ANÉMIE ET CHLOROSE
Le 30 juillet, bain d'air chaud, suivi d'une douche en cercles à Qa'F. (SlioC), et d'une douche en jet à 4i'.o F. (72° C. -. La malade supporte cette dernière application sans broncher, ce qui ])rouve combien il est important d'entraînai- graduellement l'individu aux températures basses. Le D' S. -T. Armstrong, qui examine la malade, à ma place, note ceci : « Miss H... paraît tout à fait bien; elle mange et dort bien ; son état s'est certainement amélioré depuis hier. L'examen du sang indique que la proportion d'hémoglobine est normale. »
Miss H... est actuellement mariée et en bonne santé.
L'observation précédente établit d'une façon irréfutable : 1° que la douche a pour effet daméliorer l'état général du malade ; 2° que l'hydrothérapie favorise l'hématose, et agit sur les fonctions hématopoiétiques; 3° que la malade présentant la réaction la plus faible peut être habituée au traitement hydriatrique, à condition que l'on gradue l'énergie des applications et qu'on persévère à les employer. On voit que les dangers provenant du choc de l'eau froide sont purement imaginaires. Si la jeune femme frêle et sensible, dont nous avons rapporté l'histoire, a pu s'accoutumer à la douche, en commençant par des procédés plus doux, aucun cas de maladie chronique, à moins d'être à toute extrémité, ne manquera de réagir aux opérations hydriatriques.
5. Ladiaphorèse, si paradoxal que cela puisse paraître, est un procédé qui a donné des résultats appréciables cliniquement dans l'anémie. Scholz, de Brème, a publié un mémoire sur ce sujet; ses conclusions ont été reproduites dans les périodiques médicaux et l'on a imité sa pratique. L'exposition du malade au bain d'air chaud a pour eflet de rendre son activité à la peau, qui est sèche et livide. La transpiration devient plus abondante, les échanges organiques s'accélèrent, l'appétit augmente et l'état général s'améliore.
Je prescris toujours aux anémiques un ou plusieurs bains d'air chaud par semaine, suivis dune douche, afin de diminuer l'état de contraction spasmodique des artérioles, d'activer les échanges organiques et de favoriser l'assimilation des albuminoïdes.
Le professeur 0. Rosenbach (1) fait, avec raison, les remarques suivantes : (( Pour guérir véritablement les chlorotiques, il faut mettre fin à la névrose vaso-motrice qui existe chez ces
(1) Internationale klinische Rundsctiau, 1894, p. SU.
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malades ; comme les opérations hydriatriques permettent d'arriver à ce résultat, il faut les employer avec beaucoup dattention ; elles doivent intervenir seulement lorsque le nombre des globules n'est pas trop diminué, et doivent être de courte durée. L'hydrothérapie, judicieusement appliquée, non seulement guérit la chlorose, mais encore prévient les rechutes, qui sont si fréquentes. » Le D'' Rosenbach ne prétend pas que « le traitement hydriatrique est le seul qui puisse guérir les chlorotiques. car beaucoup reviennent à la santé, qui ne l'ont pas eu. Toutefois, il est établi que le fer, larsenic, l'air de la campagne, la satisfaction de désirs ardents, la grossesse, etc., — c'est-à-dire, toutes les causes qui peuvent exercer sur la chlorose une influence favorable, — agissent en modifiant les excitations centripètes qui atteignent l'appareil vaso-moteur, ou en rétablissant le fonctionnement normal des centres vasomoteurs, plutôt qu'en édifiant de nouveaux globules et en produisant du plasma ».
Quelle que soit la façon dont on explique le mode d'action de l'hydrothérapie dans la chlorose, cette méthode, associée à l'alimentation méthodique du malade, à lexercice et à l'existence au grand air, donne d'excellents résultats. Je lai vue souvent déterminer la guérisou dans des cas où la médication chimique avait échoué.