‹ La pratique de la chirurgie d'urgenceChapitre 12 sur 72 · PLAIES AVEC INOCULATION · texte numérisé non relu

PLAIES AVEC INOCULATION

touses, les lavages à grande eau, et la cautérisation, après débridement. La ligature est très-infidèle ; elle n'est pas applicable à toutes les régions. Les autres moyens sont plus efficaces, mais à la condition d'être employés avec promptitude et dès les premiers instants qui suivent la blessure : le débridement doit les précéder. Les incisions donnent lieu à un écoulement de sang qui entraîne au dehors une partie du poison ; elles permettent à l'eau, aux caustiques, au fer rouge, d'arriver jusqu'au fond de la plaie et rendent leur action plus certaine. On cautérise les tissus avec l'ammoniaque, l'alcool (on brûle sur la plaie une boulette de charpie ou de coton imprégnée de ce liquide), la poudre à canon (enflammée sur la blessure), ou le fer rouge.

La seconde indication est plus difficile à satisfaire: l'ammoniaque et les alcooliques, administrés à l'intérieur, rendent souvent de bons services ; la saignée prévient ou diminue quelquefois les processus inflammatoires; mais, le plus ordinairement, le médecin est réduit à une thérapeutique de symptômes qui ne saurait se formuler d'une manière générale.

La troisième indication peut surtout se rencontrer dans les blessures produites par les animaux venimeux.

Les crochets des serpents se brisent quelquefois dans les plaies : leur forme arrondie, le poli de leur surface, leur longueur médiocre qui limite

leur pénétration aux couches superficielles du corps, en rendent l'extraction facile (1) : elle se fait avec les pinces ordinaires. — Il en est de même de l'extraction des crochets des araignées, des scorpions , de la scolopendre , qui d'ailleurs sont rarement abandonnés par l'animal au milieu des tissus : leur élasticité les protège contre les causes de rupture, et celle-ci n'a guère lieu que lorsqu'on arrache violemment l'insecte des parties piquées ou mordues par lui (w2). Le dard des abeilles est formé de deux stylets déliés, reçus dans un étui de consistance cornée. Ces deux stylets sont adossés l'un à l'autre par leur face interne, qui est plane et parcourue dans toute sa longueur par un léger sillon ; en dehors et à leur sommet,

(1) Chaque individu a deux crochets montés, c'est-à-dire fixés dans les alvéoles du maxillaire supérieur et en communication avec la glande toxifère : ils représentent assez hien une corne allongée, conique, très-effilée vers la pointe, recourbée et convexe en avant : chez les ophidiens de grande taille, la pointe se redresse, et le crochet présente ainsi une double courbure, l'une à convexité antérieure, l'autre à convexité postérieure ; le canal étroit de ces crochets en exercice s'abouche supérieurement avec le conduit excréteur de la glande à venin, par une ouverture située à la partie antérieure de la base de la dent, et s'ouvre intérieurement par une fente en rigole, située à la partie antérieure de l'extrémité libre, un peu au-dessus de la pointe.

(2) Dans le Tamaulipas, il existe une espèce de scolopendre, qui se fixe, la nuit, à la plante des pieds des personnes endormies : on la force à se détacher d'elle-même, en promenant un fer chaud à une faible distance de l'animal.

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