ET AUTRES ÉTABLISSEMENTS
Je me propose] d'indiquer, dans ce chapitre, les conditions que doivent remplir la disposition et l'installation des appareils liydrothérapiques,que Ton emploie dans les hôpitaux, les asiles d'aliénés et les maisons de santé privées. J'ai souvent reçu, d'établissements de ce genre, des demandes de renseignements sur ce sujet.
Les établissements destinés au traitement des malades sont de deux types dilTérents : le type rural et le type urbain. Les établissements du type rural sont habituellement situés dans une vallée entourée de montagnes, au milieu d'un beau paysage, isolés, éloignés de tout ce qui pourrait constituer un voisinage désagréable, permettant ainsi de régler méthodiquement l'existence quotidienne et les occupations des malades. Cette situation est celle d'un établissement modèle; on la rencontre dans beaucoup d'endroits. Malheureusement, les établissements ne la possèdent pas souvent aux Etats-Unis. Ceux que l'on voit en Europe, au contraire, sont souvent bien placés; mais l'hydrothérapie, qu'on y pratique, est trop souvent routinière, trop attachée aux traditions des vieux hydropathes; elle conserve trop son caractère de spécialité et garde la prétention de traiter toutes les maladies. Parmi les vingt-huit établissements que j'ai visités pendant l'année 1896, je n'en ai trouvé que deux qui répondissent aux exigences de l'hydrothérapie scientifique. Je ne veux pas dire qu'on ne fait pas de bonne thérapeutique dans la plupart de ces établissements. Mais je crois qu'il n'est pas possible de faire la meilleure hydrothérapie, lorsqu'on n"a pas le moyen de déterminer, d'une façon précise, la pression
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employée au moyen d'un manomètre, la température à l'aide d'un thermomètre, et la durée de l'opération d'après une horloge. Lorsqu'on se contente d'apprécier avec la main la température d'une douche, d'estimer la pression de celle-ci d'après le niveau présumé de l'eau dans le réservoir qui alimente l'appareil, et d'en mesurer la durée d'après sa propre impression, on ne possède pas de données assez précises pour arriver aux meilleurs résultats. C'est là, cependant, la pratique habituelle dans un grand nombre des établissements dont nous parlons, et même dans les cliniques les plus importantes. . Dans l'un des deux qui faisaient exception, un manomètre fournissait des indications exactes sur la pression, mais il n'existait aucun moyen de la modifleravec précision, nécessité sur laquelle j'ai suffisamment insisté précédemment. A la nouvelle clinique du professeur Brieger, des robinets distincts fournissent des jets qui ont, respectivement, une atmosphère et demie, trois et quatre atmosphères. Le magnitique hôpital, récemment construit, qui porte le nom de Virchow, possède une installation de douches qui rappelle celle dont j'ai établi le plan, plan qui a été publié dans le ]]"niter)nlz Festschrift de 1897. Cette installation permet de régler la température et la pression.
La grande majorité des malades qui ont besoin d'un traitement hydrothérapique ne peuvent quitter leur domicile et leur famille. On doit leur donner le moyen de se traiter. Dans beaucoup de cas, le traitement que Ton peut faire à domicile est tout à fait suffisant, comme je le montrerai dans les chapitres suivants. Lorsqu'il n'est pas possible de faire appliquer le traitement par des infirmiers habiles, lorsque le médecin n'a pas le temps ou n'a pas le goût d'en surveiller l'exécution, ou bien qu'il n'est qu'imparfaitement familiarisé avec la technique, on s'adresse à un établissement urbain, dirigé par un médecin. Les établissements de ce genre rendent de grands services. Si le malade n'est pas trop gravement atteint, il bénéficie de tous les avantages d'une installation liydrothérapique complète, sans se priver des conseils de son médecin habituel, sans quitter sa famille et ses amis — nécessité qui ne s'impose pas dans tous les cas — sans abandonner une occupation lucrative — considération souvent très importante.
Une installation hydrothérapique peut prendre place dans un espace restreint. De vastes locaux ne sont pas absolument nécessaires. Il suffit de disposer d'un espace de dix mètres sur
APPAHIZILS IlYliiiuTllKHAl'lOl ES O-'i
trente, pour pouvoir appliquer tous les procédés utiles, et traiter facilement cinquante personnes par jour.
La description dun établissement (1), qui existe depuis déjà de longues années, me servira à démontrer ce que j'avance.
L'établissement comprend une salle d'attente et un certain nombre de cabines où les malades se déshabillent, une salle contenant deux ou plusieurs lits pour faire les maillots, une autre salle destinée au massage, La salle de douches a quatre mètres de côté, au moins. Les parois sont en marbre. Elle est bien éclairée et bien chauffée. Le sol imperméable a une pente suffisante pour que Feau puisse s'écouler jusqu'à un conduit, qui la déverse dans un égout. Il est recouvert d'un plancher horizontal à claire-voie, divisé en plusieurs parties, qui s'enlèvent facilement lorsqu'on veut nettoyer la salle. L'eau, qui a servi au malade, s'écoule à travers les interstices de ce plancher, sur le soi. A l'une des extrémités de la salle se trouve une douche en cercles (fig-. 68, 6'r.).Sur un côté, sont installés une grande baignoire et un bain de siège. En arrière de celuici, l'espace libre est assez grand pour qu'un infirmier puisse y prendre place. La table des douches (douche table) est alimentée par des réservoirs d'eau très chaude, d'eau froide et d'eau glacée.
La table des douches (fig. 68) est une caisse de un mètre trente centimètres de longueur, sur soixante-dix centimètres de largeur et un mètre de hauteur. Elle est recouverte de marbre. Cette caisse renferme les tuyaux d'apport de l'eau chaude, de l'eau froide, de la vapeur et les tuyaux de départ qui se rendent aux différents appareils (2). Les conduits d'eau chaude et d'eau froide sont fermés par des robinets, commandés par des tiges qui sortent de la caisse à travers des ouvertures ménagées dans la paroi supérieure, et qui sont munies de poignées. Le médecin se place derrière cette table; il se trouve protégé contre l'eau qui peut rejaillir du malade, et il a sous la main les moyens de régler le jet, suivant les prescriptions établies'pour chaque cas particulier. Un robinet, P, permet de donner à l'eau la pression voulue, d'après les indications d'un
(Il T//e Hydriatric Institule, 635 Parti Avenue, New York.
(2| Cet appareil a été en usage, pendant ces dix dernières années, et a donné toute satisfaction, dans les établissements suivants : The Riverside Association ; saint Elisabeth Hospilul hôpital du Gouvernement des Etats- Unis, Washington, D. C.) ; Gennnn Hospital, de Philadelphie; Me Lean Hospilal, de Boston, et dans un grand nombre d'hôpitaux et de maisons de santé.
PRATIQUE DE L HYDROTHERAPIE
manomètre, G, avant d'administrer la douche, ou même pendant que le jet coule. La pression de l'eau peut être de 3/ i d'atmosphère à 2 1/3 atmosphères. J'ai cru devoir insister souvent viur l'importance de cet élément, dans le cours de cet ouvrage.
Fig. 68. — Appareil à douches de l'auteur,
PH, support pour prescriptions.
S, horloge à secondes.
H, eau chaude.
/. eau glacée.
C, eau froide.
P, régulateur de la pression.
B, sonnerie.
G, manomètre.
T, thermomètre.
B, douche en pluie.
Cr, douche en cercles.