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CHAPITRE XXI NEURASTHÉNIE

De l'avis d'un grand nombre de médecins qui font autorité en cette matière, l'hydrothérapie est un élément indispensable du traitement de la plupart des neurasthéniques. En effet, il n'existe peut-être pas de maladie chronique, dans laquelle les applications hydriatriques contribuent d'une façon aussi efficace à l'amélioration de l'état du malade, et rendent aussi utiles et aussi durables les effets des autres mesures thérapeutiques : médication, régime, électricité, changement de milieu, suppression des facteurs étiologiques de la maladie.

Bien avant que la neurologie fût devenue une spécialité et inen avant que Beard eût décrit la neurasthénie comme une ],naladie particulière, Griffin prescrivait les ablutions tièdes et les ablutions froides dans « l'irritation de la moelle )> (1).

Romberg (2) conseillait les aifiisions froides sur la tête dans le vertige, et recommandait dans les cas d'« hyperesthésie psychique » un traitement méthodique par l'eau froide.

Preiss (3) a dit avec raison, il y a longtemps déjà : « Les troubles du système nerveux, lorsqu'ils persistent longtemps, mettent assez fréquemment le désordre dans des fonctions importantes, et notamment dans celles des organes chylopoïétiques. Comme toutes les fonctions relèvent des centres nerveux et comme il n'est pas d'agent thérapeutique qui puisse modifier l'état du système nerveux aussi rapidement, aussi sûrement, aussi facilement et aussi complètement que l'hydro- Lhérapie, ce mode de traitement si simple doit être placé au premier rang des toniques nerveux. »

(1) Observations on Funclional Afl'ections of tlie Spinal Cord and Ganglionic System of Nerves, l.ondres. 1834.

(2) Lehrbucli der Nervenkranklieiten des Menschen, BerHn, ISril, p. 20.

(3) FJiysioiogische Untersucliungen, Berlin, 1838.

NELHASTllÉME o7l]

Eulenburg" (1) considère la balnéolliérapie froide comme l'ék-ment le plus important du traitement.

Jolly préfère l'hydrothérapie à l'électrothérapie dans le traitement de l'hypocondrie. Il recommande de faire absorJier au malade de grandes quantités d'eau, afin d'augmenter la sécrétion rénale et les mouvements péristaltiques de l'intestin. Il considère les applications externes d'eau comme très utiles aux malades qui présentent à la fois de l'irritabilité et de l'épuisement. A son avis, l'intluence favorable qu'exercent sur ces malades les frictions froides, les bains et les demi-bains avec frictions, les douches que l'on administre toujours en tenant compte de l'état du malade pour régler la température etc., cette influence est due à la dérivation cutanée, à l'augmentation du tonus vascuJaire et à la stimulation des fonctions circulatoires que déterminent ces opérations.

« Dans le traitement de la neurasthénie, dit Krafft-Ebing (T), l'hydrothérapie est une méthode de la plus haute valeur ; comme on la pratique habituellement dans des établissements spéciaux, on peut exercer par elle tous les effets possibles, excitants, calmants et altérants, sur l'organisme malade et les échanges organiques. » Cet auteur préconise l'emploi de l'hydrothérapie dans l'insomnie ; il considère les bons résultats qu'elle donne dans la neurasthénie comme dus à la régularisation de l'activité cardiaque, à la dilatation des vaisseaux périphériques, au ralentissement ou à la sédalion générale, etc., suivant le procédé appliqué.

Strïimpell envoie les cas graves de neurasthénie à des établissements spéciaux. Il conseille la friction froide, le demibain, la douche sur les reins.

Bouchut (3), qui préconise l'emploi des procédés hydriatriques, est d'avis que le médecin doit se familiariser avec les méthodes de l'hydrothérapie et les appliquer avec une grande prudence. 11 attribue à ces pratiques le mérite de stimuler la peau, d'activer les échanges organiques et de favoriser l'hématose, et rapporte de nombreuses observations cliniques qui mettent en évidence les effets de l'hydrothérapie.

« Les bains froids et les bains frais, dit Erb (4), les applications d'eau froide sous leurs diverses formes constituent les

(Il Lelu'bucli des Nervenkranklieiten, ISIs, tome II, p. 69". (21 Ueber gesunde und kranke Nerven, p. 146. |3) Du Xervosisme, p. 3o0.

(4; Encyclopédie de Ziemssen.

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agents thérapeutiques les plus importants et les plus efficaces que l'on puisse faire intervenir dans le traitement des maladies nerveuses. Les résultais que donne Thydrothérapie dans les maladies nerveuses chroniques de toute sorte sont extraordinairement favorables. Il est évident que nous possédons peu de médications qui exercent des effets aussi puissants sur le système nerveux. »

Klemperer (1), chef de clinique du professeur Leyden, à l'Université de Berlin, s'exprime de la façon suivante au sujet de l'hydrothérapie : « Les effets des apérations hydriatriques déterminent une stimulation extraordinaire et incomparable du système nerveux, laquelle se réfléchit sur les divers organes. »

« Chez les personnes dont la nutrition s'est ralentie sous l'influence d'une maladie chronique et dans la neurasthénie, l'hystérie, l'hypocondrie, dit le D"" W. H. Draper (:2j, les bons effets de Thydrothérapie sont manifestes. Elle semble beaucoup plus efficace qu aucun trailement médical, quand il s'agit de stimuler les centres nerveux, de rétablir l'équilibre circulatoire, derelever l'activité des fonctions. Pour en obtenir les meilleurs résultats, il est nécessaire de disposer des appareils d'un établissement bien installé, où les différentes méthodes hydrothérapiques sont appliquées avec prudence et habileté. »

Le D' Frederick Peterson (3), clief de clinique des maladies nerveuses au Collège of Physicians ond Surgeons, fait remarquer que «le traitement hydrothérapique possède certainement un grand nombre des caractères, qui satisfont les exigences que nous avons à l'égard d'une thérapeutique rationnelle ». (( On ne saurait dire, ajoute-t-il, jusqu'à quel point l'hydrothérapie nous permet d'exercer une influence sur les processus bio-chimiques de l'organisme, sur le métabolisme des tissus, sur l'élimination des substances toxiques et des produits de déchet; on ne saurait indiquer dans quelle mesure nous pouvons agir sur les névroses vasculaires, sur les anémies locales, sur les hyperémies du cerveau et de la moelle.

« Si je considère les maladies nerveuses générales, je puis aflirmer qu'il existe partout, chez les neuroiogistes, une tendance à apprécier de plus en plus l'hydrothérapie comme une méthode thérapeutique de grande valeur. Je sais qu'il en est

(1) Publications de la Ilufeland Socïehj, 18%.

(2) Médical Becord, 22 avril 1893.

(3) American Journal of Ihe Médical Sciences, février 1893.

ainsi en Allemagne, en Autriche et en l'rance. Dans quelques conversalions que j'ai eues avec le professeur Winternitz, de Vienne, j'ai appris que les trois quarts des malades qu'il avait eu à traiter, depuis plus de trente ans qu'il exerce, étaient atteints de troubles nerveux; et l'on m'a attesté de tous côtés les succès remarquables qu'il obtient dan s le traitement des cas les plus défavorables. »

Les opinions que je viens de citer appartiennent toutes à des neurologistes. Je les ai réunies afin de montrer combien se trompent ceux qui tournent en ridicule les partisans enthousiastes du traitement hydriatrique.

Je vais indiquer, maintenant, quelles sont les règles de la méthode que je considère comme la plus efficace dans la neurasthénie. Pour en rendre l'exposé plus clair, je crois bon d'étudier séparément trois formes différentes de la neurasthénie : une forme dépressive ou hypocondriaque, une forme irritable ou hyperesthésique, une forme intermédiaire ou mixte.

1. Neurasthénie à forme dépressive. — La forme dépressive est celle que j'ai rencontrée le plus fréquemment parmi les cas que m'adressaient des confrères, eu particulier ceux que m'envoyaient les neurologistes. On doit probablement chercher la raison de cette particularité dans ce fait, que les cas de ce genre cèdent moins facilement que les cas appartenant à la forme irritable, quand on les traite à domicile. D'ailleurs, les résultats obtenus au moyen de l'hydrotiiérapie dépendent, pour beaucoup, de l'état du sang du malade. Le neurastliénique déprimé, agoraphobique, nosophobique ou hj'pocondriaque, réagit plus facilement sous l'action du traitement que le neurasthénique lij'peresthésique ; et l'un et l'autre tirent plus d'avantages de l'hydrothérapie, lorsque la nutrition et l'hématose se trouvent chez eux nettement insulUsantes.

Après avoir pris connaissance d'un grand nombre de travaux parus sur le sujet crui nous occupe, après avoir acquis une expérience personnelle très étendue du traitement de la neurasthénie dans plusieurs établissements, Park Avenue Hydriatricinsiitule, qui reçoit la clientèle privée, //'/c/r?'a fric Department of the Riverside Baths, qui reçoit les malades d'un certain nombre des dispensaires les plus importants de New -York, Hydriatric Department of the Vanderbilt Clinic of Columbia University , je suis arrivé à cette conAiction , que la plupart des manifestations de la neurasthénie, daus la grande majorité des

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cas, sont imputables aux troubles de nutrition de Fécorce cérébrale déterminés par des modifications de la circulation dans la sphère cérébro-spinale. C'est là une opinion purement clinique, et, pour ainsi dire, empirique, elle est fondée sur l'observation des résultats que donne le traitement. Je crois, cependant, pouvoir m'en contenter dans cet ouvrage avant tout pratique et me dispenser d'en donner une démonstration théorique. Elle est, d'ailleurs, plus ou moins conforme aux opinions émises sur la nature de la neurasthénie par Beard, Erb, Axenfeld, Bouchut, Eulenburg, Krallt-Ebing, Striimpell.

On doit apporter toute son attention à la technique des procédés hydrialriques employés dans le traitement de la neurasthénie. Le médecin doit surveiller avec soin son malade et modifier la méthode appliquée d'après les résultats obtenus, en ce qui concerne le pouls, la tension artérielle, les éléments figurés du sang, etc. Il ne suffît pas de conseiller au malade de se faire chaque jour un épongement froid, de se verser de l'eau froide sur le dos, de prendre une immersion froide, ou un bain chaud progressivement refroidi, ou une douche de Charcot. Il faut suivre attentivement ce malade; c'est la condition du succès. Il arrive trop souvent qu'on ne voit le malade qu'une fois par semaine, plus rarement même, et qu'on laisse pendant plusieurs jours la direction de son traitement hydrothérapique à lui-même ou à un infirmier.

J'ai observé un malade, qui avait de l'insomnie depuis deux ans et qui avait été traité sans succès par les médecins les plus réputés, en Allemagne et à New-York. Il avait été soumis en vain aux traitements hydrothérapiques les plus actifs. Une cure de repos très bien conduite n'avait pu le guérir. I^e D'' Wharton Sinkler me l'envoya, pour qu'il fût traité de nouveau par l'hydrothérapie. Ce malade arriva à une guérison complète, parce qu'il fut suivi au jour le jour et parce qu'on apporta à son traitement les modifications nécessitées par les changements qui se produisaient dans son état.

Un malade de San-Erancisco, qui était allé pendant Iroisans d'un spécialiste à l'autre, qui avait passé d'une maison de santé à une autre, qui avait usé tour à tour de la cure de repos et des distractions, se guérit pour les mêmes raisons.

L'hydrothérapie échoue trop souvent, comme les autres agents thérapeutiques. Mais je suis persuadé que l'échec est imputable, dans la plupart des cas, aux fautes de technique que commettent h; malade, ses proclies ou un infirmier igno-

rant, dans l'application d'une méthode bien conçue d'ailleuvs. Il est nécessaire que le médecin surveille l'exécution du traitement dans les maladies chroniques, avec autant de soin que dans les maladies aiguës qui mettent en danger la vie du malade. A cette condition, on obtiendra dans celles-là des résultats aussi satisfaisants que dans celles-ci. C'est pourquoi je crois devoir exposer avec quelque détail les procédés hydriatriques que l'expérience me fait considérer comme étant les plus utiles dans la neurasthénie.

Chez les malades atteints de neurasthénie à forme dépressive, dont la nutrition est insuffisante, la thérapeutique doit avoir surtout pour but de stimuler cette fonction. Si le malade n'est pas habitué à l'eau froide, il est bon de le soumettre, tout d'abord, à une méthode d'aentraînement neuro-vasculaire ». On commence par lui faire, chaque matin, avant son lever, une friction sèche ou une friction alcoolique <à l'aide d'un gant de crin ou d'une serviette de toilette; c'est surtout pour enlever au malade son appréhension d'être traité par l'eau froide, qu'il est bon de se servir d'eau alcoolisée (alcool et eau à parties égales); on l'emploie à la température de 73° F. (23,8° C). On fera bien d'exposer un instant chaque région à l'air, avant de la frictionner, pour favoriser l'établissement de l'hyperémie cutanée. On renouvelle ces frictions plusieurs jours de suite, en abaissant chaque jour de cinq degrés (2, 7°C.) la température du liquide jusqu'à ce qu'elle soit à 60° F. (15, 5° C). On prépare ainsi le malade à supporter le maillot sec et, l'ablution (voir page 544), dont on réduira progressivement la température. Si le malade réagit bien et s'il ne se trouve pas excité par l'opération, on peut s'adresser de suite à des procédés plus énergiques. On n'emploiera pas la douche en rosée, dont la pression est habituellement insuffisante, et que l'on applique trop souvent sur la tète du malade ; l'usage de ce procédé n'est qu'un leurre. Dans le traitement du malade à domicile, le drap mouillé ruisselant, administré par un bon infirmier, rendra les plus grands services. On prendra toujours, pour commencer, de l'eau à 70° F. (21,1° C), et l'on pratiquera des afTusions. L'infirmier provoquera la réaction en faisant des frictions, destinées à augmenter l'excitation qui stimule les centres nerveux. C'est là un détail que l'on ne doit jamais négliger. Si l'on évite de réduire trop rapidement la température, cet entraînement neuro-vasculaire progressif ne comporte aucun choc, n'est pas désagréable au^malade, et remplit toutes

Barucii. — Hydrothérapie. 37

les indications. Lorsqu'il s'agit d'une forme invétérée, cette méthode prépare le malade aux procédés plus énergiques qui lui seront appliqués par la suite dans une maison de santé. Le lecteur qui se proposera de soumettre un malade à « Fen- Iraînement neuro-vasculaire » voudra bien se reporter aux différents chapitres oîi sont décrits l'ablutionJ'afTusion, le drap mouillé ruisselant et le maillot humide.

Un malade déprimé peut trouver toutes sortes d'arguments à objecter à l'emploi de ce traitement. Le médecin doit, autant que possible, l'examiner avant, pendant, et après chaque opération, préciser l'état du pouls au moyen du sphygmographe, compter la respiration, déterminer par la recherche du dermographisme le degré des réactions capillaires de la peau ; il fera également, toutes les fois qu'il le pourra, un examen du sang au moven de l'hématocrite et de l'hémomètre. C'est ainsi, et seulement ainsi, que l'on peut se rendre compte exactement de l'effet produit par le traitement sur le malade; car ion ne peut habituellement s'en rapporter à celui-ci, et l'opinion de l'infirmier n'est pas toujours un guide bien sûr.

Striimpell recommande (et mes observations confirment les siennes) le bain de siège, en particulier pour les malades qui présentent des manifestations psychiques. Ma pratique habituelle consiste à relever, tout d'abord, la nutrition générale du malade, à l'aide des procédés indiqués ci-dessus, puis, lorsque ce résultat est obtenu, de prescrire des bains de siège à 90" F. (32,2° C), dont on abaisse chaque jour la température de un degré (0,o« G.), jusqu'à ce qu'elle soit à SO'' F. (26,6» C); ces bains durent de cinq à huit minutes ; ils comportent une bonne friction et se terminent par trois allusions sur le dos, faites avec de l'eau à 75° F. (23, 8o C), progressivement abaissée à 60" F. (15,5" C). En outre, on fait prendre trois fois par jour au malade un quart de litre d'eau bouillie froide, contenant une dose de lithine ou d'un autre alcalin. Deux ou trois fois par semaine, on soumet le malade à un lavage intestinal, qui entraîne les matières fécales et les gaz, qui désinfecte le tube digestif et accentue les bons effets de l'hydrothérapie. Sous l'influenee de cette pratique, l'aspect du malade subit souvent une transformation complète. (Voir la technique du lavage de l'intestin, page 367.)

Lorsque le traitement que nous venons d'exposer ne conduit pas le malade à la gaérison, on a recours à des méthodes hydriatriques plus énergiques, tout en réglant soigneusement

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le régime, le repos et Texerciee d'après les indications fournies par rétat du sujet. On administre, une ou deux fois par jour, uine douche générale, ou une douche spinale (douche de Charcot). C'est le meilleur moyen dont nous disposons pour réveiller l'énergie d'un malade inerte, pour stimuler les centres nerveux, pour ranimer l'activité cardiaque et augmenter les échanges organiques. (Voir Mode d'action de la douche, page 326.) On modifiera progressivement les caractères de la douche, en tenant compte de l'évolution diu cas, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la température la plus basse et à la pression la plus élevée de celles que le malade peut supporter sans inconvénient. Je suis souvent arrivé à amener le pouvoir réactionnel d'un malade à accepter une douche en jet à 40° F. (4,4° C), de vingt secondes, sous une pression de 2 1/3 atmosphères, ou une douche écossaise, le plus stimulant de tous les procédés. J'ai l'habitude de placer un instant le malade dans le bain d'air chaud avant la douche, afin d'augmenter son pouvoir réactionnel en dilatant les vaisseaux cutanés. Il en sort avant que la transpiration ne se soit établie. Une fois par semaine, on le laisse suer pendant cinq minutes, en vue d'accroître l'activité de ses échanges organiques. A sa sortie du bain de caisse, on lui administre une douche en cercles à 95° F. (So*^ C), progressivement abai.ssée à 85" F. (29, 5° C.),qui dure d'une demi-minute à une minute. Cette opération a pour but de rendre moins brutale l'application suivante, celle de la douche en éventail à 85° F. (29, 5» C), graduellement abaissée à 80" F. (26, 6" C), sous une pression de 1 1/3 atmosphère. On réduit chaque jour de un degré (0,5" C) la température de la douclie en éventail. L'opération terminée, on sèche rapidement le malade et on l'envoie se promener au grand air en lui ordonnant d'y rester jusqu'à ce qu'il éprouve quelque fatigue. Au bout d'une semaine, on fait suivre la douche en cercles d'une douche en éventail portant exclusivement sur le dos, que l'on administre, d'abord, à une température de 75" F. (23, 8" C), sous une pression de 1 1/3 atmosphère, pendant cinq secondes, puis en augmentant la pression et la durée, et en abaissant la température. On termine par une douche en éventail générale à 78" F. (25, 5" C.), dont on réduit chaque jour la température, et à laquelle on donne une pression de deux atmosphères et une durée de quinze seeondes. Enfin, on substitue à la douche en éventail appliquée sur le dos la douche en jet.

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Au commencement de la troisième semaine, s'il est évident que le traitement est proportionné au pouvoir réactionnel du malade on peut rédiger la prescription qu'il convient de faire de la façon suivante :

Bain d'air chaud, jusqu'à ce que la sueur apparaisse. Douche en cercles, sous pression de i 2 3 atmosphère à 9d°-80° F. (So"- 26,6" C), pendant une minute. Douche en jet sur le dos, deux atmosphères, 75" F. (23,8° C), température abaissée chaque jour d'un degré (0,.jo C), cinq secondes. Douche en éventail générale, deux atmosphères, 78° F. (25, 5° C), température abaissée chaque jour d'un degré (0,5° C), vingt secondes. Friction. Promenade d'allure modérée au grand air.

Comme les effets de cet entraînement neuro-vasculaire progressent d'un jour à l'autre, il est bon de faire des séances quotidiennes de traitement. Habituellement, on dispense les malades de la ville de s'y rendre le dimanche ; mais les malades étrangers àla ville, dont le séjour est limité, y sont appelés même ce jour-là.

A mesure que le pouvoir réactionnel du malade augmente, on écourte les frictions destinées à sécher celui-ci ; on se contente de l'essuyer légèrement et on le laisse s'habiller; il se livre ensuite à un exercice actif.

Les malades atteints de neurasthénie à forme dépressive, qui ont toujours eu une bonne nutrition, sont plus difficiles à guérir que les autres. On doit déterminer leur pouvoir réactionnel, en opérant comme il a été indiqué précédemment. Seulement, lorsqu'on applique à ces malades le maillot sec, il faut le laisser en place jusqu'à ce que la transpiration soit abondante, et favoriser celle-ci en leur administrant de l'eau froide en quantité. Ensuite, on découvre successivement les diverses régions du corps et on les sèche avec soin avant de commencer l'ablution (voir l'article Ablution). Les opérations ultérieures se font comme nous l'avons dit. On n'apporte à la technique qu'une seule modification : le malade reste à transpirer dans le bain d'air chaud de cinq à vingt minutes. Si cette méthode amène une diminution trop considérable du poids du sujet, on peut réduire la durée du bain d'air chaud, ou le supprimer, ou l'interrompre avant l'apparition de la sueur. On fait prendre au malade un quart de litre d'eau très chaude, trois fois par jour, une heui>e avant les repas et au moment du coucher. On le soumet, en outre, au lavage de l'intestin, que l'on pratique avec beaucoup de prudence et beaucoup de soin, après

avoir au préalable évacué les matières fécales au moyen d'un lavement.

2° Neurasthénie à forme irritable ou hyperesthésique.— Cette forme ne donne pas autant de résultats favorables, sous rintluence du traitement hydrothérapique, que la neurasthénie à forme dépressive. Nous devons, là encore, distinguer deux sortes de cas, suivant que les malades ont un bon état physique ou non. Les uns et les autres exigentun traitement très prudent. Le malade peut prétendre que le maillot sec « le rend fou », refuser de s'y laisser enfermer en affirmant qu'il « y cuirait ». C'est une difficulté que l'on rencontre fréquemment. On doit y remédier en pla';ant auprès du malade un infirmier ayant du calme et du sang-froid qui le rassure. Le bain d'ai chaud terrifie aussi un grand nombre de malades de cette caté gorie. On a beaucoup de peine à les persuader de se laisser enfermer dans la caisse; cependant, avec delà patience, et en leur montrant d'autres personnes dans les appareils voisins, on arrive à dissiper leurs craintes.

On se contente, chez les malades de ce genre, d'élever un peu la température cutanée avant de les soumettre à la douche en cercles à 95" F. (35° C). On administre cette douche sous une pression d'une atmosphère pendant une minute. On sèche ensuite les malades sans les frictionner et on leur prescrit de prendre une heure de repos après leur retour à leur domicile. Il est bien préférable qu'ils fassent, immédiatement après la douche, une promenade à allure modérée en plein air, plutôt que de rester au repos dans une chambre chauffée avant de retourner chez eux, où ils auront alors des chances de s'endormir facilement.

On abaisse chaque jour la température de la douche d'un degré (0, 5° C), jusqu'à ce qu'elle soit à 80" F. (26, G° C). Les pressions élevées et les températures basses ne sont pas tolérées parles malades dont nous nous occupons. La friction leur est beaucoup moins utile qu'à ceux de la première catégorie. Tout ce qu'ils peuvent supporter en plus, sans augmentation de leur excitabilité, c'est une douche en éventail, à une température de 79° F. (26° C), sous une pression de 1 1/3 atmosphère. L'élévation progressive de la pression est mieux supportée que l'abaissement de la température. Dans quelques cas, on peut appliquer sur le dos une douche en éventail à 75° F. (SS.SoC), d'une ou deux secondes, comme tonique, et la répéter plus

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souvent si elle est bien supportée. Dans les cas dont nous parlons, le trailement bydrolhérapique pratiqué au domicile du malade peut aggraver Tétai de celui-ci, s'il n'est pas appliqué par un infirmier expérimenté et s'il n'est pas l'objet d'une sur» veillance incessante du médecin.

Aux neurasthéniques hyperesthésiques qui ont une bonne nutrition, on peut prescrire, tout d'ai)ord,le demi-bain à 95° F. (30" C.) de dix minutes, dont on abaisse chaque jour la température d'un degré <0,o° C), jusqu'à ce qu'elle soit à 85o F. (29, 0 C.)- Les afTusions excitent ces malades; on ne leur en administrera donc pas, ou, si on le fait,on les donnera très douces et on n'en augmentera que progressivement l'énergie. Les bains de siège à 90" F. (32, 2" C.) de huit minutes sont utiles. On les fait prendre au moment du coucher; on tient les pieds du sujet au chaud, pendant qu'il se trouve dans le bain, et on chauffe les draps de son lit. On abaisse la température de l'eau chaque jour, plus ou moins, suivant la tolérance du malade. Il y a plus d'avantages à augmenter la durée du bain qu'à en réduire la température. Le traitement de ces malades est plein de difficultés; car on doit le faire progresser très lentement et y apporter constamment des modifications en tenant compte des effets qu'il produit sur ces individus émotifs. Ils en arrivent presque toujours à abandonner l'hydrothérapie, avant même qu'on ait eu le temps de déterminer quel mode de traitement leur convient, ainsi^ d'ailleurs, que beaucoup d'autres neurasthéniques.

Un procédé dont les effets sédatifs sont excellents est le bain prolongé h 100*' F. (37, 8» C). On lui donne d'abord une durée de dix minutes; puis on le prolonge chaque jour de quelques minutes, suivant le pouvoir réactionnel du malade {et non suivant les désirs de celui-ci) de façon à le faire durer une et même plusieurs heures. Le malade doit rester au repos une heure ou plus, après avoir été séché.

Une erreur fréquemment commise dans le traitement des neurasthéniques de tout genre consiste à céder aux sollicitations des malades, qui réclament un traitement local. Ils veulent des applications sur la tète pom' leurs céphalées, sur l'esl'omac pour leurs troubles dyspeptiques, sur la colonne vertébrale pour leurs douleurs rachidiennes, sur le périnée pour leur impuissance, etc. Les applications de ce genre fixent davantage leur attention sur les maux réels ou supposés qu'ils accusent et aggravent leur état. On doit leur déclarer nette-

ment qu'ils ont perdu leur équilibre nerveux, que les troubles qu'ils présentent ne sont que les manifestations de ce déficit, que le but du traitement est la restauration de l'énergie nerveuse, et qu'il doit être, par conséquent, un traitement g-énéral.

On peut faire une exception à celte règle, lorsque le malade est atteint de neurasthénie cardiaque, avec bradycardie ou tachycardie marquées, pouls faible, etc. Il est souvent utile, dans ce cas, d'employer le tube spiral réfrigérant (voir page 201), qu'on laisse en placé une demi-heure et qu'on enlève pour quinze minutes avant de l'appliquer de nouveau. Il arrive parfois que ce procédé produit des effets sédatifs si nets et un ralentissement du pouls si rapide, que le malade reprend mimédiatement confiance et cesse de redouter la maladie de cœur à laquelle il se croyait exposé. Mais la méthode qui convient peut-être le mieux au traitement de la neurasthénie cardiaque, dans lequel on doit éviter les pressions élevées et les températures basses, consiste dans lapplication du maillot iiumide à oO"-7Ûo F. (15,.'i'>-21,lo C.), que l'on fait suivre d'un demi-bain de cinq minutes à 80° F. (26,6«C.)-

3» Neurasthénie à forme intermédiaire. — Un grand nombre de cas de neurasl;hénie ne peuvent être rangés parmi les cas de forme dépressive, non plus que parmi ceux de forme excitable ; on peut les considérer comme appartenant à une forme intermédiaire ou mixte.

Les procédés qu'il est utile d'employer au début du traitement sont, comme dans les autres formes, l'ablution, l'affusion, le demi-bain. On peut recourir avec avantage au maillot humide à Goo-TO" F. (18, 3''-21, 1'' C.), que l'on fait suivre d'une affusion à To^-So^ F. (23, 8o-29,.jo C), ou d'une douche en cercles à 900 F. (32, go G/) d'une minute, et d'une douche en éventail à 8.5" F. (29, .j° C), dont on abaisse chaque jour la température, mais sans descendre au-dessous de 6U« F. (i.j, .5" C). Lorsque le cas à traiter tient plus de Tune des formes de la maladie que de l'autre, on peut appliquer, après le maillot humide, les procédés que nous avons indiqués à propos de chacune de ces deux formes. On peut aussi employer alternativement le maillot humide et le bain dair chaud avant d'administrer la douche.

Les expériences de Max Schiiller et les observations de Mary Puttnam Jacobi ont montré dune façon si nette l'action séda-

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tive du maillot humide sur la circulation cérébrale que nous pouvons établir sur une base physiologique certaine la thérapeutique que nous recommandons dans un grand nombre de cas de neurasthénie, en particulier dans ceux qui s'accompagnent d'agitation et d'insomnie.

Le maillot humide est un des moyens les pins efficaces de calmer le système nerveux, soit que l'irritabilité de celui-ci soit due à une augmentation essentielle de l'excitabilité réflexe, soit qu'elle soit en rapport avec une hyperémie de l'encéphale. L'afTaissement marqué de la substance cérébrale, la diminution nette du nombre des mouvements respiratoires etdes contractions cardiaques, l'afîaiblissement de l'excitabilité réflexe et de l'activité des centres nerveux, que l'on observe chez les lapins Irépanés soumis à l'action du maillot humide, représenlent les conditions essentielles qui doivent permettre aux fonctions psychiques de se calmer et au sommeil de s'établir. Ces conditions existent probablement aussi chez l'honmie, cjuand on lui applique le maillot humide. Le sommeil s'accompagne d'une diminution prononcée delà quantité de sang contenue dans les vaisseaux de l'encéphale ; aussi admet-on que ce dernier phénomène est la condition essentielle pour la production du sommeil. On peut s'expliquer ainsi pourquoi le maillot humide, administré correctement, est utile dans l'insomnie des neurasthéniques. Il est probable que l'insomnie dépend, dans la plupart des cas, d'une hyperémie anormale des cellules cérébrales, ou d'une instabilité vasculaire anormale, ou encore d'un fonctionnement plus ou moins défectueux de la nutrition des cellules cérébrales. 11 est probable aussi que, lorsque le malade cherche en vain à s'endormir, ces troubles vasculaires s'accentuent. Il réfléchit aux conséquences possibles de son insomnie, il se les exagère et il se laisse aller à appréhender toutes sortes de complications. Cet état mental augmente les troubles dont l'encéphale est le siège. Or, comme nous l'avons montré, le maillot luimide a pour efîet d'amener la sédation de ces troubles en diminuant l'action des excitations périphériques. La dépendance mutuelle dans laquelle se tiennent les fondions cérébrales et les organes dos sens est une chose bien connue; le bon fonctionnement des centres cérébraux est en rapport étroit avec l'intégrité du vaste réseau des nerfs sensitifs qui s'étend au-dessous de la surface de la peau. On doit probablement attribuer les modifications si nettes, qui se produisent dans l'état mental des personnes

atteintes de cécité ou de surdité, à ce fait que les excitations sensorielles ne sont pas perçues normalement par ces individus et ne déterminent pas dans le cerveau la formation d'images normales, en raison de l'activité insuffisante des organes des sens. Ne peut-il en être de même lorsque le fonctionnement des nerfs sensitifs de la peau se trouve réduit à une activité insuffisante? A l'influence que le maillot humide exerce sur les nerfs de la peau, s'ajoute la diminution de la masse sanguine contenue dans les vaisseaux de l'encéphale, phénomène que les expérimentateurs ont mis hors de doute- Le maillot humide metdoncen jeu deux ordres de phénomènes susceptibles de favoriser le sommeil. Le sommeil est habituellement la conséquence de l'épuisement ou de la fatigue des centres nerveux ; la diminution ou la suppression de l'aptitude de ceux-ci à recevoir des excitations facilite son établissement. Le maillot humide, en atténuant cette aptitude des centres nerveux, comme en diminuant l'apport du sang et des matériaux nutritifs à l'encéphale, amène un relâchement du système nerveux qui conduit au sommeil.

Les effets sédatifs du maillot humide peuvent être utilisés, non seulement pour amener le sommeil chez les malades, mais encore pour leur rendre leur équilibre nerveux général et pour activer chez eux les phénomènes de la nutrition (voir Mode d'action du maillot humide, page 166). On provoque à coup sûr des effets de ce genre, lorsqu'on fait suivre l'application du maillot humide de douches, en opérant, comme on l'a exposé plus haut, suivant les caractères particuliers de chaque cas.

Toutefois, la nécessité peut se faire sentir d'ajouter quelque autre procédé à celui-ci, afin de varier notre thérapeutique. Il importe surtout, dans le traitement de ces malades, de tenir compte des dispositions individuelles et d'éviter la routine.

On peut employer avec avantage, en outre des moyens que je viens d'indiquer, pour combattre l'insomnie, le bain de siège de courte durée, deux à quatre minutes, à la température de 80° F. (26, 6''C.), température que l'on réduit chaque nuit de deux degrés (1° C), jusqu'à ce qu'elle soit à 30^ F. (10° C). Le bain de siège détermine d'abord une hyperémie de l'encéphale ; mais, lorsqu'il a pris fin, la réaction amène une dilatation considérable de l'aire vasculaire abdominale qui supprime l'hyperémie cérébrale. On doit faire administrer le bain de siège par un infirmier expérimenté, qui aura soin de

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lui donner la température et la durée prescrites ; le médecin lui-même en surveillera l'exécution^ s'il veut en obtenir les meilleurs résultats. Le bain de siège a pour but d'augmenter le volume de la masse sanguine contenue dans le bassin et d'exercer une action sédative générale.

Un médecin, qui avait eu des insomnies pendant longtemps m'a fait connaître qu'il est arrivé, après avoir employé sans succès toutes sortes de médications, à retrouver le sommeil en pratiquant la méthode suivante : il plongeait alternativement chaque pied dans l'eau à la température de la chambre, pendant une ou plusieurs minutes, avant de se coucher, et il se mettait au lit sans se sécher les pieds.

Le bain chaud peut être utile aux neurasthéniques, à condition qu'on sèche rapidement le malade quand il en sort, et qu'on le mette aussitôt dans un lit préalablement chauffé. L'exposition à l'air d'une chambre, qui est habituellement à une température de TO'^ F. (21,1" C), d'un sujet qui vient de quitter un bain à lOO" F. (37, 8° C), amène une réaction qui neutralise les effets du bain chaud. Celui-ci produit une contraction des vaisseaux encéphaliques ; l'exposition à l'air les dilate de nouveau. C'est la raison pour laquelle le bain ciiaud donne si souvent desinsuccès dans letraitement de l'insomnie. Un procédé beaucoup plus sûr que ce dernier, et dont l'emploi se trouve justifié par les expériences de Schiiller, est la ceinture de Neptune. On l'imbibe d'eau à 65" F. (18,3" C), et on la recouvre d'une flanelle (voir page 183). Elle détermine, tout d'abord, unehyperémie de l'encéphale, à laquelle succède bientôt une anémie, qui s'établit lorsque la peau sous-jacente à la compresse commence k s'échauffer et à subir une A'aso-dilatation. On a également recommandé l'usage des compresses humides disposées autour des jambes. Les anciens hydropalhes conseillaient à leurs malades de mettre des chaussettes de laine imbibées d'eau froide et recouvertes de chaussettes de laine sèches. C'est un procédé que l'on emploie encore très fréquemment au Zimmerman Naturheilanstalt, à Chemnitz (Saxe).

Les méthodes que je viens de passer en revue ne sont pas les seules qui conviennent au traitement de la neurasthénie. Je les indique simplement pour donner une idée de ce que l'on peut demander à l'hydrothérapie dans cette maladie. Je m'en écarte moi-même volontiers, lorsque je trouve quelque raison de le faire, et je suis souvent satisfait du résultat des modifications que j'y apporte.

NELRASTIIENIE 0«/

Pour diriger convenablement le traitement hydrolhérapique d'un neurasthénique, comme d'un malade quelconque, il imporle surtout d'être familiarisé avec la technique et le mode d'action des procédés les plus utiles. Quand on a déterminé avec soin les indications Ihérapeulicjues d'un cas particulier, il est aisé de modifier les dilTérents procédés, de façon à leur donner des effets stimulants ou sédatifs, altérants, réducteurs ou perturbateurs. On doit approprier le traitement au malade avec encore plus de prudence dans la neurasthénie que dans les autres maladies, parce que les malades dont il s'agit se découragent facilement. Il m'est arrivé, assez souvent, de voir des malades, qui par ailleurs faisaient preuve d'intelligence, reî'user de continuer le traitement à la suite d'une première séance, bien qu'on eût fait usage de procédés très doux. Je trouve moins de difficultés à faire accepter le traitement à mes propres malades qu'à ceux qui me sont envoyés par des confrères, et à qui la description qu'on leur a faite du traitement donnent toutes sortes d'appréhensions. Ces malades redoutent le choc (?) que va leur faire éprouver de l'eau à 9.')'' F. {'V6'' C), un jet terrible (?) dont la pression s'élève à 2/3 d'atmosphère ; ils redoutent les frissons violents (?) que va leur causer le froid, et le rhume qui suivra ce traitement héroïque (?) — traitement que des centaines de femmes nerveuses affaiblies ont pu supporter sans penser à se plaindre.

Lorsque ces malades peuvent être amenés à poursuivre un traitement, ils arrivent à des résultats favorables; il faut donc ne pas se laisser influencer par leur opinion. Passer outre à leurs objections et à leurs craintes vaines, c'est leur imposer une discipline mentale qui leur est très utile.

Mes observations me donnent la certitude qu'on ne risque pas de nuire à ces malades, en refusant de prendre en considération leurs protestations. Sur cent mille séances de traitement, dont j'ai pu connaître les résultats, je puis à peine en relever cinquante qui aient eu des suites regrettables. Sur ce dernier nombre, j'en trouve une douzaine environ qui ont coïncidé avec le début d'un rhume. Ce nombre est infime, même s'il se rapporte en entier à des cas qui ont été la conséquence du traitement, ce qui est douteux. La réaction fournie par les malades est habituellement suffisante pour qu'ils se décident, sans hésitation et sans redouter des refroidissements, à obéir au conseil qu'on leur donne d'aller se promener en plein air après le traitement hydriatrique.

588 PRATIQUE DE l'hYDROTUÉRAPIE

Observations cliniques. — Parmi les nombreuses obserA-ations cliniques que je possède, j'en ai choisi quelques-unes qui peuvent servir de guide au médecin qui se propose de prescrire à un neurasthénique un traitement hydrothérapique, à suivre soit à domicile, soit dans un établissement spécial.

I. — Neurasthénie gastrique. — Traitement suivi par le malade à son domicile. — Miss W..., fille d'un médecin de TOhio, 23 ans, me fut adressée par le D"" Francke H. Bosworth, le rhinologiste bien connu. Elle fut amenée à mon cabinet par sa sœur; elle était pâle, émaciée, découragée; c'était l'image même du malheur et du désespoir. Elle était malade depuis trois ans ; elle avait commencé par avoir, au moment de ses règles, des défaillances, qui survenaient à la suite de douleurs violentes débutant dans la main droite pour s'irradier à travers le corps et se fixer dans la région épigastrique. Son père avait été amené à lui administrer pour ces douleurs de la morphine, durant un mois. Elle eut alors de l'intolérance gastrique qui persista depuis; elle avait des vomissements et rejetait presque la totalité de ses aliments, surtout les aliments solides. Les bains de mer ne lui avaient procuré aucune amélioration. Comme elle étudiait beaucoup, son état allait en s'aggravant. Elle ne vivait que de lait et de pâtes. On lui faisait régulièrement des lavages d'estomac, sans que son état s'en trouvât amélioré.

L'état de cette malade devint de plus en plus grave. Elle s'amaigrit beaucoup; elle ne prit, pendant un mois, que du lait peptonisé; elle le vomissait; elle ne pouvait pas davantage prendre de la viande. Elle s'alimenta avec des raisins, qu'elle aimait. Elle prit des toniques, de la pepsine, tous les médicaments que son père et son frère purent imaginer de lui donner, tout cela sans succès. On l'adressa au Dr Bosworth, qui est un ami de son frère. Ce médecin, après l'avoir soignée pendant trois semaines, ne constatant aucune amélioration, me l'envoya. Elle vomissait alors tous les jours.

La malade attribuait sa maladie à des leçons de peinture qui lui avaient demandé une grande application. Mais le début des troubles me parut avoir été en rapport avec l'impression qu'elle avait eue de l'apparition brusque d'une maladie mentale, chez une domestique à laquelle elle était très attachée depuis son enfance.

Je lui fis faire deux lavages d'estomac par semaine, afin de débarrasser l'organe du mucus et des produits de fermentations qu'il contenait; les sécrétions n'étaient pas très abondantes; elles disparurent après quelques lavages. On soumit la malade à une séance quotidienne de galvanisation générale. On lui administra chaque matin un drap mouillé à GOo F. (lo,ao C); elle se tenait debout dans de beau chaude ; le drap appliqué, on lui faisait trois afTusions avec de l'eau à 50o F. (tOo C.) ; après quoi on la séchait parfaitement et on l'envoyait au grand air. Sous l'influence de ce traitement

méthodique l'état de la malade s'améliora peu à peu ; les vomissements cessèrent complètement ; elle put partir pour le bord de la mer avec une amélioration notable. A son retour, elle vint me voir pour me dire que ses forces avaient augmenté et qu'elle se sentait tout à fait bien. Deux ans plus tard cette malade m'écrivit que, malgré des revers de fortune qui l'avaient obligé à donner des leçons pour gagner sa vie, elle était demeurée en parfaite santé, et que je ne la reconnaîtrais qu'avec peine si je la rencontrais.

II. — Neurasthénie, agoraphobie et insomnie. — Mme X..., HO ans, m'est envoyée le 16 avril 1895-, par le P"" A. A. Smith, qui me la présente comme un cas de neurasthénie invétérée, avec troubles gastriques.

En 1887, cette malade, à la suite d'une longue promenade, a été prise brusquement de troubles bizarres. Sa vue se troubla et son acuité auditive diminua; elle eut de la difficulté à parler, et elle éprouva des palpitations violentes. Elle crut qu'elle allait mourir. Jusqu'alors elle n'avait jamais été malade. Elle resta deux semaines au lit. Les accidents se reproduisirent. Elle consulta pour une affection de la gorge le Dr R. P. Lincoln, qui la traita pendant longtemps. Puis elle demanda les soins du D'" A. A. Smith, à l'occasion d'une indigestion grave.

Le D'' Smith lui lit un lavage d'estomac ; il ne trouva dans l'organe aucune matière alimentaire; il n'en retira qu'un peu de mucus, parfaitement limpide et transparent, avec une très petite quantité d'écume. L'état de la malade s'améliora après ce lavage et sous l'influence du traitement ; mais les troubles nerveux ne cessèrent pas complètement. Elle avait peur de circuler seule dans la rue ou dans la maison, et elle éprouvait très souvent des palpitations. Elle ne pouvait aller au théâtre, non plus qu'à l'église, ou en quelque autre endroit, sans être exténuée de fatigue; elle était incapable d'aller dans la rue sans être accompagnée. Cela durait depuis plusieurs années. Le Dr Smith finit par l'envoyer à l'étranger. Elle voyagea pendant six mois. Elle se rendit à Schwalbacli, où elle prit des bains ferrugineux et but des eaux pendant près de quatre semaines; son état s'amélioi'a d'une façon étonnante, pour quelque temps. Son appétit était satisfaisant; elle dormait bien; elle engraissait; elle se sentait presque en meilleure santé que jamais. Tout à coup, elle fut prise, de nouveau, de ses troubles nerveux, qui continuèrent à récidiver pendant le reste de son séjour en Europe. Elle maigrit, perdit le sommeil et l'appétit.

Lorsqu'elle revint à S'e\v-York,le D"" Smith lui fit encore un lavage de l'estomac, qui donna les mêmes résultats satisfaisants que le premier.

La malade essaya ensuite d'un traitement mécanothérapique par les appareils Zander, qu'elle suivit pendant deux mois. Ce traite-

590 PRATIQUE DE l'h YDROTHÉBAPIE

ment parut d'abord la fatiguer beaucoup; cependant il lui sembla qu'elle en obtenait quelque amélioration.

Elle n'eût pas beaucoup à souffrir jusqu'à l'hiver dei-nier. A cette époque, elle contracta une grippe, qui ramena les accidents nerveux, qui furent dès loi'S très pénibles, tout à fait rebelles au traitement et enlevèrent toute activité à la malade.

Etat actuel. — La malade accuse les troubles que nous avons indiqués ci-dessus. Elle est grande, maigre, brune, les organes sont sains.

Elle ne présente aucun symptôme objectif; elle manifeste seulement une indocilité, que, remplace, par intervalles, un calme exagéré, et elle exprime des sentiments pessimistes, qui semblent justifiés par son état antérieur. Elle se plaint de ne pas dormir, d'avoir perdu l'appétit; elle a de l'agoraphobie ; elle n'a pas d'hypocondrie.

On entreprend, le 18 avril I8O0, un traitement hydrothérapique, que l'on commence en déterminant le pouvoir réactionnel de la malade. On la soumet au traitement préparatoire habituel, bain d'air chaud interrompu avant l'apparition de la sueur, douche en cercles à y5"F. (So^C), abaissée à 90oF.(32,"2°G.), sous une pression de 1 13 atmosphère, pendant une minute, douche en éventail, de 90° à 85oF. (32,2'' à 29,aoC.), sous une même pression, pendant une demi-minute; friction assez énergique, quand la malade a été séchée, gymnastique suédoise surles extrémités, massage-effleurage du tronc pendant dix minutes. On opère de la sorte pendant quatre jours; puis on porte la pression des douches à 1 2/3 atmosphère; on donne la douche eu éventail à 85°F. (29,ooC.), et on en abaisse la température d'un degi^é (0,3° G.) par jour, cinq jours de suite. Les règles surviennent. Le 5 mai on reprend le traitement. On administre le bain d'air chaud et la douche en cercles de la même façon que précédemment; on donne la douche en éventail en abaissant la température de 800 à 78oF. (29,0° à 2d,ooC.) pendant une demiminute, puis a 78"F.;on réduit cette température d'un degré (0,5oC.) par jour.

10 mai. On administre à la malade, pour trois douches en éventail, une douche en jet, d'une minute, à 73oF. (22,7oC.). Comme la réaction est bonne et que l'état de la malade s'améliore, on élève la pression à deux atmosphères.

20 mai. La malade est trop nerveuse pour se rendre à l'établissement hydrothérapique; on lui donne, chez elle, un maillot sec de quinze minutes, puis une ablution à 600F. (18,3oC.), et on lui fait un massage général de dix minutes. Elle suit ce traitement pendant trois jours.

27 mai. Comme la malade n'obtient plus aucune amélioration de son état, on lui prescrit un bain de siège de six minutes à 85oF. (29,")OC.), suivi d'une douche en éventail de vingt secondes à ()0°F. (15,:joC.). Elle a une crise d'hystérie à la suite de la séance. Pour

rsELRASTHÉME 591

remplacer le bain d'air chaud, qui l'efTraie, on soumet la malade au maillot sec, que l'on interrompt avant l'apparition de la sueur; après quoi on lui administre une douche en cercles à OO^F. (3:2,2°C.), et une douche en éventail à Ga^F. (18, 3oC.), durant en tout une minute. (Le maillot humide est un excellent procédé qui peut remplacer le bain de caisse, quand on traite un malade à domicile ou quand le malade est pusillanime.)

29 mai. L'état de la malade est moins bon. Elle se plaint de douleurs très vives dans les ovaires et dans la tète. Elle est déprimée.

30 juin. On a continué le même traitement, en y ajoutant une douche écossaise sur la parti» supérieure de la colonne vertébrale et sur l'épigastre, et en abaissant la température de la douche en éventail à oOoF. (iOoC), afin de la rendre plus stimulante. Actuellement,la malade est entièi'ement rétablie etpeut partira la campagne.

4 mai 1896. La malade nous est revenue alla de faire une cure qui la fortifiera avant la venue de l'été. Elle déclare tju'elle se porte très bien. Elle n'éprouve plus aucune appi'éhension. Le sommeil, parfois, n'i'St pas satisfaisant. On la soumet de nouveau au traitement préparatoire, comportant une douche écossaise sur l'abdomen, qu'elle considère comme l'élément le plus utile de son traitement, car cette douche diminue le météorisme dont elle souffre.

31 mai. La malade se plaint encore quelquefois d'avoir de l'insomnie. On lui prescrit un maillot humide à G9ûF. (20,3o C.),d"une durée de quarante minutes, suivi d'une douche en cercles d'une minute, abaissée de 95° à 90''F. (35" à 32, 2oG.), et d'une douche en éventail d'une minute à 09oF. (20,5° G.); un jour sui' deux on remplace le maillot humide par un bain d'air chaud.

29 juin. L'état de la malade s'est amélioré régulièrement sous l'inlluence du traitement. Elle s'en retourne chez elle aujourd'hui, guérie.

Cette malade est restée en bonne santé depuis deux ans.

III. — Neurasthénie à forme psfjchopathiqice. — M™^ Z...,de San-Francisco; 40 ans; quatre enfants; est restée en bonne santé pendant dix-huit ans. Est malade depuis la naissance de son dernier enfant, c'est-à-dire depuis sept ans. A cette époque, comme son mari était très gravement malade, elle fut obligée de beaucoup se surmener. En 1893 elle se rendit à TExposition de Chicago, où elle conduisait plusieurs amis. Elle se trouva tout à coup incapable d'y continuer son séjour et dut s'en retourner chez elle. Pendant les trois années jiii suivirent, elle passa une grande partie de son temps hors de rhezelle à cause de son état nerveux. Puis elle dut aller au Japon pour la santé de son mari. Elle ne peut « s'expliquer la grande dépression qu'elle éprouvait, durant son séjour dans ce pays intéressant; elle tremblait constamment à la pensée de reprendre son rôle dans l'existence, car elle doutait toujours d'elle-même ».A son

59i PRATIQUE DE l'uYDROTHÉRAPIE

retour en Amérique, au mois d'octobre i89o, elle était, pour employer ses propres expressions, « négligente, oublieuse, indifférente à tout, irritable, agitée, instable à un degré inquiétant ». Ses occupations habituelles lui « devenaient une charge », « il lui était impossible de prendre aucune décision, même au sujet d'une action banale». Elle entreprit de faire à domicile une cure de repos, qu'elle interrompit lorsqu'elle reconnut la nécessité de se faire traiter dans une maison de santé privée. Elle était nerveuse, angoissée, mécontente sans cause; elle sentait qu'elle n'était utile à jiersonne, qu'elle était importune à ses proches, aux personnes qui lui étaient le plus chères, et elle désirait, par conséquent, vivre loin d'elles. Elle « passa toute une année sans éprouver aucun sentiment d'am])ition maternelle, sans s'intéresser à quoi que ce fût ». On lui faisait du massage, on lui donnait un bain de vapeur et une douche en pluie trois fois par semaine. « Elle vivait en se traînant misérablement, ayant abdiqué toute autorité dans son intérieur. »

Lorsqu'elle fut revenue chez elle, elle eut à subir des souffrances indicibles. Elle avait de l'insomnie, comme elle en avait toujours eu depuis le début de sa maladie. Elle avait, de nouveau, des impulsions à quitter son domicile, pour se rendre chez des amis. On lui fit un curettage de l'utérus. Elle éprouva une certaine amélioration de son état, qui persista jusqu'au jour où elle quitta le lit. A ce mo- •iTfient, elle fut reprise par « ses doutes, ses craintes, ses scrupules ; elle se sentit complètement désemparée ». La diminution de son acuité auditive, qui s'était accentuée, ajoutait encore à sa dépression morale. Elle vint alors à New-York.

0 octobre 1897. Mme D... vient me trouver alin d'essayer, comme d'une dernière ressource, d'un traitement hydrothérapique méthodique. Elle me déclare qu'elle « a passé la dernière année de son exist-ence dans l'oisiveté, redoutant le lever du soleil le matin et l'arrivée de la nuit le soir ; la pensée de son mari et de son enfant qu'elle abandonnait la rendait folle; le chagrin avait banni la tranquillité de sa vie; l'irrésolution était sa perte ». Cette malade ne présente aucune affection organique. Elle pèse, nue, 48 kg. 500; ses fonctions de nutrition son très insuffisantes; son appétit est médiocre; son sommeil imparfait. On lui prescrit un régime, on règle avec soin l'exercice et le repos et on institue un traitement hydrothérapique progressif. La malade est conliée à une infirmière spéciale.

7 octobre. Une douche préparatoire abaissée de 9l)0 à 8d°F. (de 35° à29,u''G.) détermine une crise d'hystérie.

20 octobre. La malade s'habitue peu à peu au traitement. Elle prend chaque jour une douche en cercles, de 9;jo à 90°F. (de So» à 32,2''C.), d'une minute, suivie d'une douche de Charcot (en éventail), à 78oF. (2a,5"G.), de dix secondes. Son poids augmente de 1 kg. 400.

L'élat mental n'est pas satisfaisant. L'infirmière soupçonne la malade d'avoir des idées de suicide.

22 octobre. La malade a perdu cinq cents grammes, et ce fait Ta beaucoup attristée. On lui prescrit un bain de siège à 8"JoF. (29,>C.), de cinq minutes, suivi d'une douche en éventail sur le dos à 78°F. (2o,;J'3C.), de dix secondes, dont on abaisse chaque jour la temp('ralure de un degré (0,5°G.).

13 novembre. La malade prend toujours un bain de siège, auquel on fait succéder une douche en éventail à 74oF. (23,3°C.), de dix secondes. Elle a augmenté de 1 kg. 800, mais n'en exprime aucune satisfaction. Elle est très découragée; elle soupire; son irrésolution est extrême.

28 novembre. Bain de siège à SooF. {20,Y)°C.), de huit minutes, suivi d'une douche en jet sur le dos à 65°F. (18,3oC.), de quinze secondes, et d'une douche en éventail à TOoF. (2l,l°C.), de dix secondes. La malade a perdu 900 grammes; elle en est très affectée.

5 décembre. On continue le même traitement, en abaissant la température de la douche et en augmentant la durée de celle-ci. Aujourd'hui, la malade a pris une douche en jet sur le dos à oS^F. (14,iJoC.), de vingt-deux secondes, et une douche générale en éventail à GiioF. (18,3"C.), de dix secondes. Le poids de la malade a augmenté de 1 kg. 3'JO, mais elle est restée indifférente à cet événement.

12 décembre. La malade a pris 900 grammes, ce qui fait une augmentation totale de 3 kg. 400. L'état mental est meilleur. La malade aperçoit « une lueur d'espoir ».

On donne alternativement un bain de siège et un bain d'air chaud, pour stimuler les échanges organiques. Les urines deviennent rares; les urates et les phosphates augmentent.

1er janvier 1898. L'état de la malade ne s'est pas amélioré sous l'influence de ce traitement. Elle perd 1 kg. 350, et s'en attriste beaucoup.

2o janvier. On a persisté à soumettre la malade à un traitement liydriatrique régulier. On lui donne aujourd'hui un bain de siège à S5oF. (29.ÎÎOC.), de sept minutes, suivi d'une douche en jet. Elle pèse ol kg. 400; elle a donc gagné 2 kg. 900. Son état général est satisfaisant; elle a bon aspect; son état mental s'est bien amélioré. Elle manifeste encore un certain sentiment de tristesse. Cependant, je crois pouvoir la renvoyer chez elle en recommandant à son mari de l'obliger à s'occuper.

8 juin. J'ai eu souvent des nouvelles de M'^'^ D. . Elle est tout à fait transformée. Elle est gaie, active; elle ce anime toute sa maison >).

Cet excellent résultat doit être rapporté, à mon avis, à l'inlluence d'un traitement hydrothérapique convenable sur la nutrition du système nerveux central. La suggestion n'y est pour rien : la malade, encore à l'heure actuelle, n'attribue en rien à ce traitement le changement qui est survenu dans son état.

Barucii. — Hydrothérapie. 38

594 PRATIQUE DE l'uYDROTHÉRAPIE

Conclusion. — ■ Mon expérience personnelle m'a amené à penser que, si un grand nombre de cas de neurasthénie peuyent être traités avec succès sans intervention d'hydrothérapie, les applications hydriatriques employées dans les formes bénignes de cette maladie ont certainement pour effet de hâter la guérison. Si le malade ne peut avoir un traitement hydrothérapique convenable dans l'endroit où il réside, et s'il ne trouve pas. dans sa famille, une personne à qui le médecin puisse apprendre à appliquer les procédés les plus simples, il vaut mieux qu'il se passe d'hydrothérapie. C'est dans la neurasthénie, plus que dans aucune autre maladie, que l'hydrothérapie doit être considérée comme une arme à deux tranchants.

Toutes les fois que le malade peut se faire traiter dans un établissement spécial, c'est la solution qui doit être préférée; car le traitement sera appliqué avec plus d'habileté et plus de discernement, comme l'a dit le D"" Draper. Un autre avantage de la cure que le malade fait dans un établissement spécial, c'est qu'elle le soustrait pour quelques heures, quelques jours, ou quelques mois.aux impressions qui lui viennent d'un milieu dont l'influence est défavorable. C'est ainsi que beaucoup de cas, sur lesquels la thérapeutique a été jusque là impuissante, arrivent à la guérison, alors même que le temps consacré à son traitement ne prend au malade qu'une partie de sa journée.

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