CHAPITRE II Du traitement des luxations et des fractures
Luxations. — Les signes des luxations sont les suivants : douleur vive; sensation de déchirure, de cnoc ou de craquement, perçue au moment
de l'accident ; mouvements limités ou empêchés ; articulation modifiée dans sa forme et dans ses dimensions ; membre modifié dans ses dimensions, dans sa direction et dans son attitude. — Le traitement consiste à réduire, c'est-à-dire à replacer dans leurs rapports normaux les surfaces articulaires, et à maintenir la réduction par l'immobilisation du membre, à l'aide de bandages appropriés.
Fractures. — Les signes des fractures sont les suivants : douleur vive au niveau de la rupture osseuse, sensation de craquement et crépitation; mouvements fonctionnels du membre abolis ; mobilité anormale sur le trajet du membre; membre modifié dans sa forme, dans ses dimensions, dans sa direction et dans son attitude. — Le traitement consiste à réduire la fracture et à maintenir la réduction à l'aide de bandages ou d'appareils le plus souvent improvisés (1).
1° Mâchoire inférieure.
Les luxations se font toujours en avant : le déplacement porte sur un seul condyle ou sur les
(1) Dans le traitement des fractures des membres, nous n'aurons d'abord en vue que les indications générales de réduction et de contention, fournies par i'état de simplicité de la lésion ; à la fin du chapitre, nous indiquerons les soins que réclament les fractures compliquées et particulièrement les fractures par armes à feu.
deuxcondyles àlafois. — Signes /dépression au- devantduconduitauditif, aplatissement des tempes et des joues ; mâchoires plus ou moins écartées, mastication et déglutition impossibles, articulation des sons difficile et confuse. — Traitement : 1° réduire, en abaissant la mâchoire et en repoussant fortement ses branches en arrière, au moyen des pouces introduits aussi profondément que possible dans la cavité buccale et appliqués sur les molaires (procédé ancien); ou en tirant le menton en haut, après fixation d'un coin dé bois entre les dernières molaires (procédé d'A. Paré); 2° maintenir la réduction à l'aide d'un bandage en fronde, qui rapproche les mâchoires ; compresses résolutives sur les tempes.
Les fractures les plus communes sont celles du corps: elles peuvent s'accompagner de diminution ou d'abolition de la sensibilité de la lèvre inférieure (compression ou lésion du nerf dentaire) ; — réduction facile, par action directe des doigts sur les fragments ; compresses résolutives, bandage en fronde.
2° Clavicule.
Luxations de l'extrémité interne , sterno-claviculaires.
En avant et en bas. — Signes : douleur locale, tête claviculaire saillante en avant du sternum et surmontée d'un vide qui correspond à la cavité sternale; épaule raccourcie dans son diamètre