CONSTIPATION
La paresse de l'intestin est souvent une des manifestations les plus pénibles de la dyspepsie, dont elle semble faire partie intégrante. La constipation est également un des troubles dont
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les neurasthéniques, et même les gens sains qui ont une vie sédentaire, se plaignent le plus. Nous n'avons pas à indiquer ici ce qu'il peut être utile de prescrire dans le cas de constipation, au point de vue du régime, de l'exercice musculaire, du changement de milieu, etc. ; ce sont là choses bien comprises de tout le monde. Mais ces moyens hygiéniques et diététiques gagnent beaucoup à être associés à quelque pratique hydriatrique. 11 arrive fréquemment qu'ils ne donnent les résultats qu'on en attendait seulement à partir du jour où on y adjoint l'hydrothérapie. C'est ce que nous a appris notre expérience personnelle.
Fleiner recommande, contre la constipation, le bain de siège de deux à cinq minutes, à lO^-SO" C, une ou deux fois par jour, et l'application d'une compresse abdominale à 10» C. pendant le temps du repos au lit. Ces procédés nous ont donné quelques bons résultats et un grand nombre d'échecs. Lorsque ce traitement échoue, nous employons la douche en jet, sous pression de deux atmosphères, soit à 45'' F. (7, S» C), soit à 110" F. (43, 3'' C.). On l'administre au moyen d'une lance dont l'orificea trente millimètres de diamètre, et on l'applique lentement sur les diverses régions du côlon. Ce procédé nous a souvent donné des résultats satisfaisants. On peut faire durer le massage hydrothérapique de cinq à quinze minutes, si on l'exécute lentement, et le répéter tous les joui^s avant le moment où le malade a l'habitude d'avoir une selle. Nothnagel recommande particulièrement cette dernière méthode (il prescrit la douche froide), llackel (1) s'en montre également partisan. Quand on traite un malade à son domicile, on peut pratiquer le massage abdominal sous une douche fournie soit par une lance rattachée au robinet d'une canalisation d'eau, soit par une cruche ou un arrosoir.
Lorsqu'il s'agit de constipés dont la goutte, l'anémie, ou une maladie quelconque a aiTaibli l'organisme, on peut employer le lavage intestinal exécuté au moyen d'eau salée, en vue de débarrasser l'intestin des ptomaïnes qu'il contient. Si l'on veut provoquer ensuite une stimulation réflexe de l'organe, on y introduit, pour le laisser écouler aussitôt, un quart de litre d'eau à 40° F. (4, 4° C). J'ai l'habitude de prescrire ces irrigations au malade pendant sept jours consécutifs, et de le laisser ensuite reposer une semaine. Je suis opposé à l'emploi des
(1) Deutsche medicinische Woc/ienschrift, ISO'J, n» 1.
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grands lavages intestinaux, que certains empiriques ont beaucoup vulgarisés ; ils sont nuisibles, car ils distendent à l'excès l'intestin et en affaiblissent la musculature. L'irrigation convient lorsqu'on permet l'évacuation rapide du liquide. Le lavement seul peut être conservé par le malade, aussi longtemps que le permet la tolérance de l'intestin. Dans tous les cas de constipation spasmodique, l'hydrothérapie est aussi utile que l'exercice musculaire, qu'elle peut remplacer temporairement, chez les sujets afTaiblis.