LE BAIN DE SIÈGE
crire, dans les cas de ce genre, des bains de siège à 85° F. (29,5° C), de huit ù dix minutes, qu'on termine par une affusion à 70° F. (21,1° C)ou au-dessous, alin d'exercer une action tonique générale; on commence ce traitement le cinquième jour de la menstruation, quand l'écoulement présente des modifications, et on le continue tous les jours, jusqu'à ce que les pertes cessent. Si l'écoulement ne présente pas de modification, on commence au moment oîi sa durée parait exagérée, et on poursuit jusqu'à ce qu'il soit tari. On arrive ainsi, non seulement à arrêter les pertes, mais encore à relever les forces de l'organisme, à rendre à la malade sa santé et son courage. La plupart des femmes protestent avec énergie contre l'emploi de bains de siège froids au cours de troubles menstruels. 11 sera donc prudent de dissiper d'abord leurs craintes et d'Insister sur la valeur de ce mode de traitement, et sur la nécessité où l'on se trouve d'y recourir.
Contre-indications. — Les bains de siège froids sont particulièrement contre-indiqués, toutes les fois que les organes génito-urinaires présentent une irritabilité plus grande (ju'à l'état normal et que les émissions d'urine sont fréquentes. C'est une erreur grave, et assez répandue, que d'attribuer au bain de siège froid ordinaire une action sédative sur les organes pelviens. Une immersion très courte du bassin dans l'eau froide détermine, certainement, une augmentation de l'activité circulatoire et une élévation de la tension dans le domaine de la veine porte. Le bain de siège frais prolongé, au contraire, abaisse la température pendant le temps qu'il dure, et tend à prévenir l'établissement d'une réaction, et la stimulation qui en serait la conséquence. Un bain de siège de ce genre, c'està-dire d'une durée de dix à vingt minutes, à une température de 50"-U0o F. (10^^-32,2° C), peut rendre service dans le traitement des lésions inflammatoires. 11 sera très utile dans la cystite, l'uréthrite, la métrorragie, la prostatite, la diarrhée, la dysenterie. Lorsqu'on désire obtenir un effet sédatif marqué, dans le ténesme vésical, les douleurs menstruelles, etc., on emploie le bain de siège chaud, à 950-100" F. (35o-37,8° C.\ d'une durée d'une heure ou deux, traitement qui a fait ses preuves depuis longtemps.
Toutefois, le bain de siège dont l'etret antiphlogistique sur les organes pelviens est le plus sûr, est celui que l'on administre avec de l'eau à 70o-80° F. (21,l"-26,6'> C), et que l'on accom-
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pagne d'une friction. Dans les inflammations chroniques de l'utérus et du vagin, quand il n'existait pas de suppurations, je me suis très bien trouvé de l'emploi du bain de siège progressivement refroidi : on place la malade dans de l'eau à 90° F. (32,2° C), et on abaisse la température du bain jusqu'à 80° F. (26,6° C.) en y ajoutant de l'eau glacée, que l'on verse d'une cruche en ayant soin de ne pas la verser directement sur le corps de la malade.
Misiewitz (1) a indiqué, dans un excellent article, les avantages du bain de siège. « Les bains de siège froids de courte durée, dit cet auteur, qui ont une action excitante et déterminent une hyperémie réflexe intense, sont indiqués dans les cas de paralysie des fibres musculaires de la vessie et de Vintestin, dans le prolapsus du rectum, la spermalorrhée, laprostatorrhée, l'impuissance masculine liée à la faiblesse musculaire et à l'anesthésie cutanée, dans le relâchement des ligaments de l'utérus, le prolapsus utérin, la leucorrhée de la chlorose, Vaménorrhée, quelques formes à' hémorragies passives, la congestion du foie, l'atonie musculaire de l'estomac et de l'intestin, qui se manifeste par de la constipation, des flatulences, etc.
Les bains de siège froids sont contre-indiqués, lorsque les organes pelviens présentent une irritabilité excessive, de la congestion active ou de l'inflammation; quand le malade a de l'excitation génitale, des pollutions; quand il existe du ténesme vésical ou rectal; dans les ménorragies actives.
Le bain de siège froid prolongé a des propriétés toutes différentes. Il abaisse la température de l'intestin pour un temps considérable, il exerce une action sédative sur les centres nerveux des viscères abdominaux, il diminue l'activité des échanges organiques, il n'amène pas d'afflux sanguin susceptible d'élever le tonus artériel, il facilite la circulation de retour et régularise le fonctionnement de l'appareil circulatoire. Son emploi est donc indiqué dans les hémorragies uréthrales, vésicales, intestinales, utérines; dans les catarrhes utérins aigus et chroniques; dans les hémorrhoïdes.lapérimétrite, la périorchite; dans la blennorrhée, la prostatite, la périproctite ; dans la diarrhée rebelle, la diarrhée avec selles sanglantes ; dans les inflammations des annexes et des ligaments de l'utérus. Les bains de sièg-e prolongés sont contre-indiqués, lorsqu'il existe
(1] Klinische Untersuchungen ùber die Wirkung der Sitzbàder bei Krankheiten des Urogenital- Systems und andercr Organe der Bauchhhôle, — Wiener klinische Wocheiischrifl, 1895, n" 12.