‹ La pratique de la chirurgie d'urgenceChapitre 17 sur 72 · CLAVICULE · texte numérisé non relu

CLAVICULE

sous la peau, extrémité externe de la clavicule bien sentie dans l'aisselle ; épaule portée en avant et en bas; bras pendant le long du tronc; mouvements faciles, excepté ceux d'élévation et d'adduction. — Traitement : 1° réduire : pratiquer la contre-extension sur le thorax, l'extension sur le bras, en repoussant l'épaule en arrière et en dehors ; la clavicule doit être dégagée de dessous l'apophyse coracoïde par pression directe; 2° contention : coussin placé dans l'aisselle, bandage de Desault pour les fractures de la clavicule, ou, à défaut. de bandes, écharpe de Mayor, fixant le bras contre la poitrine, le coude dirigé en avant et en dedans.

Fractures :

Lorsqu'elles se produisent au tiers externe de l'os, elles sont en général sans déplacement ; lorsqu'elles occupent les deux tiers internes de la clavicule, elles présentent un déplacement subordonné à leur direction ; le plus ordinairement, dans ce cas, le fragment externe se porte en bas. — Traitement : s'il n'y a pas de déplacement, compresse résolutive, écharpe soutenant le bras ; s'il y a déplacement : 4 ° réduire : ramener le coude en dedans, en haut et en avant, et, par lui, l'épaule en dehors, en haut et en arrière, manœuvre que l'on exécute très-aisément par le procédé de l'amplexation (le chirurgien, placé du côté opposé à la fracture, la poitrine appuyée contre l'épaule saine, embrasse le tronc du blessé, croise les mains sous

le coude, et agit ainsi sur le membre avec une grande efficacité) ; — 2° contention : compresses résolutives au niveau de la fracture ; coussin clans Faisselle ; bras maintenu contre le tronc, le coude

Fig. 10. — Bandage de Mayor.

en avant et en dedans, à l'aide du bandage de Desault (composé d'un bandage circulaire fixant le bras contre la poitrine, et d'un bandage en 8 dont le point d'entre-croisement correspond à la

fracture ; l'anneau inférieur, vertical, embrasse le bras et le coude du côté malade; l'anneau supérieur, oblique, embrasse le thorax et l'aisselle du côté sain) ; ou du bandage de May or (linge carré plié en triangle (fig. 10) : la base du triangle, tournée en haut, s'applique, par son milieu, sur le quart niférieur du bras et joue le rôle d'un bandage circulaire, ses deux extrémités venant se joindre du côté opposé de la poitrine; le sommet est ramené entre le coude et la poitrine, de manière à coiffer la partie inférieure du bras et tout l'avant-bras et la main ; on dédouble alors ses pointes, que l'on prolonge) s'il est nécessaire, au moyen de bouts de bande, et que l'on porte, l'une sur l'épaule saine, l'autre sur l'épaule malade, pour venir les fixer en arrière, au plein de l'écharpe).

3° Épaule.

Luxations scapulo- humer aies :

L'examen des rapports entre la tête de l'humérus et les saillies acromiale et coracoïdienne du scapulum est en quelque sorte la base du diagnostic de ces luxations. On ne les confondra ni avec la contusion de l'épaule, dans laquelle les mouvements communiqués sont normaux ; ni avec les fractures de l'extrémité supérieure de l'humérus, dans lesquelles les mouvements communiqués sont exagérés : dans les luxations, ces mouvements sont simplement limités.

En avant ou sous-coracoïdienne. — Signes: épaule très-aplatie, surtout en arrière ; saillie acromiale très-prononcée, et, au-dessous d'elle, vide causé par le déplacement de la tête numérale ; saillie de

fig. 11. — Luxation sous-coracoïdienne.

la tête numérale dans l'aisselle, presque sous la peau ; bras constamment allongé, dans la rotation en dehors; coude écarté du tronc, avant-bras fléchi sur le bras ; mouvements volontaires difficiles et mouvements communiqués douloureux, (fig. \ t.). — Traitement : 1° réduire : procédés nombreux : a. — rotation en dedans: porter F avant-bras derrière le dos, relever le coude et lui faire décrire un mouvement de rotation en dedans, l'omoplate étant fixée ; b. — rotation en dehors : le bras étant

relevé horizontalement en avant et un peu en dehors, l'avant-bras fléchi, exercer sur le membre une traction modérée, lui imprimer un fort mouvement de rotation en dehors, puis de rotation en dedans, et enfin d'abaissement; c. — élévation du bras ; d. — extension : oblique, horizontale ou verticale (malade soulevé par le membre luxé); e. — coaptation, comprenant tous les procédés dits à bascule (de l'échelle, de la porte, de l'épaule, du genou, du talon) ; f. — extension et coaptation : contre-extension* pratiquée au moyen d'une serviette que l'on passe sous l'aisselle du côté luxé, en avant et en arrière de la poitrine, et dont les extrémités sont confiées à des aides ou fixées solidement ; extension oblique ou horizontale, lente et régulière, sur le bras saisi à pleines mains ou entouré d'un lacs ; coaptation faite par le chirurgien, qui repousse la tête humérale en haut, en dehors et en arrière; 2° maintenir la réduction au moyen d'un bandage qui fixe le bras contre le tronc, l'avant-bras étant fléchi et ramené au-devant de la poitrine, comme dans les fractures de la clavicule ; compresses résolutives sur le moignon de l'épaule.

En arrière ou sous-acromiale. — Signes : épaule projetée en dehors; saillie de l'apophyse coracoïde et de l'acromion surmontant une dépression trèssensible, due au déplacement de la tête humérale ; celle ci sentie en dehors et en arrière sous l'angle postérieur de l'acromion ; bras dans la rota-

tion en dedans, de longueur normale ou augmentée ; mouvements douloureux (fig. 12). — Traitement : pression directe exercée avec les pouces sur

Fig. 12. — Luxation sous-acromiale.

la tête humé raie, une contre-extension étant faite sur le devant de l'épaule (Malgaigne) ; ou mouvement de bascule imprimé au membre, le coude étant élevé et porté en arrière.

En dedans ou intr a-cor acoïdienne. — Signes : épaule très-aplatie ; saillie acromiale très-prononcée et surmontant une dépression ; tête humérale sentie très-haut dans l'aisselle, en dedans de l'apophyse coracoïde, presque sous la clavicule, d'où l'existence d'un relief à la place du creux sous-cla-

viculaire; bras allongé ou raccourci, appliqué contre le tronc; mouvements impossibles (flg. 1 3) . — Traitement : extension oblique en bas, puis hori-

Fig. 13. — Luxation intra-coracoïdienue.

zontale, combinée avec un mouvement de pression ou de bascule sur l' avant-bras ou le genou.

En bas ou sous-glénoïdienne. — Signes : ceux de la luxation sous-coracoïdienne, avec cette différence toutefois qu'ici le creux sous-claviculaire est conservé et la tête humérale située au-dessous de la dépression du moignon. — Traitement : celui de la luxation sous-coracoïdienne.

4° Bras.

Fractures :

De la tête humérale ou intra-capsulaires : douleur, crépitation, déformation nulle ou peu prononcée, abolition des mouvements volontaires.

Du col chirurgical on extra- capsulair es : douleur, crépitation, ecchymose, déformation particulière, lorsque le fragment supérieur se porte en dehors et en avant, sous l'action des muscles sus -épineux, sous-épineux et petit rond, et le fragment inférieur, en dedans, sous Faction des muscles grand pectoral, grand dorsal et grand rond ; ou déformation à peine marquée (il y aurait, le plus ordinairement, absence de déplacement, d'après Malgaigne) ; abolition des mouvements volontaires. — Traitement : s'il y a lieu de réduire, faire exercer la contre-extension sur l'aisselle du côté malade et pratiquer l'extension sur l'avant-bras ou le bras porté en haut et en dehors, repousser les fragments en sens inverse du déplacement à l'aide des doigts. Compresses résolutives sur le moignon de l'épaule ; écharpe pour soutenir le membre, et bandage de corps pour le fixer contre la poitrine (Malgaigne) ; bandage de Mayor (Nélaton).

Du corps. — Signes : douleur, crépitation, déformation (subordonnée aux déplacements des fragments et à la direction de la fracture), mobilité anormale, abolition des mouvements fonctionnels. — Traitement : réduction par contre-extension,

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