‹ La pratique de l'hydrothérapieChapitre 9 sur 105 · COS · texte numérisé non relu

COS

QUOTIE^^r

BESIMRATOIBE

SOC. (SeoF.)

Ce tableau montre clairement que des bains à 16oC. amènent une augmentation prononcée de l'activité respiratoire, que des^ bains à 33"C.ne produisent que peu d'effet, et que l'action des bains s'accroît de nouveau quand la température s'élève davantage.

Il est intéressant de noter que l'effet de la douche à température égale est le double de celui d'un bain court. Une douche à 16°C. augmente.

Le volume d'air de 54,3 p. cent; un bain de 22,9 p. cent.

L'élimination de CO^ de.. 149,4 — — 64,8 —

L'absorption d'O de 110,1 — — 46,8 —

Rubner a également cherché à déterminer la durée des effets des procédés hydriatriques, et a découvert qu'ils cessent environ au bout d'une heure. Mais cela tient , probablement à ce que les individus en expérience ne pouvaient prendre aucun exercice après le traitement, condition qui n'est pas réalisée dans la pratique. Cet auteur admet que l'exercice développe la gymnastique pulmonaire, et accentue l'effet des bains à température basse ou élevée.

Action des opérations hydriatriques sur le fonctionnement de l'appareil musculaire.

Cet intéressant sujet n'a reçu, jusqu'à ces derniers temps, qu'une attention insuffisante. Deux médecins italiens, Yinaj et Maggiora (1), l'ont étudié avec soin. Leurs expériences sont

(1) Blulter fur Idinische Hydrot/terapie, 1892, vol. II, n» 15, et vol. III, n" 1.

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regardées par tous ceux qui s'intéressent au développemeni scientifique de l'hydrothérapie comme un travail si important qu'une analyse détaillée de ces expériences doit prendre place dans ce chapitre, où est expliqué le mode d'action des difTérents procédés hvdriatriques. Elles permettent, en eCTet, d'établir la théorie exacte de Faction de la douche. Les auteurs ont exposé leurs expériences dans une lettre ouverte au professeur Mosso, le physiologiste italien bien connu. Ces recherches furent entreprises à l'aide de l'ergographe de Mosso, en vue d'établir scientifiquement l'efTet des opérations hydriatriques les plus importantes sur la résistance des muscles à la fatigue. Jusqu'à ce moment, on manquait de recherches précises sur ce sujet, dont l'importance est si grande au point de vue de l'hygiène aussi bien qu'au point de vue de la thérapeutique. L'action stimulante ou déprimante, exercée sur l'appareil musculaire par beaucoup de procédés hvdriatriques le plus communément employés, n'avait pas entièrement échappé aux grands maîtres de la médecine, mais le peu qu'on en savait jusque-là était le résultat dé la simple observation subjective et directe des phénomènes, dont aucune preuve expérimentale ne contrôlait l'exactitude. Les expériences faites au moyen du dynamomètre ne peuvent être considérées comme scientifiquement exactes, à cause des nombreuses causes d'erreur inhérentes à l'emploi de cet instrument. Les tracés suivants donnent une représentation graphique des expériences réalisées à l'aide de l'ergographe de Mosso. La courbe de fatigue à l'état normal était déterminée à plusieurs reprises au moyen de l'ergographe appliqué aux muscles fléchisseurs des médius des deux mains, l'instrument entraînant un poids de trois kilogrammes et enregistrant les contractions toutes les deux secondes. Toutes les observations successives étaient prises dans des conditions identiques. Deux heures et demie après avoir fourni sa courbe de fatigue normale, le sujet était placé dans une baignoire contenant de l'eau à 50^ F. (10" G.) pendant quinze secondes. On le séchait ensuite en l'enveloppant dans des couvertures de laine, et on prenait sa courbe de fatigue sur les médius des mains droite et gauche. Cette expérience se répétait trois fois dans la journée. On a choisi, parmi huit, courbes ainsi obtenues, les suivantes (tig. 10 et 11). Celles-ci, et celles qui ne sont pas reproduites ici, indiquent l'étendue du travail fourni par les muscles.

Le médius de la main droite, se contractant de façon à sou-

90 PRINCIPES DE l'hydrotuérapie

lever un poids de trois kilogrammes toutes les deux secondes en donnant l'effort le plus grand jusqu'à complet épuisement,

Fig. 10. — Courbe de fatigue Fig. 11. — Courbe de fatigue normale. Main gauche. normale. Main droite.

pouvait, dans les conditions normales, produire cinquante contractions correspondant à un travail mécanique de 5.139 kilogrammètres. Après le bain froid, le même muscle exécutait soixante-quinze contractions avant d'arriver à la fatigue, ce qui correspond à un travail mécanique de 9.126 kilogrammètres. Cette expérience simple et précise démontre que le bain froid détermine une augmentation 'considérable de la capacité de travail des muscles.

Le tracé ci-contre (fig. 11) montre dans la courbe de fatigue normale un abaissement graduel des oscillations, chacune d'elles mesurant l'étendue de la contraction. L'affaiblissement progressif des muscles est manifeste. La courbe de fatigue obtenue après le bain froid diffère nettement de la courbe normale; dans la première, l'énergie musculaire persiste environ Ja moitié de la période normale en plus, et sa diminution vers la fin est tout à fait progressive.

Le bain progressivement refroidi donne une courbe de fatigue intéressante. L'eau se trouvait à unetempérature de 36" C, lorsque le sujet, un étudiant en médecine de vingt-sept ans, entrait dedans après qu'on eut enregistré sa courbe de fatigue normale. Au bout de cinq minutes, on laissait s'écouler leau du bain, pour la remplacer par de l'eau froide, qui en faisait

ACTION DE l'eau DANS L'ÉTAT DE SANTÉ 91

tomber la température à 20» C. et le sujet ressentait un léger frisson. Après sa sortie du bain, on prenait de nouveau la

Fig. 12. — Courbe de fatigue après un bain à 10° C. de 15 secondes. Main droite.

courbe de fatigue. Les tracés ci-dessous (fig. 13 et 14) représentent l'effet de ce bain.

Fig. 1.3 et 14. — Courbe» de fatigue prises avant et après un bain progressivement refroidi.

La moyenne des résultats de plusieurs expériences montre que le fléchisseur du médius gauche, qui, avant le bain, pouvait exécuter trente-neuf contractions, correspondant à un

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travail de 3.603 kilogramniètres, donnait dans les mêmes conditions,après un bain graduellement refroidi (de 36,3° à 20° C), quatre-vingt-sept contractions, équivalentes à un travail de 9.34!) kgm. Cet accroissement manifeste de la capacité de travail est également indiqué par le changement de forme de la courbe de fatigue. Avant le bain, la courbe (tig. 13) figure de grandes contractions, qui tombent régulièrement etlentement jusqu'au milieu; puis se présentent de légères fluctuations dans la hauteur des contractions, indiquant une modification de l'activité musculaire; celle-ci baisse ensuite régulièrement, mais beaucoup plus lentement. Après le bain (fig. 14) les oscillations restent presque de la même hauteur pendant un long moment ; puis elles baissent lentement et progressivement. Les études de Vinaj sur le bain refroidi nous apprennent que ce bain augmente le tonus vasculaire. L'expérience précédente montre dans quelles proportions la résistance des muscles à la fatigue est accrue, et que cet effet relève autant de l'action thermique que de l'action mécanique de l'opération hydriatrique. Si l'on ne considère que la première de ces actions, on constate que le froid augmente la capacité de travail des muscles, tandis que la chaleur, quand elle n'est pas associée aune action mécanique, diminue la force musculaire. Cependant, quand les opérations chaudes comportent des effets mécaniques, comme dans l'ablution, les douches, les frictions, elles élèvent manifestement la capacité musculaire ; mais celle-ci reste toujours moins développée qu'avec l'eau fraîche, et surtout qu'avec Teau froide ou les procédés alternants. Des tracés nous fourniront une représentation plus nette de ces efTets, quand nous serons arrivés à l'étude du mode d'action des douches.

Les expériences des auteurs italiens ne sont pas parvenues à séparer complètement l'action purement thermique de l'action mécanique. Elles font voir, néanmoins, que c'est au moyen des applications froides que l'effet maximum peut être obtenu. Non seulement certaines opérations hydrialriques augmentent la capacité de travail des muscles ; elles rétablissent encore celle-ci, quand elle se trouve épuisée par un exercice physique.

Les dernières expériences de Vinaj et Maggiora (1) mettent en évidence l'action des procédés hydrialriques sur les muscles

H) BliUter fiir Jdinisc/ip Ui/drofherapie, juillet 1893.

ACTION DE l'eau DANS l'ÉïAT DE SANTÉ 93

qui ont été fatigués. Leurs tracés montrent l'action d'un bain total froid sur les muscles fléchisseurs du médius droit, un poids de quatre kilogrammes étant soulevé toutes les deux

Fig. ly, Ib, 17. — Ellet d un bain prop-essivement refroidi sm- la courbe de fatigue. — Fig. do, courbe normale; fig. 16, courbe après un exercice nmsculaire actif; fig. 17, courbe après un exercice musculaire actif et un bain.

secondes (fig. l.j, 16, 17). Ils établissent que FefFet de la fatigue disparaît complètement sous l'influence du bain froid.

Fig. 18. — Courbe de fatigue nunnale. — Fig. 10. — Courbe après un exercice musculau'e.— Fig. 2Û. — Courbe après l'exercice et un drap mouillé.

L'action d'un drap mouillé suivi de friction sur la capacité

94 PRINCIPES DE l'hydrotuérapie

de travail d'an muscle qui a été fatigué est figurée dans les tracés ci-contre de Vinaj et Maggiora (fig. 18, 19, 20).

On trouve dans ces tracés l'indication non seulement de la disparition de la fatigue, mais encore d'un accroissement de la capacité musculaire. Kellogg (1) a confirmé pleinement les observations précédentes.

Action des opérations hydriatriques sur les échanges organiques.

Nous avons exposé en détail l'influence des opérations hydriatriques sur la circulation, la respiration et l'activité musculaire. On a vu jusqu'où s'étend cette influence : la distribution et même la composition du sang varient dans les différents organes et régions du corps, l'oxygène est absorbé et l'acide carbonique éliminé en plus grandes quantités, la thermogénèse et l'excrétion sont modifiées (voir page 83), et l'activité musculaire est accrue. Comme l'activité fonctionnelle est le principal agent des échanges organiques et que cette activité dépend de l'afflux du sang dans les organes, nous pouvons facilement, en agissant sur celui-ci, exercer sur celle-là une influence considérable.

On admet généralement que l'excitation thermique et mécanique produite par l'action des opérations hydriatriques sur la surface cutanée stimulent l'activité cellulaire et augmentent les échanges organiques. Cette opinion répandue trouve une base solide dans des données expérimentales sérieuses. On a fait un grand nombre d'expériences de laboratoire en vue de démontrer l'influence des méthodes hydriatriques sur les échanges organiques. On peut mentionner parmi ces expériences celles de Liebermeister et Goldscheider, qui sont classiques : elles mettent en évidence une augmentation constante de la production de CO^ après les applications froides. Leurs conclusions sont confirmées par les recherches consciencieuses faites par Roehrig et Zuntz (2) dans leur laboratoire de Bonn. Ces derniers n'ont pas seulement établi l'exactitude de l'opinion de Liebermeister, ils ont montré en outre que l'absorption de l'oxygène varie d'après la température du milieu ambiant. Ils ont découvert, d'autre part, que ces modifications

(1) Rational llydrotherapy, p. 1122, 1901.

(2) PfUiger's Archiv, 1871.

ACTION DE l'eau DANS l'ÉTAT DE SANTÉ 95

dans l'intensité du métabolisme paraissent imputables à Taction de certaines fibres nerveuses de la peau, qui sont excitées par le froid. Ces fibres nerveuses seraient également stimulées par d'autres excitants, comme les bains salés concentrés, et amèneraient une semblable augmentation des échanges organiques. U est intéressant de remarquer, d'après ces expériences, que le processus d'oxydation ainsi activé semble s'elïectuer dans les muscles, sous l'intluence de leur système nerveux, sans qu'ils doivent être, pour cela, excités au point de donner des contractions apparentes. Ce fait est démontré par les expériences réalisées sur des animaux, dont l'innervation musculaire était paralysée par le curare. Chez ces animaux, les échanges organiques, non seulement n'augmentaient pas sous l'action du froid, mais diminuaient même de moitié.

Roehrig et Zuntz concluent que la source des échanges organiques dans l'économie animale, quand celle-ci est soumise à l'action du froid, réside dans l'innervation des muscles. On trouve une confirmation de ce fait dans cette notion physiologique banale, que la plus grande partie des processus de combustion qui se passent dans l'organisme ont pour siège les muscles.

Nous possédons sur ce sujet un travail consciencieux et fouillé, dans une monographie excellente sur l'état des échanges organiques dans les opérations hydriatriques du D' Alois Strasser, le savant assistant du professeur Winternitz à VAllgemeiue Poliklinik de Vienne. Je reproduirai les résultats de cet auteur aussi largement que me le permettra l'espace dont je dispose.

Strasser se réfère à ce fait, auquel je me suis arrêté ailleurs, que l'action de tous les excitants thermiques est d'ordre réflexe. La contraction des vaisseaux périphériques suivie de l'élévation du tonus vasculaire dans les muscles ; l'augmentation de l'activité cardiaque par l'accroissement réflexe de la force du myocarde en présence d'une résistance périphérique plus grande; l'accélération des mouvements respiratoires qui deviennent plus profonds — tous ces phénomènes sont d'ordre réfiexe, comme l'auteur l'établit avec précision, et ils entraînent des modifications importantes dans le fonctionnement chimique de l'organisme.

« Tous les échanges de substances, qui se produisent dans l'organisme par suite de l'organisation et de la désorganisation de ses éléments composants, sontl'eftet de l'activité vitale

96 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

des cellules, dont nous pouvons suivre le fonctionnement à travers les modifications et les diverses étapes qu'il comporte au moyen de méthodes plus ou moins compliquées, principalement de l'examen des produits terminaux provenant de la destruction des tissus. Ces méthodes sont également nécessaires quand il s'agit de déterminer les changements amenés par les excitations thermiques dans le cours des processus constituant les échanges organiques. Winternitz et Pospischl ont montré l'influence des excitants thermiques sur l'échange des gaz dans la respiration ; ils ont trouvé, dans l'augmentation très marquée de l'absorption de l'oxygène et de l'élimination de CÛ-, une preuve que les processus d'oxydation sont considérablement accrus dans l'organisme soumis à l'action de ces excitants.

Bartels, le premier, a déterminé les variations de l'urée sous l'influence des bains de vapeur. Cet expérimentateur porte la température d'un homme au delà de 40° C, en l'exposant de vingt minutes h une heure et demie à l'action d'un bain de vapeur très chaud. Pendant les premiers jours, cette accumulation artiflcielle de calorique dans l'organisme diminue la quantité ^d'urine jusqu'à la faire tomber à 600 ce. ; l'excrétion de l'urée semble augmentée; mais le quatrième jour, alors que l'urine est à 400 ce on observe une première diminution dl l'excrétion de l'urée; le cinquième jour, cependant, le bai' étant supprimé, la quantité d'urine augmente de nouveau i s'élève à 1.900 ce. en même temps que l'excrétion de l'urée est accrue. Chaque élévation de la température du corps doit être accompagnée d'une augmentation de la destruction desi" éléments de l'organisme ; car les processus d'oxydation, sui vaut Naunyn, ont une grande ressemblance avec les proceS' sus de fermentation, dont l'activité est en rapport avec leli degré de température. Les expériences de Bartels ont confirme cette vue. Cet auteur, en effet, a constaté que la quantité d'uréff excrétée chaque jour parles sujets en expérience, du commei cément à la lin de la période des bains de vapeur, oscilla entre 21,9 et 24,9 grammes; la quantité d'urée la plus cons dérable excrétée un jour de bain fut de 34,6 grammes. ^'auuyI à l'appui des conclusions de Bartels, a démontré qu'une simj' accumulation de calorique chez un caniche pesant 17.8 kgn produit une augmentation marquée de la quantité d'urée i^env ron cinquante pour cent). Schleich est arrivé aux mêmes r^ sultats en expérimentant sur lui-même et sur deux autres pti sonnes au moyen de bains chauds de 39° à 42° C. ; il a constai

ACTION DE l'eau DANS L'ÉTAT DE SANTÉ 97

me augm(3ntalioa de l'excrétion de l'azote total et de l'urée [ui fait place, an bout d'un certain temps, à une diminution de excrétion de l'azote destinée à rétablir l'équilibre perturbé des léments azotés. Kosturin, Godlewsky, et Richter ont obtenu les résultats concordants. Senator et Makowiecky sont arrivés des résultats contraires.

Formanek a fait quelques expériences pour trancher cette

uestion. Il détermine une élévation delà température du corps

n le soumettant à un bain d'air chaud à 63° C. de vingt mi-

utes suivi d'un bain de vapeur à il"G. de quinze minutes et

'une douche tiède. Il constate qu'un bain d'air chaud ou un

ain de vapeur modifie à peine l'excrétion de l'azote, mais que,

i deux de ces bains sont pris deux jours de suite, l'élimina-

on de l'azote augmente le second jour, et reste plus forte le

)ur suivant. Cinq bains de vapeur très chauds, pris en trois

)urs, ont le même effet. On peut donc croire que l'efTet dépend

our beaucoup de la durée et de l'intensité de l'élévation de

mipérature produite par le bain, ce qui expliquerait les quel-

ues différences rencontrées dans les résultats des autres

cpérimentateurs. L'excrétion de l'urée suit le mouvement de

izote. liOrsque l'élimination de l'azote augmente, celle de

icide urique s'accroît. L'examen du sang montre dans chaque

is une diminution de la leucocytose. (Ce résultat s'accorde

rec les expériences de Lœwy et celles de Breitenstein.)

Les expériences qui peuvent renseigner sur l'action des

ins froids sur les échanges organiques ne sont pas nom-

euses; mais leurs résultats sont presque entièrement concor-

ints.

Dommer a constaté une augmentation de l'élimination de zote après un bain à So-lO-'R. (I0o-12, o° C.) d'une demi- ■ure. Flavard et Lépine ont obtenu le même résultat chez s chiens inanitiés, dont l'élimination azotée augmentait dans s proportions très considérables sous l'action d'un bain à -2,5° C. de quinze minutes.

Formanek a également fait, à ce point de vue, quelques servations sur un étudiant en médecine. Les résultats de ses cherches, menées avec un grand souci d'éviter toute erreur, nt les suivants. Après un seul bain froid, l'excrétion de zote se trouvait à peine modifiée ; mais si l'on donnait deux ins par jour, trois jours de suite, de façon à soustraire une js grande quantité de calorique à l'organisme, l'élimination l'azote par l'urine augmentait d'une façon remarquable

Baruch. — Hydrothérapie. 7

98 PRINCIPES UE l'hydrothérapie

pendant la période des bains, passant de 13,43 à 14,51 grammes par jour. La somme des quantités d'azote excrétées par l'urine et les fèces était plus élevée à peu près de 1 gr. o qu'en terapsnormal; mais elle dépassait la quantité d'azote absorbée, si bien que, pendant la période des six bains, l'organisme perdait Ogr. 59 d'azote emprunté à sa propre albumine. L'excrétion de l'acide urique allait habituellement de pair avec celle de l'azote. Ces expériences de Formanek sont les seules qui aient établi avec une précision digne de confiance l'effet de la soustraction de calorique sur les échanges organiques. »

Slrasser soutient avec raison que « toutes ces expériences ont pour objet seulement réchauffement et le refroidissement du corps, et, par conséquent, ne peuvent avoir de l'importance que comme des observations physiologiques ou pathologiques purement expérimentales. Elles représentent seulement en partie les conditions qui sont en œuvre quand on emploie les opérations thermiques à des applications thérapeutiques. Elles n'établissent pas de distinction entre les excitations thermiques courtes et les excitations prolongées. Cet élément serait pourtant absolument nécessaire pour juger de l'action physiologique de ces excitations. Une application froide de courte durée doit certainement agir autrement qu'une application de longue durée; la première est suivie de réaction, contraction des capillaires de la peau et hyperémie active ; la seconde, par exemple, le bain froid prolongé de trois quarts d'heure, détermine un véritable spasme des vaisseaux cutanés, à la suite duquel la circulation périphérique se rétablit beaucoup plus len tement; il est probable que les échanges organiques sont alors modifiés, non seulement dans leur quantité, mais encore dans leur qualité, d'une manière tout à fait diff'érente. Par conséquent, ces expériences, qui produisent une soustraction ou une accumulation considérables de calorique, ne sont pas calculées pour expliquer l'effet des opérations hydriatriques usuelles. Nos procédés thérapeutiques ont une action plus ou moins complexe, comme les douches, dans lesquelles il est impossible d'estimer l'effet sur les échanges organiques de chacun des éléments qui entrent en jeu (^durée, énergie de la percussion, etc.). De même que, dans la douche, l'effet principal est un massage thermique, dans d'autres opérations, comme les demi-bains, intervient la collaboration d'un autre élément qui, par une action mécanique adaptée au cas présent, contribue avec l'excitation périphérique à faire naître la réaction. »

ACTION DE l'eau DANS l'ÉTAT DE SANTÉ 99

Après avoir acquis une connaissance véritablement scientifique de tous les éléments du problème, Strasser a entrepris des recherches pour arriver à se faire une idée exacte de l'action totale des différents facteurs compris dans le traitement hydriatrique. Il soumit deux sujets aux: opérations fraîches et froides qui sont habituellement employées dans les établissements hydrothérapiques. Sans tenir compte des changements de température amenés par elles, il se limita à déterminer leurs effets sur le métabolisme des tissus. Des médecins russes ont fait des recherches semblables sur l'effet des douches tempérées (33° C.)- froides (15° G.), chaudes (40" G.) et écossaisses (4oo et 15" C), d'une durée de quatre minutes. On constata, après ces applications, une aagmontation des échanges azotés, principaleaaent après la douche écossaise et la douche froide. L'assimilation de l'azote était augmentée, environ de 1.84 pour cent, dans quatre cas rapportés par l'un des observateurs, à la suite de douches froides (17° à 25° C).

Strasser a expérimenté sur deux jeunes hommes, de dix-huit et vingt-huit ans, en mesurant chaque jour leur alimentation, leur urine, leurs fèces, etc. Le procédé le plus employé était le demi-bain, qui soustrait plus de calorique parce qu'il met le plus longtemps la surface du corps en contact avec l'eau froide, et que son action mécanique est relativement légère, comparativement avec celle des douches. Comme à l'ordinaire, le sujet était séché et présentait de suite une bonne réaction.

Nous ne pouvons exposer en détail les résultats de chaque examen, ni reproduire les tableaux habilement et soigneusement établis qui accompagnent le travail de Strasser, mais nous en citerons les conclusions.

« L'excrétion de l'azote était manifestement augmentée pendant la période des bains. Chez le premier sujet, l'organisme ne répondait pas au premier appel de l'excitation périphérique thermique et mécanique par la plus forte excrétion d'azote ; mais, le second jour, apparaissait la réaction la jdus énergique et l'excitation atteignait son effet maximum. Quand il n'en était pas ainsi, une élévation rapide et marquée de l'excrétion d'azote se produisait dès le début ; l'augmentation, maxima le j»remier jour, était de 32,2 pour cent, minima le troisième jour de 11,33, et en moyenne de 16, 43 pour cent.

L'augmentation de l'excrétion azotée peut être considérée comme une conséquence directe de la suractivité des fonctions de l'organisme — les échanges azotés se développant dans le

100 PRINCIPES DE l'uYDROTUÉRAPIE

sens d'une meilleure utilisation des aliments. La rapidité que l'elTet met à se montrer est démonstrative à cet é^ard, comme l'est aussi ce fait que l'azote des matières fécales diminuait en même temps que l'azote des urines augmentait, phénomène que l'on retrouvait uniformément dans lun et l'autre des deux cas indiqués. »

A la suite d'une seconde série d'expériences, entreprises en vue de contrôler les résultats précédents, Strasser (1) formule les conclusions suivantes : « Les opérations hydriatriques augmentent d'une façon constante l'assimilaiion de l'azote, mais dans des proportions inégales chez les différents individus; une diminution de l'albumine de l'organisme ne s'ensuit pas nécessairement, si l'alimentation est suffisante ; au contraire, même pendant la durée de l'expérience, l'organisme peut gagner une certaine quantité d'albumine. Dans la majorité des cas, il ne semble pas que la réaction augmente, après un traitement de trois jours, l'eff'et de la stimulation. Cependant un nombre considérable d'observations cliniques ont mis hors de doute que l'assimilation est augmentée d'une façon marquée et durable par le traitement liydrialrique, pourvu qu'il soit suffisamment prolongé. )»

Un travail récent de Graeupner (2) démontre que les conclusions de Strasser sont exactes, sans contester, d'ailleurs, les résultats obtenus chez les individus sains au moyen de bains froids, non pas administrés sectindumartein, mais donnés dans les conditions où les physiologistes font des expériences.

Graeupner distingue avec raison les différentes formes et variétés des procédés froids ; il formule des conclusions que chaque hydrothérapeute expérimenté admettra facilement. Pendant le premier temps d'une opération hydriatrique l'action des muscles striés et des muscles lisses augmente, ce qui accroît les oxydations. Graeupner, qui a une grande expérience des bains de Nauheim, dit que ces bains d'acide carbonique n'augmentent pas l'absorption d'oxygène, parce ([ue le malade éprouve un ell'et sédatif et que le « choc » est neutralisé par l'action réchaull'ante des bulles de gaz carbonique. Il prétend que, au moment de la réaction, aucun changement ne survient,

(1) Fortscliritte der Hydrottierapie. Festsclirift zum vierzigjahrigen Doctorjubilaùm des Prof. D"' W. ^Vinlel•niti!, lierausf^egebcn von D'' A. Slrasser und D' B. Bu\baum Vienne, 1S97, p. 2411.

(2) Ai'chiv fur Physikulisch-dieletische l'herapie, l'JUl, '3, pp. 7-0.

ACTION DE l'eau DANS l/ÉTAT DE SANTÉ 101

OU bien qu'il se produit une diminution des oxydations ; ce phénomène est suivi en une luMire ou une heure et demie d'une légère élévation de la température et d'une augmentation des processus d'oxydation. Il attribue celle-ci à l'état de repos qui a précédé, (Hat de repos que Winternilz et Pospischl rattachaient à la fatigue et à l'épuisement des muscles striés et des muscles lisses, déterminés par l'excitation énergique donnée par le froid, mais que Graeupner compare très ingénieusement aux processus de la nutrition qui s'efl'ectuent pendant le sommeil. Cet auteur dit fort exactement que cette manière de voir se justifie par l'expérience clinique. On peut souvent observer que le tissu adipeux diminue sous l'action d'une hydrothérapie judicieusement appliquée, tandis que le tissu musculaire se développe.

Urée. — Le produit terminal des échanges azotés de l'organisme le plus important est l'urée, qui résulte de l'activité vitale de toutes les cellules en général. L'urée, qui est l'élément de désassimilation le plus largement représenté dans l'urine. suit à peu près toutes les variations de l'excrétion azotée ; ainsi, dans les expériences de Strasser,la quantité absolue d'urée est sensiblement plus élevée les jours où l'excrétion d'azole augmente. Chez le premier sujet, l'augmentation maxima était de 18 pour cent, et l'augmentation moyenne de 10 pour cent; chez le second sujet, l'augmentation maxima était de 25 pour cent, la moyenne de 21.1 pour cent.

Strasser explique l'élévation du taux de l'urée dans la période des bains parle fait que l'apport sanguin aux organes qui prennent part à l'élaboration do l'urée est augmenté; car la circulation devient plus activesous l'influence de l'excitation réflexe. La i)roportion d'urée reste plus élevée relativement aux autres produits d'excrétion azotés, alors que l'azote total a cessé d'êtreen plus grande quantité; ce fait démontre, suivant Strasser, que la suractivité des organes et des cellules qui contribuent à l'élaboration de l'urée, après avoir été stimulée par l'excitation thermique et mécanique de la peau, persiste même après la fin de l'excitation initiale. Ces conclusions ont été confirmées par Vinaj et Vietti.

Acide uricTue. — Nos idées sur la formation et l'excrétion de l'acide urique se sont modifiées en ces derniers temps. On a regardé d'abord la production de l'acide urique comme une

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