FRACTURES COMPLIQUÉES
mêmes agents : Y extraction doit en être faite le plus tôt 'possible, après un débridement préalable des parties molles, s'il est nécessaire. L'opinion des chirurgiens est moins arrêtée en ce qui touche les esquilles adhérentes : nous croyons qu'elles doivent aussi être enlevées le plus tôt possible, à un petit nombre d'exceptions près. « Il est de la dernière évidence que si de violents efforts ou des délabrements étendus étaient nécessaires à leur extraction et devaient amener des accidents plus graves que leur présence même, leur élimination serait remise aux soins de la nature ou leur enlèvement retardé jusqu'à leur plus grande mobilisation. Dans les cas où il est possible de les enlever immédiatement, il faut avoir soin de le faire sans violence , avec la réserve que la prudence commande, en prenant garde de dépouiller les os qui restent de leur périoste et de préparer des nécroses : l'arrachement, la déchirure, les torsions ne doivent jamais être employés; c'est avec le bistouri ou les ciseaux que l'on doit couper les tissus qui retiennent les os en place. » (Legouest, Chir. d'armée.)
Quand la fracture est comminutive, c'est-à-dire, quand l'os, au lieu de sa rupture, est divisé en un grand nombre de fragments, ou d'esquilles, il y a souvent complication d'une plaie des parties molles étendue, et parfois complication d'une lésion des gros troncs nerveux et vasculaires : l'amputation peut alors être très-nettement indiquée.
Si le médecin la diffère, dans l'espoir de sauver le membre ou parce que les circonstances s'opposent à son exécution, il doit donner au membre une position convenable, le placer dans une gouttière ou dans un appareil à attelles, et le soumettres aux irrigations d'eau froide ou aux applications topiques résolutives.
La plupart des considérations que nous venons d'exposer se rapportent aux fractures par coups de feu ; nous ne saurions mieux les compléter qu'en empruntant à un maître déjà cité les conseils suivants.
« Les fractures par armes à feu étant des fractures compliquées au premier chef, il convient, après les soins préliminaires donnés et la réduction obtenue, de placer les membres dans des appareils qui les maintiennent et permettent en même temps le pansement de la plaie. Les appareils les plus simples sont les meilleurs, pourvu qu'ils assurent d'une manière suffisante l'immobilité des parties. On trouve dans les caissons d'ambulances tout ce qui est nécessaire àla construction d'appareils fabriqués de toutes pièces par le chirurgien, on y trouve de plus des gouttières en fil de fer étamé...
« Pendant les premiers jours qui suivent une fracture par armes à feu, le gonflement des parties survient; puis apparaît la suppuration, et pendanl longtemps des esquilles échappées aux premières recherches de l'exploration peuvent sortir par la