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PALUDISME

deux atmosphères. La température de l'eau était de ôO^F. (15,5o C). On faisait durer la douche cinq minutes. L'effet de ce traitement fut merveilleux. A partir de la première douche, le malade n'eut pas de nouvel accès. On continua les douches pendant un mois tous lesjours; puis, pendant l'hiver, on titprendre, chaque jour, au malade une immersion froide. Sa santé se rétablit complètement.

On peut trouver un grand nombre de faits analogues à celui que je viens de rapporter. Fodor (1) a publié les observations de sept cas de fièvre malarienne, dont le début remontait à cinq semaines et davantage, jusqu'à quatre ans, et qui avaient été traités sans succès par la quinine: les douches et les bains de siège amenèrent une guérison rapide. Dans d'autres observations, de Fischer, de Strasser, etc.. qui sont, comme celles que nous venons de citer, très détaillées, on voit que le traitement a agi avec une rapidité tout à fait remarquable.

Âlo'is Strasser (2), à propos de l'une de ses observations, explique de la façon suivante le mode d'action des opérations liydriatriques dans le paludisme. « La quinine et l'hydrothérapie agissent l'une et l'autre de la même façon ; elles diminuent la nocivité de la plasmodie. La quinine détruit la plasmodie, ou l'affaiblit au point d'en empêcher la sporulation et la reproduction. Le cours de l'accès fébrile débute avec la pénétration du parasite dans le courant sanguin, se poursuit avec le développement du parasite à l'intérieur des globules rouges, la destruction de ceux-ci et la mort de la plasmodie, se termine avec l'absorption des produits de destruction cellulaire par les leucocytes. Les applications froides agissent en détruisant les globules rouges qui ont contenu la plasmodie et se sont altérés, avant le début de l'accès, et en favorisant la destruction de la plasmodie, après qu'elle est sortie du globule, soit par l'intermédiaire d'une phagocytose plus active, soit par le moyen d'oxydations plus intenses. »

Binz et d'autres auteurs supposent que la quinine détruit le parasite même ; l'eau froide ne peut faire autre chose que d'augmenter les moyens de défense normaux de l'organisme. L'eau froide agit en donnant, en quelque sorte, un coup de fouet aux fonctions qui doivent protéger le sujet contre l'atteinte de la plasmodie. L'énergie vitale augmente sous son influence; le cœur, les poumons, la peau fonctionnent d'une façon plus

(1) blàtter filr klinische Hydrothérapie, p. 139, 1892 et 1893.

(2) Blàtter fur klinische Hydrothérapie, p. 19, 1894, et p. 190, 1897.

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parfaite ; les cellules deviennent plus résistantes, leur pouvoir iDactérieide augmente. Les opérations froides, en effet, déterminent un accroissement de Talcalinité du sang et une mobilisation des leucocytes qui indiquent que les moyens de défense de l'organisme deviennent plus puissants cliez l'individu que l'on soumet à leur action.

On peut expliquer ce fait qu'une application d'eau froide peut faire avorter un accès paludique, en admettant que le frisson initial détermine une rétention de calorique dans l'organisme, la peau cessant d'émettre de la chaleur, parce que ses vaisseaux se contractent progressivement, au point de réduire leur calibre dans des proportions considérables. Maragliano a montré que la vaso-constriction débute deux heures avant que la température commence à s'élever. La rétention de calorique ainsi produite est donc énorme, non seulement dans la malaria, mais dans tous les états fébriles qui débutent par un frisson. En supprimant la vaso-constriction périphérique, nous pouvons prévenir la rétention de calorique qu'elle cause, et, par conséquent, faire avorter l'accès de fièvre. Si on intervient deux heures avant le début présumé de celui-ci, on l'empêche de se produire. Une opération froide est le moyen le plus efficace d'amener la vaso-dilatation cutanée, car c'est un phénomène que détermine la réaction ; plus celle-ci est parfaite, plus le résultat est satisfaisant ; il en est ainsi lorsqu'on a pu faire prendre au malade un exercice qui a amené une sudation, avant de Texposer à l'eau froide.

Les opérations froides nous donnent donc, avant l'accès, ces deux résultats : elles favorisent la destruction des globules rouges qui ont précédenmient servi d'habitat à la plasmodie, elles facilitent l'élimination des déchets provenant du parasite et des hématies, en augmentant les oxydations et les excrétions et en empêchant la rétention du calorique.

Strasser a pu réunir272 cas de paludisme traités avec succès au moyen des procédés hydriatriques par ditTérents auteurs. Ceux de ces procédés qui ont paru les plus utiles étaient pratiqués de la façon suivante. On détermine d'abord avec soin le moment où l'accès doit se produire. Une heure environ avant ce moment, on administre une douche au malade, autant que possible après l'avoir soumis au maillot sec ou au bain d'air chaud. Le malade se place debout, les pieds dans de l'eau à 37° C. ; on lui applique sur les régions splénique et hépatique et sur la colonne vertébrale une douche ou une afi'usion à 10" C,

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ou à une lempéralure inférieure à celle-ci ; la douche, ou l'allusion, dure de trente à cinquante secondes ; elle doit amener une bonne réaction. On renouvelle l'opération au bout d'une demi-heure, afln de déterminer un effet suffisant. Dans beaucoup de cas ce traitement empêche l'accès de se produire. Qu'il eu soit ainsi ou non. il faut répéter l'opération chaque jour, à la même heure, pendant une semaine ou deux. Lorsque l'accès survient, on emploie, comme agent antithermique, le bain à 24» C, le maillot humide à 18° Cou l'ablution à 16' C, en même temps que. la compresse abdominale à 16oC. Mais le but que l'on doit surtout se proposer, c'est de prévenir l'accès, au moyen de la douche froide administrée à deux reprises chaque jour, dans l'heure qui précède le début présumé de l'accès.

Strasser a vu la douche froide déterminer des reclmtes. Il explique ce phénomène par ce fait que la douche amène une contraction de la rate, comme l'ont démontré ses propres expériences. La plasmudie, qui se trouve probablement retenue dans cet organe, rentre dans la circulation et peut se donner libre carrière pour exercer son action m:alfaisante.

Les médecins, qui exercent leur art dans les régions marécageuses du Sud et de l'Ouest, qui se trouvent au voisinage du Mississipi et d'autres rivières, ont enregistré les bons résultats que donnent les aiîusions froides dans le traitement de la malaria. On peut consulter avec profit sur ce sujet les anciens traités de médecine {Practice de (ieo. B. Wood, 1866j-

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