CHAPITRE XII ENTÉRO-GOLITE
L'entéro-colite exerce de véritables ravages parmi les enfants dont le régime alimentaire et Thygiène sont défectueux. Tant que l'on a considéré la diarrhée infantile comme une affection purement inflammatoire, la thérapeutique qu'on a appliquée à cette maladie n'a donné que des résultats peu satisfaisants : les formes bénignes se terminaient par la guérison, les formes graves par la mort. Le pronostic devint plus rassurant lorsqu'on commença à voir que l'idée qu'on avtiit de la maladie était erronée et à substituer les procédés hydriatriques aux médications actives en usage. On apporta, alors, plus de soin à débarrasser l'intestin des substances irritantes qu'il contenait, à surveiller l'alimentation et à instituer une hygiène convenable. C'est actuellement une opinion presque universellement acceptée, que la diarrhée infantile est due surtout, mais non exclusivement, à l'introduction et à la puUulation, dans lé tube digestif, de micro-organismes qui réalisent là des phénomènes comparables à ceux qui s'établissent dans les plaies souillées d'éléments septiques. Comme dans ce dernier cas, nous observons dans Fentéro-colite la chaleur, la rougeur et la tuméfaction qui caractérisent l'inflammation ; celle-ci, ses conséquences et ses séquelles, se trouvent d'ailleurs modifiées du fait de la situation et des fonctions de la partie atteinte; et ainsi naissent et apparaissent les troubles qui constituent les manifestations de l'entéro-colite.
Le traitement comporte les indications suivantes :
1*^ Diminuer ou supprimer l'apport des bactéries;
2° Réparer les désordres qu'elles causent ;
3° Les entraîner hors du tube digestif;
4o Combattre la prostration, l'inanition, l'épuisement et les autres conséquences de la diarrhée.
Barucii. — Hj-drotliérapie, cl
482 PRATIQUE DE l'bYDROTHÉRAPIE
1. — La première de ces indications se rencontre seulement chez l'enfant soumis à Tallaitement artificiel. On doit lui procurer une nourrice, si la chose est possible. Lorsqu'on ne peut le faire, il est nécessaire de surveiller attentivement la préparation des aliments; on pasteurise ou on stérilise le lait et on lient le biberon dans un état de propreté parfaite. Ce sont là des détails que le médecin connaît bien.
2. — On doit remédier aux troubles produits par les bactéries qui se sont introduites et multipliées dans le tube digestif. Pour combattre les nausées et les vomissements, le moyen le plus efficace, et celui que l'on emploiera tout d'abord, est le repos de l'estomac. Or l'estomac ne se trouvera au repos que lorsqu'il sera débarrassé de toutes les substances qui fermentent dans sa cavité. On peut évacuer ces substances en administrant à l'enfant, avec une cuiller ou un biberon, une grande quantité d'eau chaude, à laquelle on ajoute un peu de saccharine. Le lavage de l'estomac, exécuté à l'aide d'une sonde stomacale molle de petites dimensions, rend de grands services dans ce cas (voir la technique, page 350). On conçoit qu'il est indispensable que la mère de l'enfant soit bien persuadée de la nécessité de la suppression absolue des aliments et des boissons dansles premiers joursdelamaladie. Elle devra employer toutes ses forces morales à suivre exactementlesinstruclions dumédecin. On l'obtiendra d'elle en lui présentant cet argument décisif : il est inutile d'alimenter l'enfant et même de lui donner de l'eau, puisque son estomac rejette tout ce qui est ingéré.
3. — Débarrasser l'intestin des bactéries qu'il contient est l'indication la plus importante. Toutes les substances qui offrent un milieu propice au développement des microbes doivent disparaître. Une bonne dose d'huile de ricin, ou, si l'estomac est trop irritable, une dose de calomel. entraînera le contenu du tube digestif au delà de l'intestin grêle. On n'aura pas besoin de renouveler l'administration du purgatif, si l'on fait un lavag-e du gros intestin avec une quantité suffisante d'eau chaude stérilisée.
J'ai toujours constaté qu'un lavage du gros intestin, exécuté par le médecin, ou, d'après les instructions de celui-ci, par une infirmière habile, toutes les dix ou douze heures diminue le nombre et modifie l'aspect desselles ; de plus, cette opération exerce sur le malade une action calmante très marquée. J'ai souvent vu des enfants, qui présentaient delà diarrhée et des vomissements, et qui s'agitaient en proie à de vives douleurs, tomber