Sciatique
pratique alors Télongation du nerf sciatique sous chloroforme ; mais cette opération ne donne pas de résultat durable. Comme le
(Il Dans un compte-rendu de la première édition île cet ouvraee, on a commenté avec scepticisme l'observation que nous citons. Or, un'^cas que nous ayons récemment observé à VHydrot/ierapeulic Institufe de Coliimhia Iniversihj. présente presque exactement Jes mêmes particularités <jue celui de Pospiscld. Le malade avait, mais à un desre très exaaérê, J attitude que prend habituellement le sujet dans les scia^tiijues violentes. Le résultat du traitement fut également très satisfaisant dans notre cas
i.a première douche de vapeur écossaise permit au malade de se rendre à roit, jusqu'à sa cabine. Son état continua à s'améliorer:
au iiout de quatre semaines, il était pueri et nous quittait ; antérieurement il s était soigné en vain pendant six mois, en suivant une autre méthode. Les D". Cleghorn et Wittson, dans un travail fait sous la direction du Dr Shrady, chef de clinique, ont rapporté plusieurs autres cas puis ou moins graves, i^uéris par rhvdrolhéropie, aiirès l'échec d'autres traitements. ' i > i
pouvoir réactionnel du malade est faible, on commence par lui administrer des ablutions à 18" G., jusqu'à Mo G., afin de préparer sa jieau à supporter la pièce de résistance de la thérapeutique de la sciatique, la douche écossaise. Mais la réaction reste médiocre, jusqu'au jour où l'on emploie de l'eau beaucoup plus froide tout en exécutant des frictions énergiques sur les régions non douloureuses du corps. Ces frictions avec de l'eau froide produisent des effets sédatifs et réparateurs, qui permettent de sevrer le malade de morphine sans trop de difliculté. On lui administre alors la douche écossaise. Au préalable on le soumet à une douche en pluie de dix secondes à 30° G., afin de préparer la peau à subir réchauffement général que produit la vapeur. La douche de vapeur est donnée à une température de 49o G. environ, sur la totalité du corps, mais en insistant sur les régions douloureuses. On administre ensuite une douche en éventail à 9° G., de trois ou quatre secondes, sur tout h^ corps et particulièrement sur ces mêmes régions. Ges applications chaudes et froides, qu'on fait alterner trois ou quatre fois, déterminent une hyperémie intense de la peau. On expose alors le sujet à une douche en pluie à 9» G. pendant trois secondes, on le sèche rapidement et on l'emmène au dehors pour le mettre au soleil. On soumet le malade à ce massage thermique trois fois par semaine ; les autres jours, on lui administre une douche froide en éventail de quinze secondes, qui produit une réaction presque aussi énergique que la douche écossaise.
On prescrit, en même temps, un lavage de l'intestin chaque jour, auquel on emploie un demi-litre d'eau contenant un peu de sel, à une température de 2'.)° G. ; on pratique ce lavage tous les jours, jiendant six semaines, même les jours où le malade va à la selle, alin qu'il ne reste pas de scybales dans l'intestin.
Un des éléments les plus importants du traitement consiste en l'application de compresses humides sur Je tronc (ceinture de Neptune) et sur la région douloureuse, compresses que l'on recouvre avec soin d'une flanelle sèche. Au bout d'une semaine, l'état du malade est assez satisfaisant pour qu'on puisse lui faire prendre des demi-bains à 25», 27° G., de trois ou quatre minutes, qui le calment et lui permettent de s'endormir. Deux semaines après, on le laisse dans un maillot humide pendant trois quarts d'heure avant de lui donner son demi-bain.
La deuxième ligure [b) montre le résultat obtenu après huit semaines de traitement. La sciatique est guérie, et la déformation s'est corrigée; le malade semble plein de force, et on ne trouve plus trace d'une infiltration tuberculeuse dont on avait précédemment constaté l'existence au sommet du poumon droit.
Le malade est resté en traitement deux mois et demi. Son observation montre le parti que l'on peut tirer de l'hydrothérapie, dans des cas où tous les autres modes de traitement ont échoué.
602 PRATIQUE DE l'hydrothérapie
Buxbaum (1), de Tienne, a publié quatre cas de sciatiqucr qui ont été traités sans succès par l'hydrothérapie. Nous citerons une de ces observations.
Observation I. — Homme de 38 ans; sonfîre depuis huit mois; a une scoliose lombaire ; garde une attitude penche'e à droite et en avant: il ne peut se mouvoir sans douleurs cxcruciantes; on l'a soumis au traitement classique. On lui administre une douche en pluie de courte durée (la température n'en est pas indiquée), puis une douche de vapeur à 50^ C. sur la région douloureuse pendant une minute. On lui donne ensuite une douche en éventail froide sur les extrémités. On fait alterner plusieurs fois, pendant cinq ou six minutes, la douche de vapeur et la douche froide en éventail; on termine par une douche en pluie froide de courte durée. Ce traitement, continué plusieurs semaines, ne donne aucun résultat.
Buxbaum rapporte encore trois observations, dans lesquelles les résultats du traitement ont été favorables. Nous les reproduisons en les résumant brièvement.
Observation II. — Homme de 27 ans. Est atteint de sciatique depuis trois ans. A été traité de toutes façons, au moyen de liniments, du massage, de l'électricité, de bains sulfureux, etc. On lui donne chaque jour une douche écossaise, en employant alternativement la vapeur et l'eau froide. Il en éprouve, dès le début du traitement, quelque soulagement. Au bout de quatorze jours, on le renvoie guéri. Il se trouve encore en bonne santé deux mois plus tard.
Observation III. — Homme de 34 ans; sciatique datant de six mois; a été constamment en traitement, a pris, notamment, des bains turcs tous les deux jours pendant trois mois. On lui donne une douche écossaise tous les jours, au bout de huit jours il est entièrement guéri.
Observation IV. — Homme de 39 ans, ingénieur des Chemins de fer ; malade depuis six ans ; se fait des injections de morphine et se traite suivant les méthodes classiques. Il ne peut venir à la clinique qu un jour sur trois, jjour recevoir une douche écossaise. On lui prescrit en outre d'appliquer sur le membre malade, pour la nuit, une compresse froide, et de prendre une ahlution froide le matin. Au bout de trois semaines, il est complètement guéri.
Buxbaum prétend que l'on peut souvent guérir les sciatiques ■de date récente, en une ou plusieurs séances de douche écos-
(1) Jilâtler filr hlinisclie I/i/drolherapie, avril 1894.
saise, et que l'hydrothérapie peut être mise au nombre des médications antinévralgiques les plus efficaces. Je suis tout à fait de son avis sur ce point.
Borischpolosky (1) a publié trente-deux cas de sciatique traités par la douche écossaise; sur ce nombre, il eut vingttrois guérisons et sept améliorations. Cet auteur attribue ces résultats à ce que l'action thermique et m.écanique de la douche favorise la nutrition et les échanges organiques dans les nerfs malades.
Le Di- Julius Fodor, dans son rapport sur le service hydrothérapique de la Polyclinique de l'Université de Vienne pour l'année 1893, mentionnetrente cas de sciatique, qui ont donné vingt-quatre guérisons et six améliorations.
J'ai vu appliquer, dans le service hydrothérapique de l'Hôpital de la Charité (Berlin), une méthode de traitement de la sciatique qui mérite d'être suivie. Brieger, Krebs, Laqueur (2), qui 1 ont employée dans un grand nombre de cas, vantent ses excellents résultats.
On plonge le malade dans une grande baignoire remplie d'eau à 100«-104o F.(37,8''-40° C.),Onlui fait mouvoir lentement son membre douloureux, dans la mesure du possible, et suivant tous les sens dans lesquels il se produit de la douleur. Ce bain quotidien dure une heure ou plus. C'est un assistant, le plus souvent un médecin, qui fait exécuter, pendant le bain, des mouvements actifs et passifs au malade, et qui pratique, après le bain, un léger massage surla région du nerf sciatique. Brieger (3) recommande également la douche de vapeur, suivie d'une douche froide (5" à 15'^ C), la première durant de une à trois minutes, la seconde de dix à quinze secondes. Le traitement dure de quelques semaines à trois mois. Habituellement, une amélioration se manifeste dès le début, même lorsque latïection a été traitée sans succès par d'autres procédés thérapeutiques. Sur vingt-quatre cas de névralgie cités par l'auteur, un seul ne put être guéri (il s'agissait d'un malada atteint de tuberculose).
Sommer (i) a publié les dernières statistiques donnant les résultats de la méthode de Briesrer. Cette méthode amène la
(1) Wralsch, 1890, n° 17.
(2| Zei/schrif't fiir physi/.alische und diàletische Thérapie, von Lej'den, GoldscheitlerumJ Jacob, 190^. p. 48.
(3) Deutsche méd. Wochenschv., 12 mars 1902.
(4) Loc. cit.. 1906, a» 9.
604 PRATIOLE DE l' HYDROTHÉRAPIE
guérison dans 80 à 90 pour cent des cas. Sommer conseille, très justement, de moditler la technique suivant les particularités de chaque cas. Les mouvements passifs exécutés dans le bain chaud sont très utiles; mais lorsqu'il s'agit de rhumatisme au début, on doit s'abstenir de faire du massage. Lorsque l'état du malade a commencé à saméliorer, Sommer conseille de recourir à la douche.
Conclusion. — Les observations cliniques que nous avons citées, d'après Winternitz, Buxbaum.Brieger, et d'autres, permettent au lecteur de se faire une idée des procédés employés par différents hydrothérapeutes. Il est regrettable qu'on ne puisse trouver des observations de cet ordre, dans les travaux publiés par nos hôpitaux et nos cliniques. La raison de cette lacune est la suivante. Nos manuels, (juand il s'agit de douches, de maillots, de bains d'air chaud, se contentent de mentionner le procédé employé, au lieu de fournir, au sujet de son application, les renseignements qu'ils donnent, lorsqu'il est question de l'emploi des salicylates, de l'électricité, de l'élongation du nerf, des vésicatoires, des cautérisations, etc. Le praticien, qui n'a pas acquis une connaissance spéciale des méthodes hydrothérapiques, n'y prêle pas attention, et laisse son malade tomber aux mains de charlatans, empiriques ou médicaux, au lieu de le soumettre à un traitement qui, comme on a pu le voir, donne les résultais les plus satisfaisants.
Je répéterai, à propos de la sciatique, la remarque que j'ai formulée déjà au sujet d'autres maladies. On doit toujours avoir présents à l'esprit les principes d'une méthode thérapeutique lorsqu'on l'applique à un malade. Cette règle est encore plus importante en hydrothérapie qu'ailleurs.
C'est dans les scialiques de date récente, habituellement si rebelles à toute médication, que l'hydrothérapie donne les résultats les plus ])rillants. 11 est très peu de cas récents, qui mii s'améliorent, quand on les soumet quotidiennement au maillot sec suivi de fomentations chaudes sur la région douloureuse, puis d'une ablution ou dune douche en cercles et d'une douche en éventail à SO'^-GO" (26.«5''-L'),u*' C). On peut contester l'utilité de l'hydrothérapie quand il s'agit de scialiques durant depuis longtemps; car, un grand nombre de cas guérissent, plus ou moins lentement, en dehors de tout traitement et il est permis de supposer, alors, que le temps a été la condition de la guérison. Cependant, môme dans les cas de ce
genre, l'amélioration obtenue, malgré la gravité de l'affection au moyen d'un traitement hydrothérapique bien choisi, est très nette et très rapide; aussi certains hydroHiérapeutes considèrent-ils qu'il est indiqué de modifier ou d'abandonner le procédé employé, lorsque celui-ci ne donne pas de résultat immédiat. Dans les névralgies autres que la sciatique, l'hydrothérapie donne des résultats analogues, moins brillants, il est vrai, mais, néanmoins, bien plus remarquables que ceux que l'on obtient par la médication chimique seule.