EXTRACTION DES PROJECTILES DE GUERRE. 2 Ô
des téguments, de dehors en dedans ou de dedans en dehors.
Le corps étranger est-il enclavé dans un os? La difficulté de l'extraction croît avec le degré de l'enclavement. Le tire-balles réussit parfois à saisir un projectile, lorsque celui-ci est médiocrement enfoncé dans un os; mais, en général, ce sont des instruments spéciaux qu'il convient d'employer, l'élévatoire, le tire-fond, la gouge et le maillet, le trépan.
En chirurgie d'urgence, on n'a guère sous la main que la spatule élévatoire des trousses, la gouge et le maillet, qu'on rencontre partout. Ces instruments suffisent : le trépan n'est applicable que dans certains cas, très-exceptionnels; et le tire-fond, qui ne peut mordre sur tous les projectiles, dont la manœuvre est moins facile qu'on ne l'imagine, est d'une utilité contestable.
Lorsqu'une balle est restée dans une articulation, « l'utilité de sa recherche et son extraction dépendent de l'étendue des désordres qu'elle a déterminés. Si ces désordres sont considérables et nécessitent une opération pendant laquelle le projectile pourra être trouvé et enlevé, il est inutile de faire souffrir le malade et de tourmenter l'articulation par des manœuvres préalables. Si au contraire l'état des parties permet d'espérer la conservation de l'article sans opération, il est indispensable d'enlever le corps étranger. Plus que partout ailleurs, l'extraction doit être faite
ici le plus tôt possible, en raison du gonflement qui ne tarde pas à survenir et de la constriction consécutive exercée par les tissus aponévrotiques. » (Legouest.)
L'opération s'exécute avec le tire-balles et l'élévatoire, dirigés sur l'indicateur, après un débridement convenable, si la plaie est trop étroite ou mal disposée pour l'exploration.
Art. 6. — du traitement des plaies compliquées d'inoculation, ET DE POURRITURE D'HOPITAL. — CAUTERISA- TION.
1° Plaies avec inoculation .
Dans les plaies avec inoculation de poisons (sucs cadavériques), de venins (venins des serpents, des scorpions, des abeilles, etc.), ou de virus (rage, morve), trois grandes indications sont à satisfaire :
1° Empêcher la pénétration du principe morbifique dans les voies circulatoires ;
2° Neutraliser ce principe, ou combattre ses effets, lorsqu'il est absorbé ;
3° Extraire les corps étrangers, agents d'introduction du poison, du venin ou du virus, lorsqu'ils sont demeurés dans la plaie.
Pour remplir la première indication, on agit : — a. À quelque distance de la blessure, par la ligature du membre entre la plaie et le cœur ; — b. sur la blessure elle-même, par la succion, les ven-