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RHUMATISME CBRONIQUE ET GOUTTE

tentainsientre les mainscrun personnel auxmanières assezbrutales, qui est surtout habitué à traiter des gens solides, robustes et sains, des pléthoriques ou des obèses qui cherchent à perdre de leur tour de taille, individus qui peuvent supporter facilement les manipulations les plus énergiques.

D;wis les cas que nous avons rangés dans nos troisième et quatrième groupes, il est sage d'agir avec prudence. On commencera par mettre le malade dans un maillot sec, afln d'accumuler du calorique à sa surface ; puis on lui administrera une ablution rapide ; on emploiera au début de l'eau à 90° F. (32, 2" C), puis de l'eau de plus en plus froide, jusqu'à ce qu'on ait atteint la température de 60° F. (15, 5" C). Lorsque les malades ne sont pas trop afTaiblis, on adopte la pratique suivante : bain d'air chaud continué jusqu'à l'apparition de la sueur; douche en cercles à 100» F. (37, 8" C), sous une pression d'une atmosphère, d'une durée d'une minute (on abaisse ensuite la température graduellement jusqu'à 9.j° F. (35° C); douche en éventail à 90° F. (32, 2° C.), de trente secondes sous une pression de 1 1/3 atmosphère, dont on asperge lentement de bas en haut et de haut en bas le corps du malade (on réduit ensuite la température à 85° F. (29, 5° C) et même jusqu'à 60° F. (15, 5° G.) si la réaction se fait bien). On doit toujours s'assurer que la réaction est bonne. Cette dernière méthode ne peut être appliquée chez le malade, parce qu'elle exige un appareil spécial; quand le malade ne pourra quitter son domicile, on la remplacera par la méthode des bains généraux, dont on usera en surveillant attentivement son action sur le cœur, jusqu'au jour oïl il sera possible d'envoyer le malade à un établissement de douches.

Le rhumatisme déformant est une maladie incurable; il s'agit donc, chez les malades qui en sont atteints, d'entretenir le bon fonctionnement du tube digestif, d'atténuer les douleurs, d'assurer le sommeil et de diminuer les raideurs articulaires. Comme dans toute maladie chronique, il importe de surveiller le régime et l'hygiène du sujet, d'amener celui-ci à modifier ses conditions d'existence. On peutajouter à cela des pratiques d'hydrothérapie. On évitera les procédés diaphorétiques ; on ne doit exposer la peau à l'action du calorique que pour faciliter la réaction pendant qu'on soumet le malade à l'entraînement neuro-vasculaire qui lui sera très utile. On laisse le malade une heure dans un maillot sec, ou quelques minutes dans un bain d'air chaud. Puis on lui fait des ablutions rapides sur le tronc avec de

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l'eau à 90° F. (32, 2° G.); la température de l'eau est abaissée chaque jour d'un degré, ou moins, jusqu'à ce qu'on ait atteint 60° F. (15,5°); on peut même descendre plus bas, s'il ne se produit pas de refroidissement. Ensuite, on sèche le malade avec soin. On emploiera de temps en temps, à la place de l'ablution, Taffusion et le drap mouillé ruisselant entre 90° et 600 F. (32,2" et \o,li° C), et, là où la chose sera possible, la douche en éventail de basse pression et de température non inférieure à 80° F. (26,6° C).

Nous avons exposé avec quelque détail les procédés hydriatriques dont il convient d'user dans le traitement du rhumatisme chronique, parce qu'ils se montrent vraiment efficaces entre les mains de praticiens avertis, et qu'ils sont trop souvent ignorés de médecins qui n'ont pas eu l'occasion d'en apprécier la valeur à l'hôpital, pendant leurs études, et qui pourraient les appliquer avec avantage dans leur clientèle. Ces opérations hydriatriques, en effet, ne font pas qu'atténuer les phénomènes douloureux dont soulTre le malade ; elles lui évitent l'ennui de se rendre aux stations thermales et les dépenses qu'entraînent ces déplacements ; elles le préservent, en outre, des charlatans qui exploitent l'hydrothérapie, le massage et l'électricité.

La dyspepsie, c'est-à-dire le trouble de la digestion stomacale, n'est qu'une des manifestations des maladies fonctionnelles et des maladies organiques de l'estomac ; mais elle en est le symptôme le plus important. C'est pourquoi je me propose d'étudier, à propos de ce symptôme, les différents procédés hydriatriques que l'on peut employer au traitement des troubles fonctionnels de l'estomac.

Je ne veux pas passer en revue toutes les affections stomacales qui entraînent une digestion anormale ; je mécontenterai d'envisager deux syndromes principaux : 1° le catarrhe gastrique; '1'^ la dyspepsie nerveuse. Ces deux syndromes ont cela decommun qu'ils déterminent des sensations anormales que le malade perçoit au niveau de l'estomac, ou au voisinage de cet organe, et un malaise général qui se manifeste surtout à la suite des repas. Dans l'an et l'autre cas, il est de la première importance de régler l'existence du malade, son régime, ses exercices, son repos, son hygiène.

Lorsque nous avons affaire au catarrhe gastrique, nous nous trouvons en présence d'un estomac dont le pouvoir moteur et 1 activité sécrétoire sont plus ou moins diminués. La circulation de la muqueuse stomacale est paresseuse ; aussi les sécrétions sont-elles moins abondantes et l'absorption est-elle moins rapide. Puis, plus ou moins tôt, la motricité s'affaiblit sensiblement. Il s'agit donc de ramener la muqueuse à son état normal, de débarrasser l'estomac du mucus et des produits de fermentation qui l'encombrent, de stimuler lacontractilité péristaltique de l'organe. Les procédés hydriatriques toniques ont pour effet de rétablir la circulation normale de la muqueuse stomacale; le lavage de l'estomac, pratiqué suivant les règles que nous avons indiquées page 3oi, permet d'évacuer les substances nuisibles contenues dans la cavité du viscère.

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Les opérations hydrothérapiques à effets toniques, portant sur tout le corps, exercent une action très favorable sur la motricité du muscle gastrique. Les malades dont nous nous occupons supportent mieux que personne les applications d'eau froide : températures inférieures et pressions élevées. S'ils sont anémiés, je leur prescris (habituellement, pour commencer, des ablutions quotidiennes à 85° F. (29,5° C), suivies d'une bonne friction, exécutées d'après la technique que nous avons exposée à propos de ÏAvémie, page 534. Si cette pratique ne suffit pas, j'ordonne ledrapmouilléruisselant (page 145), ou la friction froide, que l'on administre au moment où le malade sort de son lit le matin ; après quoi on le frictionne et on l'envoie faire une promenade au grand air (page 577). Lorsque la chose est possible, je conseille la douche en jet ou la doucheen éventail; on commence par une température de 80° F. (26,6" C). et on diminue chaque jour de deux degrés (1, 1° C.) ou plus. C'est ce dernier traitement qui paraît le plus actif, car c'est celui qui accélère le plus la circulation dans les tissus musculaires, et qui a l'influence la plus marquée sur les tendances hypocondriaques. Ces tendances cèdent assez souvent, lorsqu'on ajoute au traitement général une douciie spinale énergique à température basse (Charcot). On doittenir compte, dans l'application du traitement, des caractères particuliers de chaque cas, et modifier la température, la durée, la pression de la douche, suivant les résultats obtenus et les indications nouvelles qui peuvent apparaître.

J'ai obtenu de bons effets de la douche alternante (températures de 60° et 110° F., 15,5° et 43,3° C), en l'employant comme stimulant local de la motricité. Je l'applique à l'épigastre, un peu au-dessous et à gauche de l'appendice xiphoïde. Je l'administre au début avec une pression de cinquante centimètres de mercure, et j'augmente chaque jour cette pression de dix centimètres de mercure. Il est permis de supposer que l'excitation générale que reçoit l'appareil circulatoire exerce une action favorable sur la muqueuse de l'estomac et les glandes de. celle-ci. L'observation clinique démontre qu'il en est ainsi.

La dyspepsie nerveuse est une affection très répandue dans les grandes villes, où la vie sédentaire rend l'homme plus sensible à l'intUience pernicieuse du surmenage que la lutte pour la vie, les rivalités, les soucis^ les inquiétudes imposent au système nerveux.

La meilleure façon de se soustraire aux effets du surmenage, je le rappelle ici, après l'avoir indiqué ailleurs (1), c'est de faire de l'exercice au grand air, et de pratiquer l'hydrothérapie, sous forme d'immersion quotidienne dans de l'eau froide.

Lorsqu'on a à traiter des cas de dyspepsie nerveuse, il est indiqué, d'abord, d'éloigner le malade de son milieu habituel; mais il arrive souvent que ce malade ne peut se soumettre à cette prescription. Dans ce cas, et lorsque la thérapeutique ordinaire reste sans résultats, c'est l'hydrothérapie qui offre les cliances les plus sûres de guérison ; à condition que le malade réduise son travail ou le cesse complètement. L'observation suivante indique le mode de traitement qu'on peut adopter dans les cas de ce genre.

Observation l. — Madame 0..., 28 ans, résidant en Floride, me consulte, le 5 mai 1892, pour des troubles gastriques qu'elle appelle '< catarrhe de rt^slomac » et qui lui causent des douleurs extrêmement vives après les repas. Depuis plusieurs années, cette personne ne vil ipip Je bouillies et de lait ; elle a suivi un traitement médicamenteux ; mais ses douleurs ont seulement diminué et n'ont pas cessé. Elle est émaciée ; elle jiarle d'une voix faible ; elle est déprimée moralement, presque désespérée. Son visage pâle et prématurément vieilli porte la trace des souffrances qu'elle a endurées. Il n'y a rien d'hystérique chez elle.

On lui ordonne de prendre à midi et demi un repas complet, qui servira de repas d'épreuve, ce qu'elle n'accepte qu'avec liésitation, parce qu'ellr redoute les douleurs (ju'elle pense en éprouver.' Cinq lieures api'ès, je fais sans difficulté un lavage de l'estomac, la malade se montrant très docile. A sa grande surprise, ce que je lui avais annoncé se trouve réalisé : le repas a été digéré : le seul débris que l'estomac en ait conservé est une petite pelure de tomate.

Le diagudstie de névrose gastiique s'impose. On prescrit à la malade un régime mixte comprenant, au déjeuner du matin, du lait chaud, avec du pain rassis et de la bouillie de maïs, et, ]dus tard, des œufs peu cuits ; au déjeuner de midi, les mêmes aliments avec du poisson ou des huîtres; au dîner, du riz et du bœuf rôti. Les desserts et les salades sont interdits.

Il s'agit, avant tout, chez cette malade de fortifier l'organisme tout entier. On décide donc de la soumettre à un traitement hydriatrique quotidien convenable : on se propose de l'accoutumer progressivement à des températures de plus en plus basses et à des pressions de pins en plus fortes.

(1) Article « Hydrotlierapy and minéral Springs », par Simon Baruch, in System of Praciical Therapeutics, de Hare, vol. I, p. 434.

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6 mai. On donne à la malade un bain daii- cliniul à 469° F. (76'' C), de six minutes, qui amène une congestion de la peau et Tuie légère transpiration. Puis on lui administre un bain de baignoire à 98° F. (36.7° C.) de cinq minutes, pendant lequel on lui fait des frictions.

Au sortir de la baignoire, elle reçoit une douche en pluie à 9j°F. {T60 C), que l'on abaisse à 90o F. {32,2» C), et que l'on fait durer trente secondes. La pression de l'eau est de 1 1/3 atmosphère. On termine enfin par une douche en rosée à 80° F. (26,6° C), de cinq secondes, que l'on accompagne d'une friction.

Le jour suivant on ne fait pas prendre de bain chaud à la malade, mais immédiatement après le bain d'air chaud, on la soumet à une douche en pluie à 90o F. (32, 2° C), abaissée à 80o F. (26, 6o C), de trente secondes, puis à une douche en éventail à 70'' F. (21, 1" C), de cinq secondes. La réaction est bonne.

25 mai. La malade manifeste des tendances hypocondriaques. On ajoute à son traitement hydrothérapique une douche en jet à 60° F. (15, 50 C.) sur le dos.

■12 juin. Même traitement; seulement, comme <in a abaissé, chaque jour,la température de la douche en jet de un degré 0, 5oC.),on la donne actuellement à 48» F. (8, 9» C). L'état de la malade s'améliore de jour en jour; elle engraisse, elle prend bonne mine, elle devient plus gaie.

18 juin. On suspend la douche en jet, qui paiait trop excitante.

20 juin. La malade se plaint de douleurs dans la région épigastrique. On lui fait une application d'un courant continu de douze milliampères sur cette région, au moyen (l'une large électrode plate placée sur cette région et d'une électr(M|e plus [letite placée sur la région lombaire. On élève la tempéralnie de la douche à 75" F. (23,80 C).

27 juin. On abaisse de nouveau la température de la douche. La malade pn-sente encore de la dépression. On lui donne une douche en jet à 50° F. (10" C.) de trois minutes. La ri'aiiioii est bonne.

9 juillet. Comme l'électricité n'a pas donnt' de n'suliat, et qu'on a trouvé dans l'estomac des substances alimentaires pioduisant des fermentations, on administre chaque jour une douche écossaise sur la région épigastrique. Cette douche dure trente secondes. On la donne à la suite d'une douche en pluie à 70° F. (21, l» C, progressivement abaissée à 45o F., 7, 2o C), et on lui fait .succéder une douche en jet de trois secondes à 50» F. (lOoC). La malade retourne chez ses parents, à Buffalo.

Le 26 novembre 1892, elle m'écrit qu'elle a piis 7 kilogrammes et qu'elle se trouve beaucoup plus forte. Elle a continué à suivre le même régime alimentaire, parce que, comme beaucoup de nerveux, elle craignait que son estomac ne pût supporter un grand changement de nourriture. La j)lupart du temps elle n'éprouve aucune douleur; elle a encore, de temps à autre, quehjue légère inquié-

tutle;^ cependant, elle nous témoigne une vive reconnaissance pour l'espoir qu'on lui a rendu.

Observation IL — Le Docteur H... méfait demander pour que je lui fasse un lavage d'estomac. Je le trouve anxieux, en proie à la migi'aine. Il exerçait depuis des années à la campagne. Il avait souvent des vomissements, accompagnés de céphalalgie. Il a essayé de toutes les médications, y compris la cure de repos, qu'il a pratiquée durant huit mois; il surveillait très attentivement son régime alimentaire. Récemment, sur les conseils d'un de nos consultants les plus éminents, qui l'a considéré comme atteint de catarrhe gastrique, il s'est mis au régime de l'eau chaude et du bœuf haché, sans en retirer aucun avantage. Il a subi la section du droit externe des deux côtés, que lui a pratiqué un partisan convaincu de ce mode de traitement. Il se croyait atteint d'astigmatisme, à tort d'après l'avis du Dr Cari KoUer.

Je fais le diagnostic de dyspepsie nerveuse. Le lavage de l'estomac vient coniîrmer mon opinion, en me montrant que le malade a parfaitement digéré en cinq heures un repas complet composé d'aliments variés. Je prescris un régime mixte, comportant de la viande et des farineux, excluant les légumes verts et la pâtisserie. Le malade, à son grand étonnement, le supporte bien. Je lui fais prendre une ablution quotidienne, dont on abaisse progressivement la température, afin de le préparer à l'immersion froide (à 60'> F., 15, ;jo G.) , que je lui prescris après, en lui recommandant dt? la faire suivi'e d'une friction et d'une promenade au grand air.

J'ai eu l'occasion de revoir ce médecin, l'année suivante, auprès d'un malade qui m'avait demandé en consultation.il avait beaucoup engraissé. Son état général était bon; il l'entretenait en continuant I(;s pratitj^ues d'hydrothérapie quotidienne que je lui avaisprescrites, et en se servantd'une bicyclette pourfaire ses visites pendant l'été. Il me dit qu'il « serait probablement mort, s'il avait continué à se traiter par le régime de la viande et de l'eau chaude ».

Une des principales difficultés que l'on rencontre dans le traitement des malades atteints de dyspepsie nerveuse est créée par la crainte qu'on leur a inspirée au sujet de toute infraction aux règ-les du régime qui leur a été prescrit. Le lavage d'estomac qu'on emploie comme procédé d'exploration, quand on les examine, a souvent un effet merveilleux : il nous permet d'augmenter leur alimentation et d'améliorer ainsi leur état général et, par suite, leur état gastrique ; car, dans la plupart des cas, comme dans ceux que nous avons cités, le trouble local relève de l'état général.

L'histoire du médecin, que je viens de rapporter, montre le

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profit que ces malades peuvent retirer de l'hydrothérapie pratiquée à domicile. Je ne veux pas revenir sur les méthodes hydriatriques qui me paraissent indiquées dans les cas de ce genre. Je dirai seulement qu'il est bon d'employer d'abord, dans le traitement hydrothérapique à domicile, des ablutions à 75° F. (23, 8° C. ), que Ton administre au malade placé debout, les pieds dans un bain d'eau chaude ; puis on abaisse graduellement la température; on peut, plus tard, donner chaque jour au malade des afîusions froides au moyen d'eau qu'on projette sur lui avec assez de force. Si l'on est obligé d'en venir, dans la suite, au traitement de l'établissement spécial, le malade aura l'avantage d'avoir été préparé à ce traitement par un entraînement préalable. Un adjuvant, utile des procédés généraux que je viens de recommander est la compresse abdominale, dont il est inutile d'exposer à nouveau le mode d'action. Qu'il me suffise de rappeler qu'elle constitue un stimulant local continu en déterminant de l'hyperémie cutanée, et qu'elle produit, à chaque fois qu'on la renouvelle, c'est-à-dire trois ou quatre fois par jour, un léger choc qui ajoute à son action tonique, en amenant une contraction des vaisseaux de la peau suivie d'une réaction qui les dilate.

Je n'ai eu que de rares échecs, avec l'hydrothérapie, dans le traitement des cas de dyspepsie invétérée que m'ont adressés des confrères qui n'avaient rien obtenu des traitements employés, comme c'était le cas dans les observations que j'ai rapportées ci-dessus; surtout lorsque j'ai eu affaire à des malades qui se trouvaient éloignés de leur domicile et qui consentaient à se soumettre à un traitement méthodique par les douches. Le coup de fouet du jet froid, l'ondée cinglante de la douche en éventail produisaient un effet magique. On voyait les malheureux malades se ranimer et s'épanouir de jour en jour. Leur tristesse, leur hypocondrie, leur inquiétude, la tendance qu'ils avaient à transformer leurs moindres souffrances en maladies dangereuses, toutes ces manifestations de la dépression morale s'évanouissaient comme une brume au lever du soleil. Il avait suffi, pour cela, que le médecin eût appliqué, avec discernement, au traitement des malades les prescriptions de l'hygiène, de la diététique et de l'hydrothérapie, en évitant de se confiner dans une tiiérapeutique négligente et routinière.

Toutefois, pour arriver à de tels résultats, il faut avoir présentes à l'esprit les nécessités auxquelles on doit répondre. La

stimulation périphérique que l'on impose au système nerveux a pour but d'augmenter l'activité des fonctions stomacales ; elle ne doit pas dépasser ce but. On doit éviter de produire un effet trop excitant ; il est bon d'amener le cœur à un fonctionnement plus actif : il serait mauvais de l'exciter outre mesure. Si l'on tient compte de ces réserves, on arrivera facilement à combattre la pléthore sanguine à localisation abdominale ; car, sous l'intluence des douches, le sang est attiré des vaisseaux des organes profonds aux vaisseaux superficiels ; l'estomac et le foie reçoivent alors un sang plus oxygéné ; leur circulation particulière devient plus active, comme la circulalalion générale ; la nutrition de ces organes s'accomplit dans (le meilleures conditions. L'observation cliniquedémontre tous les jours que ce ne sont pas là de simples vues théoriques.

Je ne veux pas grossir démesurément le volume de cet ouvrage en y insérant les observations des cas que j'ai eu à traiter. Je me contente d'en citer quelques-unes pour être utile au lecteur en lui donnant des exemples de la façon dont les différents procédés hydriatriques doivent être employés. Les observations personnelles peuvent être trompeuses. Quand on a adopté avec enthousiasme une méthode thérapeutique, on peut être amené à apporter quelque partialité à l'appréciation des résultats de celle-ci. Je vais donc citer, à l'appui de l'opinion que j'ai exprimée, celle d'un auteur dont l'expérience clinique est assez étendu epour que ses affirmations aient quelque autorité.

Le D'' Alois Strasser, assistant à VAllgemeine Poliklinik, à Vienne, dans un travail sur « le diagnostic et le traitement hjdrothérapique des maladies de l'estomac (1) », a étudié avec soin, et d'unemanière très scientifique, les différents procédés d'exploration qu'on peut employer dans l'étude des affections stomacales. Il est arrivé à des conclusions analogues à celles que j'avais moi-même formulées dans un mémoire sur « les formes cliniques de la dyspepsie », lu devant laSoutli Carolina Médical Association, le 2o avril 1893. « Le nombre des procédés qui ont été proposés, disais-je dans ce mémoire, pour déterminer d'une façon exacte le pouvoir digestif de l'estomac, est fait pour désorienter le médecin. Il arrive souvent que ces procédés n'ont aucune utilité pratique, lorsqu'il s'agit de choisir un traitement et d'en régler l'application. » Le travail du D"" Strasser indique que cet auteur possède une connaissance

(1) Blaller fiir klinische Hydrothérapie, mai 1896.

PRATIOLE DE l'hYDROTHÉRAPIE

approfondie, non seulement de toutes les méthodes scientifiques d'examen chimique, mais encore des côtés pratiques de la question, ceux qui concernent le traitement. « L'hydrothérapie, dit-il, peut-être employée avec succès dans toutes les formes de la dyspepsie. Les résultats que l'on obtient dans tous les établissements d'hydrothérapie sont là pour le prouver. C'est ainsi que les statistiques de l'établissement de Kaltenleutgeben indiquent que 1.424 cas de maladies de l'estomac et de l'intestin y ont été traités (les maladies de l'estomac formant la plus grande partie du total, les maladies de l'intestin .se trouvant, en général, associées à des affections gastriques). La proportion des malades qui ont quitté l'établissement sans être guéris n'est que de quatre pour cent. Il est vrai qu'un grand nombre d'affections stomacales traitées appartenaient aux formes nerveuses, ce qui rend les statistiques plus favorables. De plus, nous devons le rappeler, les affections gastriques de nature névropalhique ne sont pas envoyées dès le début des troubles aux établissements spéciaux ; elles n'y arrivent souvent qu'après que les accidents nerveux primitifs ont fait place à des altérations organiques. La dyspepsie nerveuse se transforme en catarrhe gastrique chronique, et l'atonie en insuffisance musculaire permanente. D'autre part, la classe des névroses stomacales renferme un grand nombre de cas qui s adressent à l'hydrothérapie en désespoir de cause, après avoir usé en vain de traitements variés. »

D'après mon expérience personnelle, ce sont les dyspeptiques amaigris et anémiés, et ceux qui, tout en conservant un certain embonpoint, présentent des symptômes de dépression morale et de neurasthénie, qui donnent les résultats les plus remarquables avec le traitement hydrothérapique. 11 ne faut pas oublier que l'hydrothérapie ne constitue pas un traitement spécifique de la dyspepsie; elle n'est qu'un adjuvant très actif du traitement hygiénique et diététique. Beaucoup de cas, auxquels ce dernier n'appcrte pas d'amélioration, guérissent quand on les soumet aux procédés hydriatriques.

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