EXTRACTION DES PROJECTILES DE GUERRE
son défaut, avec un bistouri ordinaire, conduit a plat, sur l'indicateur, jusqu'au fond de la blessure : la sonde cannelée ne doit être employée que pour un débridement de médiocre étendue, préparatoire, destiné à faciliter l'introduction du doigt. Le tranchant de l'instrument, retourné vers la paroi do la plaie, dans une direction opposée aux vaisseaux et aux nerfs, incise une épaisseur de parties molles convenable, sur toute la longueur du trajet de la blessure; s'il rencontre une aponévrose forte et résistante, il la scarifie en divers sens. S'il existe deux ouvertures, il faut les débrider l'une et l'autre, de manière que les doigts indicateurs, introduits dans chacune d'elles, puissent se toucher.
4° Extraction des projectiles de guerre.
Dans les plaies d'armes à feu à une ouverture, la présence du projectile au sein des tissus est la règle : dans certains cas seulement, la balle retombe au dehors, en vertu de son poids, ou s'échappe avec les débris de vêtements dont elle s'est coiffée, lorsqu'on déshabille le blessé.
Dans les ploies cV armes à feu à deux ouvertures, la présence du projectile au sein des tissus est l'exception ; mais le chirurgien n'oubliera pas qu'en traversant un membre, la balle a pu se diviser sur une arête osseuse, et laisser dans la blessure une portion d'elle-même; qu'elle a pu sortir entière,
en abandonnant dans la plaie des fragments de vêtements ou d'équipement (drap, cuir, boutons, pièces de buffleterie, etc.), en détachant des esquilles plus ou moins nombreuses qui demeurent au milieu des chairs.
On ne saurait donc apporter trop d'attention à l'examen des blessures par armes de guerre.
On commence par donner au malade la position qu'il occupait au moment où il a été frappé. On procède à la recherche des corps étrangers avec le doigt indicateur introduit dans la plaie, ou, si celle-ci est trop profonde ou trop étroite, avec une sonde de femme ou un stylet boutonné. Souvent le projectile fait saillie sous la peau ousous une faible épaisseur de parties molles à une distance assez éloignée du point de pénétration : aussi, convient -il d'explorer par la palpation les régions qui avoisinent la blessure : une pression légère peut éveiller une douleur bien localisée; qui indique à la fois la présence et le siège d'un projectile.
Un corps étranger est-il reconnu au milieu des parties molles? S'il est proche d'un orifice, on le retire aisément avec les pinces à pansement. S'il est plus profondément engagé, on le saisit comme on peut, et on le ramène au dehors avec le tireballes, lentement, sans tractions trop énergiques. — Si le projectile fait saillie sous la peau, dans un point éloigné de l'ouverture d'entrée, on l'extrait par une contre-ouverture, pratiquée sur un pli