CHAPITRE IV LA DOUCHE
Technique. — Les opérations hydriatriques que nous avons décrites jusqu'ici comportent Fintervention manuelle d'un assistant. La douche est le seul procédé qui emploie une action mécanique empruntée à la pression de l'eau, au lieu dé la demander à Thomme. Les différentes formes de douches sont : la douche en cercles (circular douche), dans laquelle un certain nombre de jets fins aspergent les diverses parties du corps ; la douche en pluie (rain douche, ou, plus communément, shoicev balJi) ; la douche périnéale ou ascendante {perineal doitche,ascending douche); la douche en jet (jet douche) et la douche en éventail {fan douche). On administre la douche en jet au moyen d'un tuyau de caoutchouc rattaché par l'une de ses extrémités au réservoir d'eau, et portant à l'autre extrémité une lance, dont l'orifice peut avoir un millimètre et demi à deux centimètres et demi de diamètre. Cette lance peut donner un jet tin ou un gros jet; elle permet également d'administrer la douche en éventail; pour obtenir celle-ci, on place l'index de la main qui tient le bec sur la partie supérieure de l'orifice de celui-ci, on écrase de cette façon le jet plein qui en sort, et qui prend ainsi la forme d'un éventail, que l'on promène sur le corps du malade comme un pinceau sur une toile. La douche en jet et la douche en éventail constituent les douches mobiles des auteurs français.
La douche écossaise fait alterner un jet très chaud et un jet froid sur le malade, habituellement sur les régions malades seulement, par exemple, sur une sciatique ou une synovite. On emploie parfois, au lieu de jet chaud, un jet de vapeur à basse pression. On doit se rappeler, alors, que la vapeur brûle, quand elle contient des particules liquides. Le malade se place à deux mètres cinquante centimètres du bec, dont il se rap-
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proche progressivement, jusqu'à ce qu'il éprouve une sensation de chaleur désagréable. L'application de la douche écossaise de vapeur offre quelque difficulté, parce que la distance de deux mètres cinquante, à laquelle se tient le malade pour recevoir l'eau froide, est trop grande pour que la vapeur agisse, et que le malade se trouve obligé de se rapprocher de l'opérateur pour s'exposer à celle-ci, puis de s'éloigner de lui pour recevoir le jet froid.
On multiplie les alternatives de chaud et de froid suivant les indications particulières à chaque cas. L'application chaude doit être plus longue que l'application froide. On commence par une douche chaude de trente secondes; puis on donne une douche froide de vingt secondes; on augmente de quelques secondes, à chaque changement de température, la durée de la douche; la douche totale dure de une minute à cinq minutes. On termine habituellement l'opération par une douche froide en éventail sur le corps entier. L'installation de douches que l'auteur a fait construire suivant ses plans comprend un appareil indépendant pour les douches écossaises, et un appareil permettant de donner des douches de vapeur. Avant d'administrer une douche de vapeur, on doit toujours laisser fuir la vapeur, jusqu'à ce qu'elle soit complètement purgée d'eau.
Lorsqu'on doit donner une douche en jet ou une douche en éventail, on fait placer le malade à deux mètres cinquante ou trois mètres de l'appareil. On tient dans la main le bec métallique du tuyau, afin de percevoir rapidement les variations qui peuvent se produire dans la température de l'eau.
En Allemagne, on emploie beaucoup les douches fixes; la douche mobile est moins répandue (1). Pour avoir de l'eau
(l) MuUer explique, dans les Archiv fiir Balneologie und lI>/drot/terapie, de 1897 (n" 2), l'abandon dans lequel on a laissé la douche en Allemagne par les défectuosités réelles des appareils destinés à administrer cette application hydriatrique, que possèdent les établissements hydrothérapiques. « Quiconque veut voir ce qu'on peut faire de l'appareil que nous a légué l'hydrothérapie classique doit étudier l'organisation d'un établissement français. L'Amérique nous a fourni, aussi, en ces derniers temps, la description de dispositifs (jui indiciueut un progrès considérable. » Si les \llemands adoptaient un de ces appareils, ils tireraient de la « douche française » de si bons effets qu'ils abandonneraient certainement les préventions injustifiées qu'ils ont eues, jusqu'ici, contre ce procédé. On m'a dit. dans une importante cliniiiue psycliiatrique de l'AUemagne, qu'on évitait l'emploi de la douche, parce ipi'on la considérait comme une méthode tellement brutale qu'on l'avait utilisée au début comme ime mesure disciplinaire à l'égard des aliénés. Dans les établissements américains on apprécie la valeur de la douche, comme méthode « d'entrainenient neuro-
LA DOLCUE 323
SOUS pression dans un réservoir, on utilise actuellement des moyens divers ; dans les villes, on approvisionne le réservoir avec l'eau qui est distribuée dans les habitations ; on peut le remplir au moyen d'une pompe ; on demande quelquefois la pression à l'air chaud comprimé ou à la vapeur.
Les médecins français ont perfectionné la douche, et ont fait de ce procédé l'opération hydriatrique la plus importante. Le nom de Charcot est intimement associé à Thistoire de la douche, dont cet illustre neurologisle a tiré les succès les plus remarquables, en appliquant les précieuses notions que l'on doit à Fleury et à quelques autres hydrothérapeutes français. La douche de Charcot consiste en un jet appliqué sur la colonne vertébrale, et la douche de Fleury en une combinaison de la douche en pluie et de la douche en jet.
La douche filiforme de Lauriat est obtenue aumoyen d'un bec à orifice extrêmement fin. oîi l'eau arrive avec une pression très élevée. J'ai eu souvent l'occasion de démontrer que le jet filiforme peut pénétrer la peau, détruire les tissus et produire des plaies. Ce procédé hydriatrique n'est qu'un jouet, beaucoup moins utile pour déterminer des efTets thérapeutiques que pour fournir la preuve qu'une certaine pression peut donner à un jet liquide le pouvoir destructeur d'un cautère actuel. Suivant la pression que l'on fait intervenir, on obtient soit une rougeur erythémateuse de la peau, analogue à celle que produit un sinapisme, soit l'effetdestructeur dont nous avons parlé. Ce dernier résultat est une démonstration de la souplesse du procédé hydriatrique qui nous occupe. En outre de l'effet mécanique, un autre élément intervient dans la douche, pour en diversifier l'action dans des limites très étendues ; c'est le fait qu'on peut y employer des températures très variées. A ce point de vue, la douche diffère des autres opérations hydriatriques. On peut, en effet, l'administrer à une température plus basse qu'aucune autre application d'eau, car l'action mécanique qu'elle exerce en même temps que son action thermique détermine une réaction ; la douche devient par là la plus stimulante de toutes les opérations hydriatriques.
Une loi que nous avons formulée précédemment s'applique encore pleinement à la douche : plus l'eau est froide et l'opération brève, plus la réaction est parfaite. Comme la douche
vasculaire » et elle contribue pour heaucoup aux succès thérapeutiques qu'on y obtient. (Voir le chapitre consacré aux Maladies mentales.)
'A2() PRATIQUE DE l'hYDROTUÉRAPIE
nous permet d'annihiler l'effet paralysant d'une température basse par Fefîet stimulant de Faction mécanique, elle nous fournit une méthode thérapeutique très puissante. Ceci explique les succès remarquables que les Français ont obtenus avec la douche.
La douche présente encore d'autres avantages. La brièveté de son application, qui ne doit jamais excéder une minute, quand l'eau est à une température peu élevée au-dessous de 00° F, 12,80 C), et qui dure habituellement de dix à trente secondes seulement, économise beaucoup de temps et la rend moins désagréable qu'aucun autre procédé. L'eau froide, n'atteignant pas tout le corps en même temps, ne produit pas une impression pénible, comme le ferait une immersion brusque dans un bain à la même température. La coloration rosée que prend la peau, souvent immédiatement après le premier choc de la douche, indique que le but capital de la méthode hydrothérapique. la réaction, est atteint. On peut rendre la réaction plus énergique en soumettantpréâlablementle malade à une douche fixe à une température de 100", 120° F. (37, 8\ 48,9° C), pendant vingt à soixante secondes.
Mode d'action. — On peut expliquer l'action de la douche d'après les lois générales, que nous avons indiquées dans la première partie de cet ouvrage. L'action mécanique de l'eau, dans cette opération, est augmentée du fait de la percussion et dumouvement vibratoire que produit le jet, qui, plus ou moins divisé, frappe rapidement, les unes après les autres, les diverses parties du corps. L'excitation thermique, d'autre part, met à stimuler l'appareil vaso-moteur plus d'énergie que dans aucune autre méthode hydrothérapique.
11 est inutile d'insister sur ce fait, que la douche répond à toutes les indications que doit remplir l'hydrotliérapie. Elle excite les centres nerveux, elle rend la respiration plus ample, elle active la circulation, elle augmente les sécrétions.
L'action locale de la douche est également très utile. Elle produit un véritable massage thermique ; elle excite d'une façon intense l'appareil neuro-vasculaire ; elle constitue ainsi un résolutif admirable des productions pathologiques. C'est surtout sous la forme de douche écossaise, de douche alternante chaude et froide, qu'elle agit dans ce sens. Ses effets sont plus marqués, lorsqu'on la fait précéder d'une application
LA DOLCUE
de calorique, soit d"un bain d'air chaud, soit d'un maillot sec, qui auf^mente la sensibilité de la peau et le pouvoir réaclionnel du malade.
On peut modifier l'effet mécanique de la douche, en variant la température et la pression, en changeant la grandeur de l'orifice du bec, en augmentant le nombre des jets, comme dans le jet brisé, le jet enéventail, la douche enpluie, d'emème qu'on en modifie l'efTet thermique enélevant ou en abaissant la température de l'eau. Les expériences de Maggiora et Vinaj (1 ) démontrent que les opérations liydriatriques exercent une
Fia. jO. — Courbe de iatigue à la suite d'un bain chaud administré après un exercice fatigant.
Après un exercice Après la douche, fatigant .
Fig. 51. — Courbe de fatigue avant et après une douche chaude administrée à la suite d'un exercice.
action très considérable sur l'appareil musculaire, par leurs eftets mécaniques et leurs effets thermiques; que le froid surtout augmente la force musculaire ; que les applications chaudes la diminuent, quand elles ne comportent pas une excitation mécanique. Une douche en pluie à oO° F. (10» C), sous une pression de deux atmosphères, porte au triple la somme de travail que les muscles sont susceptibles de fommir. La douche écossaise, qui fait alterner des températures de 98*^ et de 53"?, (36,7" et 11, 7» C), double la capacité des muscles. Les douches tièdes, même, augmentent la résistance à la fali-
(1) Blàlter fiir klinische Hydrothérapie, janvier 1892.
rRATIQUE DE L HYDROTUERAPIE
gue des muscles et leur capacité de travail, alors que les bains de température égale n'ont aucun effet de ce genre. Les courbes de fatigue reproduites ci- contre donnent la démonstration graphique de ce fait (fig. 50 et 51).
Etat normal. Après un Après une douche
rnassaiie de dix minutes.
Fig. 52. — Courbe de fatigue avant et après une douciie froide.
La douche en pluie chaude administrée aune température de 106° F. (41,1° C.) pendant quatre-ving't-dix secondes produit
Fig. 53. — Courbe de fatigue de la main gauche après une douche en pluie de 10» C, sous une pression de deux atmosphères.
tout d'abord une sensation désagréable, à laquelle le malade s'accoutume bientôt. Elle n'a pas une actionaussi marquée sur
la capacité musculaire que la douche en éventail ; cela tient, probablement, à ce que celle-ci atteint successivement toutes les régions du corps, tandis que celle-là tombe seulement sur la partie supérieure du corps. Naturellement, l'action mécanique de la douche balance la diminution de la capacité musculaire qu'entraîne l'application d'eau chaude.
Vinaj et Maggiora, dans un travail plus récent (1), ont également étudié l'effet des douches sur les muscles préalablement fatigués. Ils enregistraient, tout d'abord, la courbe de fatigue normale d'un sujet. On soumettait ensuite celui-ci à un exercice musculaire violent pendant cinq à dix minutes, puis on prenait, de nouveau, sa courbe de fatigue. On lui administrait alors une douche, après laquelle on enregistrait encore une courbe. Les tracés que l'on voit ci-contre montrent combien la douche est efficace pour dissiper la fatigue (fig. 5:2, 53, 5i).
Fis. 54.
Courbe de fatigue de la main droite après une douclie en pluie à 96° F. (36,"° G.)
Les expériences que nous venons de rapporter montrent clairement que l'action de la douche s'explique par ce fait que la pression sous laquelle l'eau arrive à la surface du corps donne à ce procédé une qualité importante, que les autres opérations hydriatriques ne possèdent pas.
Les tracés des figures 50 et 51 indiquent que le bain chaud est impuissant à rétablir la force musculaire, tandis que la douche peut obtenir cet effet. On remarquera que l'excitation
(1) Blâtfer fiir klinische Hydrothérapie, juin 1893.
330 PRATIOIE DE L nYOROTOÉRAPIE
mécanique de la douche permet d'employer même l'eau chaude à rendre aux muscles fatigués leur capacité de travail.
Les figures 31 et 52 permettent de comparer l'action de la douche chaude sur la capacité musculaire et celle de la douche froide.
Ces expériences ont été faites au moyen de l'ergographe de Mosso.
Elles nous fournissent une explication rationnelle de l'action tonique et réparatrice de la douche, à laquelle ont recours, en France, tant d'hommes et de femmes à musculature faible, tant de gens qui mènent une vie sédentaire, ou qui dissipent leurs forces dans le tourbillon des plaisirs. Quand il s'agit de fortifier des enfants ou des jeunes gens de constitution faible, de donner de la vigueur aux muscles relâchés de ces hommes et de ces femmes, qui n'ont ni le temps ni le goùl de prendre de l'exercice en plein air, on ne dispose, certainement, d'aucun moyen plus utile c[ue la douche froide, d'une durée, à une température et à une pression appropriées aux particularités de chaque cas. Je ne veux point parler ici d'états pathologiques, mais simplement d'une faiblesse anormale de l'appareil musculaire et de l'incapacité d'accomplir un travail ordinaire. Il est intéressant de recueillir, d'un observateur aussi savant et aussi précis que l'est le D" "SV. B. Oliver (i), une opinion favorable, confirmant la nôtre, sur cette excellente méthode hydrothérapique. « L'action de la température, dit le Dr Oliver, se trouve grandement modifiée par l'action mécanique de percussion et de vibration que possède la douche: aussi l'intluence qu'exerce cette opération sur le système vaso-moteur est-elle beaucoup plus considérable que celle de tout autre procédé, soit qu'on asperge d'innombrables jets fins les diverses régions du corps, soit qu'on emploie la douche mobile qui produit une sorte de massage vibratoire. Les résultats thérapeutiques de ce mode d'application froide sont très remarquables, car elle fournit tous les effets toniques de l'hydrothérapie froide, tout en permettant d'adapter la température aux indications particulières de chaque cas. Actuellement, on apprécie plus judicieusement la valeur curalive de ce procédé hydrialrique tonique et des procédés analogues. dans beaucoup d'établissements médicaux, où Ton entendait autrefois par hydrothérapie rien
(1) Troonian Lectures « on The Blood and Circulation », London. Lancel, 2" juin 1896.
LA DOUCUE 331
de plus que Timmersion dans de l'eau très chaude, opération qui avait pour conséquence de diminuer l'énergie de l'appareil vaso-moteur. La douche en jet et la douche en cercles sont les procédés hydrothérapiques qui conviennent le mieux pour réparer les forces épuisées de Ihabitant des grandes villes, qu'accablent les soucis et les inquiétudes. Je suis persuadé que ces procédés, si on les appliquait dans nos grandes villes, seraient considérés comme une ressource précieuse par beaucoup de sujets atteints d'épuisement nerveux, et se vulgariseraient même davantage que le bain turc. »
La douche écossaise, qui consiste à envoyer un jet alternativement chaud et froid, d'une durée plus ou moins longue, sur une même région, a pour effet de rendre plus énergique l'action thermique de la douche. Les effets de ce procédé sur l'homme à l'état de santé ont été étudiés par des médecins russes, dont le professeur StoroscliefT, de Moscou (1), a résumé les travaux. On administra, dans les expériences dont il s'agit, des douches écossaises sous une pression d'une atmosphère et demie, pression bien inférieure à celle dont nous disposons à VH'jdrialric Institute (2,3 atmosphères) ; elles ne duraient jamais moins d'une minute; on les prolongeait au maximum quatre minutes; leur température variait entre 113'^ et oO^F. (45° et lo'^C).
« Les sujets en expérience étaient deux soldats soumis à une existence réglée et à un régime alimentaire constitué par du pain, du lait, du bouillon et du bœuf; les expériences portèrent sur une période de vingt-sept jours. On constata une augmentation delà consommation de l'azote (i2o et 23,8 pour cent); une augmentation de l'assimilation des substances azotées (3 pour cent); une augmentation du poids du corps; un abaissement de la température buccale (de i" à 1,300.). qui persistait encore un peu (0,2"C.) nu bout d'une heure. Les pulsations radiales diminuèrent de 10 à 16 par minute, et restèrent moins rapides (de 6 à 10 en moins) pendant plus d'une demi-heure. Les mouvements respiratoires diminuèrent de 4à 8 par minute et demeurèrent moins rapides (de 2 à 6 en moins) durant plus d'une demi-heure. La localisation des sensations tactiles devint moins précise : on devait écarter de 8 à 11 millimètres les branches de l'esthésiomètre. L'excitabilité électrique devint plus grande : il suffit d'un nombre moindre de milliampè-
(1) Blàtter fur Jdinisclie Uijdrolhevupie. novembre 1893.
332 PRATIQUE DE l'hYDROTHÉRAPIE
res pour produire une contraction musculaire avec le courant galvanique ; quinze minutes après la douche, le courant nécessaire pour exciter le nerf spinal et le nerf facial est inférieur de 1,09 milliampèreau courant nécessaire, en temps ordinaire, pour obtenir ce résultat. Il en est ainsi, parfois, pendant une demi-heure. Un courant faradique plus faible que d'habitude suffit également à déterminer la contraction minima. 11 se peut que ces résultats soient dus à une diminution de la résistance de la peau consécutive à l'application de la douche écossaise. On examina à trois reprises les modifications produites sur la peau par la pression d'une pièce de monnaie (procédé de Fleming modifié). Les traces de l'empreinte disparaissent beaucoup plus rapidement après la douche qu'avant; la consistance de la peau se trouve donc probablement accrue par cette opération. Le sens du toucher, étudié à l'aide de l'esthésiomètre de Sieveking, et la sensibilité thermique, examinée au moyen du thermo-esthésiomètro de Xotiinagel subirent une diminution manifeste à la suite de la douche ; celle-ci présenta une différence avec l'état normal de 1,8° C. ; celui-là une différence de 13 millimètres; l'excitabilité des nerfs se trouvaitdonc diminuée. »
Heggelin (1) a résumé comme suit ses recherches sur l'action des douches:
« 1° La douche froide et la douche très chaude déterminent une élévation de la tension artérielle ;
2° Celle-ci dépend : a) de la constitution de l'animal; b) de la force de la douche, la douche la plus énergique produisant l'effet le plus marqué; c) de la durée de la douche, qui augmente l'effet en se prolongeant; d) enfin la première douche est plus active;
3^ La durée de l'élévation de la tension artérielle dépend : a) delà constitution de l'animal; b) de la température de l'eau : elle est plus longue après les douches froides:
4'' Il se produit à la suite de la douche, principalement quand elle a été répétée un certain nombre de fois, un abaissement secondaire de la tension artérielle (au minimum de 2 millimètres Ilg, au maximum de 70 mm.) qui persiste pendant quelque temps;
o" Exceptionnellement, une élévation, en apparence spontanée, de la tension artérielle se produit après la douche;
(1) Inaugural Dissertation, 1894.
6" Môme après la section des vagues, la douche détermine une élévation de la tension artérielle. »
La douche exerce également son action sur le cœur. Elle augmente l'énergie des contractions cardiaques, surtout chez l'animal jeune; la première douche agit plus puissamment que les suivantes. La durée de cette action favorable dépend des mêmes facteurs que nous avons indiqués.
lleggelin a tiré de ses expériences sur les animaux les conclusions pratiques que nous allons citer. « Les douches de courte durée (de 10 à ^15 secondes) agissent mieux, en général, que celles d'une durée plus longue; on doit toujours surveiller très attentivement l'état général du malade, quand on administre des douches de longue durée. La douche augmente manifestement l'énergie des contractions cardiaques; elle les rend non seulement plus puissantes, mais encore plus utiles. Dans les maladies où l'on doit éviter de provoquer une élévation de la tension artérielle (anévrysmes, athérome, etc.), il faut s'abstenir de donner des douches. On les administrera avec une grande prudence aux malades âgés qui sont atteints de troubles respiratoires; car, l'élévation de la pression sanguine dans l'oreillette gauche, qui est parfois considérable, peut facilement déterminer de la stase dans le poumon, avec de la dyspnée, des hémorragies, etc. »
Ottfried Millier (1) conclut, de 2.000 expériences faites sur l'homme, qu'une douche énergique élève la tension artérielle, même si elle est administrée avec de l'eau d'une température neutre; l'augmentation de pression varie en plus ou en moins, suivant que l'on s'écarte plus ou moins de la température neutre ; mais les douches très chaudes accélèrent le pouls, tandis que les douches froides le ralentissent.
Mes observations personnelles s'accordent avec celles de cet auteur, sauf en ce qui concerne l'accélération du pouls produite, suivant lui, parla douche à 28°, phénomène que je n'ai pas constaté ; le pouls s'accélère, en réalité, avec les douches à une température supérieure a 105'^ F. (40, 5" C), quand on leur donne une durée d'une minute. La douche en jet élève la tension artérielle plus que ne le fait la douche en éventail, parce que son action mécanique est plus énergique.
Uhlich (2) a publié des recherches faites, à V Institut Hijdro-
(l)Cungress fur innere Medizin, 1902, pp. 408-410.
(2) Zeitsc/irift fur experimentelle Patholoyie und Thérapie, 1906.
334 TRATIOUE DE l'hydhotiiérai'IE
thérapique Brieger de rUniversité de Berlin, au moyen de l'ergographe; les observations étaient prises avant et après l'opération hydriatrique;>elles mènent aux conclusions suivantes :
1'^ La douche très chaude, courte, suivie d'une douche froide très brève, produit l'etret le plus réparateur, ainsi que l'a démontré Kellogg;
2° La douche écossaise, la douche en jet froide, le demi-bain, la friction humide, l'immersion dans l'eau très chaude de courte durée suivie d'une application froide produisent un effet réparateur proportionné à l'énergie de l'exciluLion mécanique (t'ricLion ou pression de l'eau);
3" Les températures indifférentes (ou neutres) sont sans effets ;
4° Les bains chauds prolongés diminuent la force musculaire ;
5" Lu disparition de la fatigue qui suit la douche chez un sujet sain, et qui fait rarement défaut chez l'individu faible ou malade, esL un phénomène plus marqué que l'augmentation de la vigueur que l'on observe, quand les muscles n'ont pas été fatigués.
Action de la douche sur la respirallon ei sur les échanges organiques. — Rubner (1) a constaté qu'une douche à 16o (R.? — 20° C), administrée avant un repas, produit une augmentation du volume de l'air inspiré, égale à 54,5 pour cent. L'élimination de CO-augmentede 149.4 pour cent; l'absorption de l'oxygène de 110 pour cent. Le quotient respiratoire s'élève de 0,<S7 à 1,02.
Action de la douche sur la thermogénèse. — La douche froide produit un effet plus puissant que le bain froid de courte durée, sur la thermogénèse; suivant Janowsky, elle active sensiblement cette fonction, et démontre, par là, qu'elle exerce une influence positive sur les échanges organiques. Son action est au moins deux fois plus énergique que celle du bain. Ignatowski (2) a étudié la production et l'émission du calorique chez, les sujets soumis aux douches très chaudes.
La douche très chaude abaissait de 0,55" C. la température rectale, qui s'élevait ensuite pour dépasser le degré qu'elle atteignait à la suite des bains froids de courte durée. Si le sujet exécutait des mouvements j)eudant la douche, rt.'iï'et répara-
(1) Loc. cil. [2} Luc. cil.
LA DOLCriE
teur de l'opération en était augmenté, la réaction était plus énergique, l'évaporation de la sueur plus active, la production de calorique plus considérable pendant environ quarante-cinq minutes ; les effets de la douche se prolongeaient donc beaucoup plus que ceux des bains de courte durée.
bouche liés chaude
Avant, une douche à 45° C.
Poids, "y . 1 kilogs
Emission de calorique en 15 minutes,
Production de calorique en 15 minutes
Température rectale, abaissement létrer
(0,Uoo C).
Douche froide
Avant une douche à 16° C. sous une pression de 3 atmosphères, d'une durée
d'une minute et demie.
Poids, 54. S kilogs
Emissionde calorique en 15 minutes, 20,85 Production de calorique en 15 minutes,
■1 MINLTES
uni; n>Mi-
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HKUIIK APIliCS l.\
L\ DOCCHE
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78,8 kil.
Le même
54,8 kil.
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