ENTÉRO-COLITE
nutrition. Notre thérapeutique doit s'elTorcer de réveiller Fappétit, d'améliorer létat général et de rétablir les forces du système nerveux. Les toniques et les stimulants les plus vantés, souvent, n'arrivent pas à produire ce résultat. Dans les cas de ce genre, on administrera des ablutions générales, matin et soir, plutôt que des bains. On place l'enfant sur une couverture de laine molle; on bassine rapidement, sans se servir d'épongé, labdomen, le thorax et le dos, de la façon suivante : on verse sur la peau, du creuxdelamain nue, de leauàTo" F.(23, 8^ C), et l'on exécute doucement, de la même main, des frictions et des tapotements. On procède ainsi à l'égard de toutes les régions, en s'arrétant aux genoux et aux coudes. On sèche, ensuite, vivement le malade en le plaçant sur un drap de loile et en le frictionnant, soit avec une serviette rude, si la température est inférieure à 99, o» F. (37, 5° C), soit avec un chiffon de laine doux si la température est supérieure à 100'^ F. (37, 8'' C), Lorsque la température atteint 102° F. (38,1)"" C), il est indiqué d'administrer un bain, auquel on donne, pour commencer, une température de9o" F. (35" G.) et que l'on refroidit progressivement jusqu'à 85" F. (^29, o" C), tout en agitant l'eau et en pratiquant des frictions. On sèche ensuite l'enfant avec douceur. On peut le baigner deux fois par jour.
.Fai si souvent constaté les bons résultats de cette méthode, que je n'hésite pas à la recommander. On peut la modifier de différentes façons, en vue de combattre les manifestations variées de la diarrhée infantile ; la connaissance des principes de l'hydrothérapie inspirera le médecin. Qu'il suffise de dire qu'on ne doitconsidérer aucun cas comme iticurable ou désespéré, lorsqu'on n'a pas encore recouru à quelque opération hydriatrique et qu'on n'a pas apporté au choix du procédé le discernement nécessaire.
L'observation suivante donne un exemple des résultats fournis parle mode de traitement que nous avons exposé.
P. S..., enfant de six mois, vigoureux et bien portant, vivant dans une des maisons les plus saines des quais de l'Hudson, a été sevré à un mois.Depuiscette époque,ilaprésenté, de temps àautre,deladiarrhée que mon ami, le D'' Frothingham, a traitée, et que je traite avec lui depuis une semaine, sans grand succès. L'enfant présente des vomissements et desselles cholériques qui décident la mère à ra'envoyer chercher d'urgence. .Je trouve mon petit malade très changé; ses traits sont tirés, sa peau est froide et visqueuse, ses yeux sont enfoncés: il ne peut rien garder; l'intestin rejette toutes les demi-
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heures, et parfois plus souvent, un liquide lilant coloré en vert. On appelle en consultation le D'' J. Lewis Smith.
Cependant les symptômes deviennent de plus en plus alarmants ; le pouls commence à faiblir, l'enfant a les yeux révulsés, le visage pincé, une respiration rapide et superficielle, les extrémités froides; — il est presque mourant. A ma grande surprise, je constate que la température rectale s'élève à lOO» F. (41, 1° C.). .J'ordonne immédiatement un bain froid. Ma prescription paraît si dangereuse à la mère qu'elle se tord les mains de désespoir, persuadée que son enfant va succomber au refroidissement. On remplit à demi une baignoire d'eau à 90° F. (32, 2° C). L'enfant a un regard immobile, qui indique l'approche des convulsions ou de la mort. On le plonge dans l'eau jusqu'au cou on laisse hors de l'eau les mains et les pieds, que l'on réchauffe. On laisse couler une certaine quantité d'eau de la baignoire, et on la remplace par de l'eau froide et de l'eau glacée. On abaisse ainsi, en dix minutes, la température du bain à 80o F. (26, 6° G.). Un sourire passe alors sur le visage de l'enfant; son regard cesse de rester fixe, il revient à la vie. La température rectale commence abaisser; en dix minutes, elle tombe à 1000 F. (37, 8« C). On enveloppe le petit malade, de la tête aux genoux, avec un linge imbibé d'eau à 80" F. (26, Q° C.) et exprimé; on lui met des boules d'eau chaude aux pieds, et on le couvre avec soin. Il tombe dans un sommeil calme d"où il s'éveille à l'arrivée du D'" Smith, qui le trouve hors d'un danger immédiat. Grâce à une nourrice et à des soins attentifs, l'enfant se rétablit en quelques jours.
J'ai pensé qu'il était utile de m'étendre sur la prophylaxie et le traitement de l'entéro-colite, parce que la guérison de cette maladie est surtout le fait de l'hygiène et de l'hydrothérapie. L'une et l'autre doivent toujours être étroitement unies; les partisans les plus ardents de l'hydrothérapie, spécialistes et hydropathes, associent toujours les prescriptions hygiéniques à leurs opérations hydriatriques.