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froides, cette injection produira des efîels que Thydrothérapie ne saurait plus donner. Les opérations froides ont, d'ailleurs, par elles-mêmes, une action diurétique marquée et constante. K La majorité des médecins ne sait pas encore distinguer les connexions intimes qui unissent la circulation périphérique à la circulation centrale. On a souvent constaté qu'un accès de colite catarrhale rebelle, qui a résisté à toutes les méthodes de médication interne, cède facilement à l'application externe d'eau froide la plus simple, telle que le maillot humide, et que la diarrhée de la fièvre typhoïde s'arrête sous l'action des bains froids. On ne doit pas rire de cette affirmation de Dietl, disant que « si le choléra est une des maladies les plus dangereuses, c'est aussi une des maladies les plus curables ».
Méthode suivie à l'Hôpital militaire de Munich. — Période de début. — Après avoir pris la température rectale et la température axillaire du malade, on lui faisait prendre la position debout et on l'enveloppait d'un drap mouillé froid ; puis, on le frictionnait jusqu'à ce que la surface du corps se fût réchauffée. Lorsque le malade avait été frictionné de trois à cinq minutes, on l'enveloppait d'une couverture; ensuite, on le faisait asseoir dans un bain de siège à 50" F. (10° C), où il restait quinze minutes, pendant lesquelles on ne cessait de le frictionner. On le remettait enfin dans son lit, avec une compresse imbibée d'eau à 'JO" F. (10" C.) appliquée sur l'abdomen. A ce moment, le malade commençait à transpirer et à sentir un certain bien-être. Si la diarrhée reparaissait dans les quatre ou six heures qui suivaient, on recommençait l'opération ; mais on était rarement obligé de le faire. On ne donnait aucune médication interne. Sur les soixante-quatre malades atteints de diarrhée cholérique que reçut l'hôpital, aucun ne prit un centigramme d'opium. Un grand nombre de ces malades furent traités au moyen des compresses froides et guérirent en huit ou dix jours; chez quelques-uns seulement la maladie évolua jus([u'au choléra confirmé. Les cas bénins de choléra confirmé furent traités suivant la môme méthode; ce mode de traitement favorisait l'absorption des injections sous-cutanées.
« Période d\dgidité. — Lorsque les déjections étaient très abondantes, nous nous contentions de faire des frictions avec le drap mouillé froid et d'appliquer des compresses mouillées sur l'abdomen, en recourant aussitôt aux injections sous-cutanées de sérum artificiel.
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« On injecte le contenu d'une seringue toutes les minutes, jusqu'à ce que le pouls se soit rétabli, puis toutes les cinq minutes, et enfln toutes les demi-heures. On n'interrompt pas les injections, même lorsque la sécrétion urinaire est devenue abondante.
(c L'observation clinique, aussi bien que les constatations nécroscopiques, nous ont appris que les phénomènes qui précèdent la période d'acidité sont dus à la rapidité de la transsudation plutôt qu'à l'abondance de celle-ci. Quelle que soit la cause de ces accidents, notre traitement doit se proposer de renforcer l'énergie du cœur et d'activer la circulation sanguine, qui est paresseuse. Aucunprocédé n'agit en ce sens d'une façon plus efficace que l'excitation thermique et mécanique de la peau, que l'on peut obtenir en appliquant la méthode exposée plus haut; plus le collapsus est profond, plus l'emploi de ce traitement s'impose. »
Le D'' Vogl dispose d'un champ d'observations très vaste: aussi son opinion a-t-elle une grande valeur. Ce n'est pas l'opinion d'un spécialiste de l'hydrothérapie, mais celle d'un médecin qui se sert, pour le bien de ses malades, de tous les procédés qui lui paraissent utiles.
On peut ajouter aux applications hydriatriques externes l'entéroclyse, qui rend les premières plus efficaces.
L'entéroclyse. — On a présenté Ventéroclyse comme un agent thérapeutique précieux dans le choléra asiatique. Elle a été particulièrement vantée par le D"" Elmer Lee (1), qui l'a utilisée dans l'épidémie de choléra de l'été 1892. en Russie, en Allemagne et en France. Partant de cette idée, que le choléra est une maladie résultant de l'introduction de microbes dans le tube digestif, il pensa qu'il fallait appliquer toute son énergie à faire disparaître ces microbes. On doit réaliser cette désinfection, autant que possible, avant que les fonctions de l'organisme ne soient altérées par les toxines formées dans l'intestin. Si l'on fait passer dans le gros intestin dix ou douze litres d'eau chaude savonneuse, non seulement on le débarrasse des matières qui s'y trouvent accumulées, mais encore, en produisant une excitation delà tunique musculairede l'inteslingrêle on entraîne presque complètement les liquides que celui-ci contient,liquides où se trouvent les micro-organismes. Lorsque
(1) Médical Pxecord, 17 décembre 1893.
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les intestins sont nettoyés de leur dangereux contenu, le malade éprouve un grand soulagement. Toutefois, le traitement ne produit tous ses bons ellets que si on l'emploie dès le début.
« La méthode que l'on adopta définitivement à Saint-Pétersbourg était la suivante : On portait, sans délai, le malade de la voiture d'ambulance à la salle de bains, on lui enlevait ses vêtements, et on le couchait sur la table à irrigations, les genoux en flexion et la paroi abdominale relâchée. On introduisait avec douceur dans le rectum une longue sonde, préalablement lubrifiée avec du savon, et on la poussait, avec des mouvements de torsion et dé pression, aussi loin que possible, dans le côlon. Puis on laissait couler par la sonde dans l'intestin l'eau de savon chaude, qu'on avait préparée auparavant. Lorsque le gros intestin se trouvait rempli, la pression de leau la forçait à revenir vers l'anus et à s'écouler entre cet orifice et la surface extérieure de la sonde; un récipient spécial était placé sous le malade pour la recevoir.
« Après le lavage de l'intestin, on donnait au malade un bain chaud, puis on le mettait au lit. On renouvelait l'irrigation une ou plusieurs fois. Le nombre moyen des irrigations qui furent administrées à chaque malade, à Saint-Pétersbourg, fut de deux; exceptionnellement on en donna une troisième: souvent une seule suffit. Dans l'heure ou les deux heures qui suivaient le lavage intestinal,le malade avait de une à trois ou même quatre selles, après quoi il cessait d'en avoir pendant douze, vingt-quatre et trente-six heures. Le spasme de la tunique musculaire de l'intestin, qui est un phénomène si douloureux, cédait rapidement après l'évacuation des matières irritantes, et il n'était pas nécessaire de recourir à la morphine. Dans la plupart des cas. on pratiquait également un lavage d'estomac avec de l'eau salée. A la suite de ces opérations, les vomissements et la diarrhée cessaient très souvent. Comme médication interne j'employais et je conseillais l'eau oxygénée diluée d'eau distillée, administrée par tasses toutes les trois heures, en vue de désinfecter le tube digestif.
« Le premier symptôme du choléra est la diarrhée ; c'est un signe de maladie que le paysan le plus ignorant peut reconnaître. Si l'on soumettait au traitement que nous avons décrit tous les cas qui se présentent, sans attendre le diagnostic bactériologique,on serait toujours en droit d'espérer leur guérison, sinon l'arrêt immédiat de la maladie. L'opinion que l'on doit répandre parmi ceux qui représentent les pouvoirs publics,
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ainsi que dans les classes laborieuses, est celle-ci : pendant une épidémie de choléra, à la première atteinte de diarrhée, on doit recourir à Tirrigation intestinale. Je recommande aux administrations municipales un appareil simple, mais très commode, qui permet de pratiquer des irrigations intestinales efficaces avec Teau de savon.
« Cet appareil à irrigations consiste en une table basse, de forme spéciale, telle que celle qui est représentée dans la figure ci-contre (fig. 66). On doit placer des appareils de ce genre dans les quartiers pauvres, comme dans toutes les parties de
Fig. 66. — Appareil à iiTigations du Ur. Eliner Lee.
la ville, et charger un médecin de recevoir et de traiter toute personne qui se présente avec de la diarrhée ou des coliques. Ce médecin décidera, suivant le cas, si le malade doit être, ensuite, transporté à l'hôpital, ou reconduit à son domicile.
<( Si, pendant une épidémie de choléra, le public sait que le danger d'une issue fatale tient surtout à ce fait que l'on dillere trop longtemps le traitement, ses inquiétudes et ses terreurs •seront diminuées. »
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Le D''Lee a traité personnellement vingt-sept malades; il eut à enregistrer trois décès et vingt-trois guérisons ; la guérison d'un de ses malades n'étaitpas encore confirmée au moment oîi il dut quitter Saint-Pétersbourg.
Le nombre total des cas traités suivant cette méthode à l'hôpital s'éleva à près d'une centaine, pendant le séjour du D'" Lee dans celte ville; mais les résultats obtenus n'ont pas été publiés. Les médecins de riiôpilal décidèrent de prolonger l'essai de ce traitement pendant six mois.
Les expériences faites par le D"" Lee, à Hambourg, portent sur deux cas seulement de choléra confirmé ; le personnel médical chargé du traitement des cholériques reconnut la valeur de la méthode.
Conclusions. — Comme je n'ai pas acquis une expérience personnelle du traitement du choléra asiatique, j'ai voulu mettre sous les yeux du lecteur les renseignements les plus utiles qu'on puisse trouver sur l'emploi des procédés hydriatriques dans cette maladie. J'espère ainsi rendre service aux médecins qui auront à intervenir dans les prochaines épidémies. Les cholériques succombent, lorsqu'on les traite suivant la méthode classique. Les manuels de médecine passent ordinairement sous silence les méthodes hydrothérapiques que l'on peut appliquer au cours du choléra. Les expériences favorables qu'on a faites de ces procédés et leur caractère rationnel les recommandent à l'attention des médecins, d'autant plus que leur hardiesse apparente se justifie par les résultats qu'ils fournissent dans des cas analogues.
On peut résumer la méthode de la façon suivante : 1° On enveloppe le malade dans un drap de toile imbibé d'eau froide et exprimé, sur lequel on pratique des frictions vigoureuses et des tapotements. On administre ensuite un bain de siège (à To" F., 23,8° C.) de cinq à quinze minutes, en faisant exécuter des frictions vives par deux infirmiers, pour prévenir le refroidissement. Lorsque la diarrhée est profuse, ou que le malade présente du claquement des dents, on le laisse moins longtemps dans ce bain. On doit préparer d'avance plusieurs bains de siège, de façon à ce qu'on puisse le faire passer d'un bain souillé à un bain propre, lorsque la chose est nécessaire. Après avoir séché le sujet complètement et avoir provoqué la réaction, on enveloppe celui-ci d'une couverture chauffée et on lui applique une compresse (de 30° F.,100 C.) sur l'abdomen. 2° Dès Baruch. — Hydrothérapie. 32
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qu'il s'est produit une nouvelle selle, on soumet le malade à une grande irrigation intestinale, et on lui fait une injection sous-cutanée abondante de sérum artificiel.
Si ces opérations ne donnent pas le résultat espéré, on les renouvelle alternativement. On peut remplacer le drap mouillé par une friction avec de la glace. On modifie la température et la durée du bain de siège suivant les particularités du cas et le caractère de l'épidémie, en tenant compte des notions que nous avons données plus haut sur le mode d'action du procédé. La thérapeutique du choléra doit se proposer d'amener l'organisme à réagir.