‹ La pratique de l'hydrothérapieChapitre 77 sur 105 · RHUMATISME CHRONIQUE ET GOITTE · texte numérisé non relu

RHUMATISME CHRONIQUE ET GOITTE

sent sur les nerfs moteurs. Seules, les substances qui ont le pouvoir de stimuler les nerfs de la peau, comme les sels en solution assez concentrée, et le gaz carbonique ajoutent quelque chose à l'action de la température. Les autres substances minérales n'ont aucune action sur la peau, et, comme on l'a montré, elles ne sont pas susceptibles de pénétrer dans l'organisme à travers le revêtement cutané. Ce sont là des notions basées sur des expériences exactes, qui doivent se substituer aux idées que le monde médical a tenues pour vraies pendant longtemps. Ces notions nouvelles finiront par amener les médecins à avoir recours plus souvent à l'action tliermique et mécanique de l'eau pure.

Si les médecins étudiaient mieux la façon de procéder de ceux de leurs confrères qui se sont consacrés à l'étude et à l'utilisation thérapeutique des eaux minérales, ils se familiariseraient avec des faits et des méthodes dont la connaissance leur permettrait ensuite d'obtenir des résultats équivalents dans leur propre pays. Ils pourraient ainsi rendre service à certains malades qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas se rendre dans des stations thermales.il reste entendu, d'ailleurs, que les sources naturelles d'eau très chaude constituent les meilleurs agents thérapeutiques à opposer au rhumatisme chronique et à la goutte.

Aux malades rhumatisants et goutteux qui présentent un bon aspect général, on prescrira avec avantage des bains très chauds, suivis de sudation dans des couvertures. Cette pratique peut être répétée chaque jour, si le médecin le juge à propos. Pendant l'intervalle des bains, on peut laisser, sur les articulations douloureuses ou enflées, des compresses humides, que l'on a imbibées d'eau à Gr")"^ F. {iS, 3" C.) et recouvertes d'une tlanelle ou d'ouate, jusqu'à ce qu'elles soient sèches. On peut aussi en laisser pendant la nuit. Un traitement de ce genre peut être suivi par le malade à son domicile.

Lorsque l'état subaigu a pris fin, il est bon d'employer le bain dair chaud: on y laisse le malade transpirer pendant cinq à quinze minutes, puis on lui administre unedouche en cercles débutant à 100° F. (37, 8° C), et s'abaissant progressivement à 90° F. (32, 2° C), d'une durée d'une ou deux minutes, sous une pression de 1 2 3 atmosphère; enfin on lui donne une douche écossaise énergique de quinze secondes sur les articulations. Cette méthode active considérablement l'élimination des rési-

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dus des échanges organiques, lorsque le malade s'y soumet tous les jours, ou au moins trois fois par semaine.

La. douche écossaise accélère, en outre, la résorption des exsudats articulaires.

Plutôt que d'exposer en détail les résultats de mon expérience personnelle, je préfère rapporter les opinions émises sur l'eflicacité du traitement hydriatrique dans le rhumatisme chronique par des observateurs qui ne sont pas des hydrothérapeules.

Le professeurMaxSchuller(l)a communiqué au XXI^ Congrès de Chirurgie sa manière de voir sur ce sujet. Il reconnaît l'utilité du régime et l'iniluence des conditions climatologiques, mais prétend n'avoir obtenu aucun résultat avec Tiodure de potassium et le mercure. Il a surtout recours au massage des muscles (non des articulations), associé aux bains. C'est la sudation provoquée par un enveloppement dans des couvertures de laine, et suivie d'une friction avec de leau froide, qui lui a donné les succès les plus remarquables. La plupart des malades auxquels il appliquait ce traitement avaient été se soigner, plusieurs années de suite, dans diverses stations thermales. Parmi les procédés hydriafriques, la douche écossaise est celui qui lui a donné les résultats les plus brillants dans le traitement de cette affection rebelle quest le rhumatisme chronique.

« La douche écossaise consiste en un jet dont la température passe rapidement du chaud au froid; le jet a environ le volume du petit doigt, et la pression de l'eau varie constamment. Cette douche n'est pas aussi connue qu'elle devrait l'être, dit le DiSchiiller; je ne l'ai pas trouvée dans un certain nombre des établissements que j'ai visités. On en vérifie les bons effets, en constatant qu'elle rend leur souplesse aux capsules articulaires épaissies et leur force aux muscles. On doit toujours administrer la douche après avoir fait prendre au malade un bain chaud, on donne souvent les bains chauds à une température trop élevée dans les établissements de bains.

« La douche écossaise présente encore d'autres avantages: on peut en régler très facilement la température; les malades faibles la supportent bien; surtout, elle produit, en outre de son action thermique, une action mécanique sur les vaisseaux et les muscles. Ce mode de traitement amène d'ordinaire rapidement une diminution des douleurs articulaires et une

{\) Laiirjenbeck's Archiv., lîd, XLV, 41.

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