GENE H ALITÉS
celui qui l'assiste. Il doit alors appliquerlui-même la ligature sur l'artère, d'après le procédé de Béclard, ou d'après celui que nous décrirons.
Béclard agissait de la manière suivante : « Un fil était préalablement jeté sur la pince et fixé par un nœud simple non serré. Une l'ois le vaisseau saisi, les deux bouts du fil étaient pris près du nœud, l'un par Béclard, l'autre par un aide, et le lien était conduit au delà de la pince, jusque sur l'artère, où il était de suite serré par une traction exercée sur chaque bout du fil. La pince enlevée, Béclard prenait le bout qui avait été confié à l'aide, il achevait de serrer le premier nœud sur lequel il en faisait un second à la manière ordinaire. Le chirurgien trouvait à cela l'avantage de poser lui-même avec sécurité le fil sur l'artère, et de le serrer au degré convenable. » (Comp. de chir.prat.)
Par le procédé que nous allons indiquer, le médecin peut se passer de tout aide. A l'une des extrémités du fil, il forme une anse fixe, qu'il glisse sur le médius droit, jusqu'à l'union de la deuxième phalange avec la troisième. A une distance très- rapprochée de cette anse , il fait un nœud lâche, au travers duquel il introduit les mors de la pince, tenue comme une plume à écrire, entre l'indicateur et le pouce droits; les mors, en s'écartant, élargissent le coulant, qu'on abaisse sur l'artère, une fois saisie, avec l'extrémité de l'indicateur gauche. Les tractions inverses, exercées
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sur le lien par le médius droit, fortement étendu, et les doigts de la main gauche serrent le nœud sur le vaisseau; le chirurgien abandonne alors la pince; plus libre de ses mouvements, il assure la
Ficr. 37. — Manière de jeter une ligature sur une artère, à la surface d'une plaie, quand on est sans aide.
constriction et l'arrête par un second nœud (fig. 37).
Ligature indirecte des artères. — La ligature indirecte, celle qui se pratique sur le vaisseau en un point plus ou moins éloigné de la lésion, doit toujours être faite à une distance des collatérales supérieures d'autant plus grande que ces collatérales sont plus volumineuses.
Le chirurgien reconnaît tout d'abord la position
GENERALITES. 125
de l'artère; il est guidé dans cette recherche: 1° par les pulsations du vaisseau ; 2° par le relief de ses muscles satellites ; 3° par les lignes fictives qui retracent sa direction.
L'opération comprend cinq temps:
1er Temps. — Incision de la peau, en général parallèle à la direction de l'artère; sa longueur est en rapport avec la profondeur du vaisseau, c'est-à-dire avec l'épaisseur des parties à diviser pour découvrir celui-ci.
2e Temps. — Incision de V aponévrose d'enveloppe, sur la sonde cannelée : on soulève légèrement avec les pinces l'aponévrose vers l'un des angles de l'incision cutanée, et, avec la pointe du bistouri, on pratique une petite boutonnière, qui livre passage à la sonde.
3e Temps. — Recherche de V artère : Le chirurgien écarte les fibres musculaires "et déchire les trames celluleuses avec le bec de la sonde cannelée ; il n'emploie le bistouri qu'avec une extrême prudence : il ne va pas droit au vaisseau, mais successivement d'un point de ralliement (muscle, nerf ou veine) à un autre point de ralliement, de manière à savoir toujours « où il en est, quel chemin il a fait, quel chemin reste à faire... »
4e Temps. — Isolement de l'artère : La plupart des auteurs conseillent de déchirer la gaîne cellulofibreuse qui entoure le vaisseau avec la sonde cannelée. Pour Bérard et Denonvilliers , voici comment il faut dénuder l'artère : « On saisit
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avec des pinces à dissection la gaine de l'artère dans le centre de la plaie ; on soulève doucement cette gaîne, et avec le bistouri on la coupe, en dédolant, dans l'étendue de 1 à 2 centimètres au plus. Dès que la gaîne est incisée, on glisse entre elle et l'artère une sonde cannelée à pointe mousse. Pour cela, chacune des lèvres de la plaie faite à la gaîne du vaisseau est successivement saisie et écartée avec les pinces à dissection, en sorte que la dénudation se fait des deux côtés et en arrière, avec d'autant plus de facilité que la gaîne des vaisseaux n'est unie à l'artère que par un tissu cellulaire assez lâche. La sonde cannelée, tenue comme une plume à écrire, subit des mouvements légers de va-et-vient, de manière à décoller peu à peu l'artère, et à passer au-dessous d'elle. A mesure que ce décollement s'opère, on abaisse de plus en plus la sonde, et son bec, s'inclinant par degrés sous la face profonde du vaisseau, vient bientôt faire saillie du côté opposé, où le médius et l'indicateur gauches ont soin de préserver les parties importantes. [Comp. de chir. prat.)
5e Temps. — Ligature : Un fil de lin ciré, préparé à l'avance, est enfilé dans le chas d'un stylet aiguillé, que la sonde cannelée conduit sous l'artère. Après quoi, on retire les deux instruments, en laissant le lien: celui-ci soulève l'artère, est serré autour d'elle par un premier nœud, puis par un second, qu'on assure avec l'extrémité des doigts indicateurs, portés jusqu'au fond de la plaie.