‹ La pratique de la chirurgie d'urgenceChapitre 9 sur 72 · PLAIES CONTUSES · texte numérisé non relu

PLAIES CONTUSES

Les chirurgiens des diverses époques ont toujours eu tendance à soumettre les plaies par coups de feu à un traitement spécial : à la cautérisation par les liquides bouillants succéda le séton, au séton a succédé le débridement. Nous dirons tout à l'heure en quoi consiste cette opération; pour le moment, rappelons que le pansement des plaies d'armes à feu, débridées ou non, est subordonné à leur état de simplicité ou de complication.

Quand la blessure est simple, on la recouvre d'un linge fenêtre, huilé ou cératé, et d'un gâteau de charpie sèche, ou de compresses imbibées de liquides résolutifs : si elle est très-étendue, on rapproche les bords, autant que possible, avec des bandelettes de diachylum, de manière à diminuer la surface traumatique.

Quand la blessure est compliquée, on obéit tout d'abord aux indications fournies par les complications. On pratique la ligature des artères divisées, s'il y a hémorrhagie (accident rare dans les plaies d'armes à feu, .parce que les tuniques interne et moyenne, mâchées, rompues à des hauteurs trèsinégales, se rétractent et se recroquevillent à l'intérieur du vaisseau). On extrait les corps étrangers. On combat la stupeur locale par les fomentations de vin chaud ou d'eau- de -vie ; la stupeur générale

par le recul de la culasse et du levier, aux derniers temps delà charge. (Cf. Gaz. hebd. du 5 mars 180.9.)

Cor. re. — Chir. d'urg. 2

par les stimulants diffusibles, les boissons alcoolisées.

L'amputation immédiate peut être nécessaire. (Voy. Amputations.)

3° Débridement des plaies d'armes à feu.

Le débridement immédiat des plaies d'armes à feu n'est pas toujours nécessaire ou utile, mais il l'est souvent.

Il est inutile, quand la plaie est disposée en gouttière, régulière, à court trajet.

Il est contre-indiqué, quand la plaie s'accompagne de stupeur locale et d'ébranlement nerveux considérable.

// est indiqué : 1° lorsqu'une balle ayant cheminé sous la peau, celle-ci se trouve très-amincie : il est plus avantageux de réunir les deux ouvertures que d'abandonner ce soin à une gangrène inévitable ; — 2° lorsqu'une balje a parcouru un trajet assez étendu dans une région ricbe en aponévroses, qu'elle ait produit une ou deux ouvertures : des incisions préviennent l'étranglement et les accidents qui peuvent en résulter ; — 3° lorsqu'une balle ou tout autre corps étranger est resté profondément enfoncé dans les chairs : le débridement aide à sa recherche et à son extraction. {Compendium de chirurgie pratique.)

L! 'opération, en elle-même, est peu de chose. Elle se pratique avec un bistouri boutonné, ou, à

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