FRACTURES COMPLIQUEES
plaie. Il est donc nécessaire de ne faire que contenir le membre, sans l'emprisonner dans un appareil couvert, tant que le gonflement ne sera pas dissipé et la suppuration tarie. Les gouttières en fil de fer rendent d'excellents services pendant la première période, et leur emploi convenablement dirigé peut même être continué jusqu'à la période voisine de la guérison... Elles réunissent toutes les conditions désirables d'immobilité, de contention mesurée, de facilité de surveillance et de •pansement du membre; elles permettent le transport commode des blessés et la suspension du membre, soit au lit du malade, soit dans les voitures, bateaux, etc.; elles sont enfin d'une application rapide, considération importante qui doit les mettre en faveur dans la chirurgie d'armée...
a Les appareils ordinaires à attelles et à coussins de balle d'avoine, permettant le libre examen du, membre et le pansement de la plaie, sont utilement employés à toutes les époques du traitement ; ils conviennent mieux néanmoins, lorsque les premiers accidents sont apaisés. Ils sont faciles à construire de toutes pièces, leurs éléments se rencontrant partout; ils s'appliquent rapidement et se changent de même; mais ils ne réunissent pas, comme les gouttières, les avantages de l'hyponarthécie à ceux de la contention ; ils se dérangent facilement, surtout £ans les transports, et se prêtent peu à la suspension du membre. La suspen-
sion des membres, au surplus, n'est point aussi avantageuse qu'on pourrait le croire : presque toujours inutile au lit du malade, bonne dans les transports par eau, elle ne vaut pas, dans les voitures ordinaires et même dans les chemins de fer, le maintien du membre sur les coussins, sur du foin ou de la paille, qui atténuent beaucoup mieux qu'elle les cahots et les secousses. . .
« Les membres doivent toujours être à nu dans les appareils : l'application des bandages roulés, du bandage à dix-huit chefs, des bandelettes séparées, exige beaucoup de temps, et nécessite des mouvements du membre toujours préjudiciables. D'une part, l'utilité de ces bandages est contestable; de l'autre, ils sont souillés rapidement par des liquides échappés de la plaie, ils déterminent par leur contact des rougeurs phlogosées de la peau, répandent une odeur infecte et réclament de fréquents changements... La plaie sera pansée simplement ou recouverte d'un morceau de diachylum destiné à la préserver du contact de l'air : on prendra les plus grandes précautions pour qu'elle soit toujours libre, pour qu'aucune pièce de l'appareil ne vienne l'obturer et empêcher l'écoulement des liquides. » (Legouest, Chir. d'armée.)