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CHAPITRE V LA RÉACTION

Les résultais les plus remarquables de riiydrolliérapie sont fournis par l'application de Teau froide sur la surface cutanée; application, donlVaction constrictrice entraîne le sang dans les vaisseaux sous-jacents. Cette action de Teau froide (au-dessous de 90° F., 32.2° C.) est suivie d'une dilatation des vaisseaux précédemment contractés; c'est ce phénomène avec quel([ues autres : bien-être, délassement, suractivité fonctionnelle qui constituent la réaction. L'auteur ne considère pas les effets thérapeutiques de l'application de l'eau chaude (au-dessus de 90° F., 32,2" C.) sur la peau comme la conséquence d'un processus de réaction ; cette opinion trouve ses raisons dans la théorie qu'il a donnée du mode d'action des opérations, qui font intervenir l'eau à une température supérieure à celle du corps.

Comme le plus grand nombre des procédés, qui seront énumérés et décrits, agissent par la réaction qu'ils provoquent, il est nécessaire d'étudier ce pliénomène important avant d'exposer la technique de ces procédés.

La réaction qui suit les applications d'eau froide peut être définie : une réponse de l'organisme à l'atteinte de la température. Cet effort défensif de l'organisme pour rétablir son équilibre perturbé par l'envahissement du froid résulte, comme on l'a montré dans les pages précédentes, de la suractivité plus ou moins grande des fonctions organiques. On utilise dans les maladies infectieuses (aiguës) cette suractivité des fonctions organiques, comme on le verra dans la partie clinique, en la graduant judicieusement, en vue de maintenir la résistance du malade et de le tirer des dangers que la toxémie fait courir aux organes indispensables à la vie. Dans les maladies chroniques, cette exaltation de l'activité vitale provoquée par la

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réaction qui suit les applications d'eau froide, intervient d'une façon extrêmement précieuse, pour rétablir les fonctions qui se sont engourdies, ou qui ont pris un développement anormal sous l'influence de processus vitaux viciés.

Ces faits cliniques rendent intéressante l'étude delà réaction. En effet, c'est seulement en acquérant une idée claire de la façon dont elle se produit, de son mode d'action et des influences qui l'augmentent ou la diminuent, que nous atteindrons cette perfection delà technique hydriatrique, qui permet au médecin de modifier et d'adapter les diverses phases de celleci à la guérison des états pathologiques ou des troubles fonctionnels.

La réaction qui suit les applications d'eau froide est un résultat secondaire des effets produits par celles-ci sur les terminaisons sensitives et les réseaux vasculaires de la peau.

L'observation clinique distingue deux formes de la réaction qui doivent être considérées séparément, bien qu'elles combinent leur action dans les conditions ordinaires.

l'' Réaction nerveuse (réflexe). — Au risque de répéter des faits rebattus, nous nous arrêterons encore à l'action des excitants thermiques sur les terminaisons nerveuses sensitives de la peau. On considère comme une vérité physiologique incontestée, que des excitants de cette sorte déterminent une excitation locale, et que celle-ci ne reste pas limitée à la surface excitée, mais est transmise aussitôt au système nerveux central par les nerfs sensitifs, et réfléchie de là sur d'autres régions. Comme le froid est un excitant thermique, il n'y a aucune difficulté à rattacher la plupart des effets importants de l'hydrothérapie à cette seule loi physiologique. L'expérience de chaque jour démontre que les agents médicamenteux ne peuvent rivaliser avec les résultats thérapeutiques fournis par l'application de l'eau froide. La réaction nerveuse se manifeste quand le système nerveux central donne une réponse aux sollicitations qu'adressent les applications froides aux terminaisons sensitives de la peau.

La première manifestation visible de la réaction nerveuse consiste en brusques mouvements respiratoires convulsifs et saccadés. C'est là un phénomène aussi familier aux praticiens que son mécanisme l'est aux physiologistes. L'effet immédiat d'une aspersion froide sur une personne en défaillance, ou sur un nouveau-né à l'état de mort apparente, sont des exemples

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de réaction nerveuse, pure. L'effet terminal de la réaction nerveuse apparaît dans le délassement de tout l'organisme qui survient à la suite d'une opération froide bien appliquée. Un homme sain, dont le pouvoir réactionnel est suffisant pour lui permettre de se plonger chaque matin dans un bain froid, atteste l'importance de ce résultat par son teint vermeil et par le sentiment de vigueur générale qu'il avoue. Dans la maladie, chaque bain froid ou opération froide donne un coup de fouet aux centres nerveux affaiblis et infuse une vie nouvelle aux organes dont l'énergie fonctionnelle relève de ceux-ci. Le mécanisme tout entier de l'homme reçoit une impulsion qui persiste pendant une période plus ou moins longue, suivant la température, la durée, et la technique du procédé froid. Quiconque a vu comment le regard abattu d'un typhique redevient brillant et comment son attitude accablée disparaît après un bain froid suivi de frictions; quiconque a vu ce malade, à la suite d'une opération froide bien administrée, passer du délire tranquille ou du coma vigil à un sommeil paisible, doit être convaincu que ces effets salutaires ne peuvent être aussi rapidement obtenus que par le moyen d'une action sur le système nerveux central.

L'observation de chaque jour montre que l'intensité de la réaction nerveuse varie suivantl'étendue et l'intensité de l'excitation cutanée ; et ce fait est d'accord avec une loi pliysiologique bien établie. On exposera dans la partie clinique les applications de cette loi aux dosages des procédés hydriatriques et on indiquera, dans le chapitre sur les prescriptions hydriatriques, comment la méconnaissance des simples lois de la physiologie, qui servent de bases à l'hydrothérapie, empêche d'arriver aux résultats les plus satisfaisants.

• 2° Réaction vasculaire- — L'eiïet primitif des opérations froides sur les vaisseaux est une contraction des fibres musculaires et des fibres élastiques qui entourent les capillaires et les artérioles de la peau : c'est l'action; l'etTet secondaire est le retour du sang dans les vaisseaux préalablement vidés : c'est la réaction.

L'eiïet des excitations thermiques sur les artérioles et les capillaires qui se ramifient dans la peau a été discuté longuement. On peut considérer comme démontrées les données suivantes : a) Les vaisseaux situés dans la région sur laquelle porte l'application se contractent immédiatement, sous l'action des

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fibres musculaires et élastiques de la peau ; leur contraction est proportionnée à l'intensité et à l'étendue de l'application, et le sang s'accumule dans la profondeur, principalement dans les vaisseaux inlra-abdominaux ;

b) Le sang, que le froid a chassé de la peau, revient ensuite <ians les artérioles et les capillaires en quantité proportionnée à l'intensité du froid et à la durée de l'opération ;

c) Une application prolongée et intense du froid sur la peau empêche la réaction, en raison du spasme des artérioles qui limite l'aftlux de sang artériel nécessaire pour amener laréplétion des capillaires cutanés, phénomène initial de la réaction ;

d) Le sang artériel se précipite dans les vaisseaux vidés, tandis que le sang veineux s'écoule en aval plus paresseusement (Bier, exp. 27 et 28. p. 291, loc. cit.), après le retrait du froid.

?<ous concevons maintenant d'une façon claire quelle est la nature de la réaction locale qui suit les opérations froides. Cette réaction de la région atteinte donne naissance à un processus physiologique fort intéressant, et dont le rôle est capital dans la production de la réaction vasculaire générale, par l'intermédiaire de laquelle on peut agir puissamment sur l'hématose, la nutrition, les sécrétions et les excrétions, comme on l'a exposé longuement ci-dessus.

La réaction vasculaire se manifeste par une réplétion plus ou moins active des vaisseaux cutanés. La coloration vermeille de la peau démontre que cette réaction provient d'une accentuation du relâchement normal (tonique) des libres musculaires et des fibres élastiques, dont l'action modifie les capillaires cutanés. Un autre fait prouve qu'il en est ainsi : la rapidité avec laquelle le sang reflue dans une région d'où on l'a chassé par la pression d'un doigt, quand ce point réagit, rapidité qui fait contraste avec la paresse qui caractérise le retour du sang dans une région qui ne réagit pas (cyanosée); dans le premier cas, les cellules endothéliales des capillaires et les fibres musculaires cutanées sont excitées par le retour du sang artériel, particulièrement quand il y a friction; dans le second cas, elles sont dans un état de cyanose et de paralysie partielle, que l'on peut souvent faire disparaître au moyeu d'une excitation mécanique (friction).

Les applications froides de courte durée stimulent la circulation locale, en particulier lorsqu'on y ajoute la friction (que l'on utilise constamment en combinaison avec la plupart des procédés hydriatriques). Leur etlicacité dans les gelures, où il

existe une véritable hyperémie paralytique des vaisseaux cutanfc's est une démonstration de ce fait (1). J'estime que cette r('aclion n'est qu'une accentuation de l'activité normale des artérioles et des capillaires.

Quel est l'efTet de cette réaction vasculaire locale sur le cœur et les gros vaisseaux? Nous allons trouver une réponse à cette nouvelle question dans des faits physiologiques bien établis. Tout ce qui favorise la circulation périphérique a une action favorable sur le cœur et les gros vaisseaux, dont le fonctionnement normal dépend de l'intégrité de celle-ci. Dans les états pathologiques (fièvres infectieuses, etc.), la dépendance réciproque, qui existe entre la circulation périphérique (cutanée) et le cœur, a, comme on le sait, une importance extrême pour ce qui concerne la tiiérapeutique de ces maladies.

L'excitation sensitive locale et la réaction vasculaire locale sont les points de départ de la réaction générale, leurs effets associés se manifestent au bout d'un temps plus ou moins long par le phénomène connu sous le nom de réaction générale.

Conditions agissant sur la réaction. — La réaction dépend de certaines conditions, avec lesquelles l'iiydrothérapeute doit se familiariser, s il veut recueillir les bénéfices complets des opérations froides :

a.) Conditions concernant la peau du patient ; b) siège et étendue de la surface traitée ;c) durée de l'opération; dj adjonction dune action mécanique ou autre ; e) état physique et psychique du malade ; f) période de la maladie.

a) La température moyenne de la peau humaine nue oscille .autour de 9:2T. (33, 3o C.). Comme la ditTérence qui existe entre la température de la peau et celle de l'eau est l'élément principal qui détermine la réaction chez le malade, il est évident qu'une eau à une température voisine de 92° F. (33,3° C) sera neutre ou indiflerente, tandis qu'une eau considérablement inférieure à 92'^F.(33, 3^0 constituera un excitant thermique actif et amènera une réaction proportionnelle. Ou utilise la

(1) Les opinions divergentes exprimées par Winternilz, Matlies, Martin et d'autres auteurs n'établissent pas une dislinction suffisamment claire entre l'action tonique locale des applications froides et leur action tonique générale. L'auteur espère, en réédilîant la théorie de la réaction, concilier les contradictions qui existent entre les vues de ces ditî'érents auteurs.

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