisse de la cellule hépatique (Balthazar, Dastre et Morat, Lépine).
Pour Bar, Belloy et Daunay, le poids du phosphore incomplètement oxydé et éliminé par l'urine, étant généralement augmenté à la fin de la gestation, le rapport de ce phosphore au phosphore minéral ou au phosphore total est également plus élevé.
Ces très faibles modifications n'excèdent pas celles qu'on observe quand la nutrition est normale.
c. Phosphore urinaire total. — On peut conclure des données ci-dessus indiquées que: 1° il y a diminution du phosphore urinaire vers la fin de la gestation ; 2° la proportion du phosphore organique est peut-être accrue, mais elle l'est de peu. La rétention phosphorée est en rapport avec les besoins du fœtus.
Chaux. — Les besoins en chaux du fœtus sont très grands. Hugounenq et Michel ont établi, d'après leurs analyses, que 100 grammes de poids fœtal contenaient lsr,40 de chaux.
Pour Michel, les exigences en chaux, faibles pendant les quatre premiers mois, s'accroissent pour devenir énormes pendant les deux derniers.