IRRIGATION DES VOIES URINAIRES CHEZ L HOMME
L'irrigation de la vessie a été longtemps en vogue comme procédé de traitement curatif ou palliatif dans les affections de cet organe. On pratique habituellement cette opération au moyen d'une sonde à double courant, qu'on relie à un laveur.
Le D"" E.-L. Keyes, dont on connaît l'autorité en pareille matière, a apporté quelques perfectionnements à la méthode (fig. 58). Cet auteur prétend, avec raison, qu'on ne peut faire un lavage suffisant de la vessie si l'on ne distend pas un peu cet organe.
Technique. — On injecte deux cent cinquante centimètres cubes de liquide, ou davantage, à une température de 110'^ F. (43,3" C.).Ce liquide se refroidit légèrement au cours des préparatifs. Le malade se tient debout, après avoir placé en face de lui, sur une chaise, an récipient; il introduit lentement la sonde, lubrifiée avec de la vaseline et rattachée d'avance à un large embout de métal.
Dès que l'urine commence à couler, il adapte le robinet du réservoir à l'embout dont la sonde est munie, et il laisse passer l'urine par le tube court, qui la conduit dans le récipient disposé en face de lui. Lorsque la vessie s'est vidée, on tourne le robinet et on la laisse se remplir lentement d'eau. Quand le sujet sent que l'organe se distend, il tourne le robinet en sens contraire, et l'eau s'écoule si lentement et si régulièrement que c'est à peine s'il s'aperçoit qu'elle circule.
Le malade peut, de cette façon, se faire un lavage de vessie parfait, en recommençant l'opération quatre, cinq ou six fois, sans changer son instrument ni la disposition de celui-ci, sauf eu ce qui concerne la manœuvre du robinet dans un sens ou
Bahucii. — Hydrothérapie. 25
rRATIOLE DE L HYDROTHÉRAPIE
dans l'autre ; ropération doit être répétée jusqu'à ce que l'eau revienne claire de la vessie.
Fis. 58. — Irrisateur vésical de Keyes.
Un instnaiinent très utile, pour pratiquer l'irrigation de Vurèthre, est celui qu'a inventé le D'" Lester Keller. Fait d'argent pur, il n'est pas facilement attaqué et conserve son poli. On en a deux modèles, de longueur différente, l'un pour la partie courbe de l'urèthre, l'autre pour la partie rectiligne. Les orifices de cette sonde sont placés à la face postérieure de son extrémité renflée ; ainsi, le liquide qu'on injecte ne peut pénétrer dans la vessie. Le tube présente des rainures, qui permettent à ce liquide de s'écouler au dehors ; il suffit de faire subir, de temps en temps, un léger mouvement de rotation à l'instrument, pour que tous les points de la muqueuse soient baignés par l'injection.
On introduit l'instrument jusqu'à ce qu'on lui ait fait dépasser un point douloureux, que l'on trouve presque toujours; on le rattache au tube d'un laveur ordinaire, que l'on élève [Aus ou moins, suivant la pression que l'on veat donner au liquide.
LAVAGE DE l'uRÈTHRE 'et DE LA VESSIE 387
On peut employer un litre d'eau à chaque lavage, et l'on renouvelle l'opération environ deux fois par semaine. Habituellement, deux, ou trois séances suffisent.