BLESSURES DE LA FACE
les postérieurs ramenés transversalement sur les tempes , où ils sont arrêtés et fixés par deux épingles).
2° Blessures de la face.
La réunion des plaies des parties molles, au moyen de la suture, doit toujours être tentée, alors même qu'il y aurait lambeau entièrement détaché : on cite aujourd'hui d'assez nombreux exemples de réunion, après séparation complète, du lobule du nez et du lobule de l'oreille.
S'il y a fracture des os, on s'applique à remédier au déplacement. Dans celle des os du nez, on cherche à relever les fragments avec une sonde de femme, portée à l'intérieur des narines; dans celle de l'arcade zygomatique, on conseille de ramener les fragments en rapport, avec la spatule, glissée au-dessous d'eux, par une incision des parties molles. Dans les fractures compliquées du maxillaire supérieur, il est de règle de conserver les esquilles, si peu adhérentes qu'elles soient. Nous avons déjà parlé des fractures du maxillaire inférieur (page. 42).
La face renferme les organes de l'audition, de la vision, de l'olfaction et de la gustation ; elle est parcourue par des nerfs en rapports plus ou moins intimes avec ces organes, et par des artères nombreuses, quelques-unes volumineuses, telles que la carotide externe, à la région parotidienne.
162 TRAITEMENT DES DLESSURES.
Si une artère est ouverte, on se comporte ainsi qu'il a été dit au chapitre de l'Hémostasie.
Si un nerf a été divisé, les troubles qui résultent de cette lésion demeurent incurables.
Le globe oculaire est fréquemment atteint, à des degrés divers, de contusion ou de plaie : il faut recouvrir la partie blessée de compresses imbibées d'eau froide, appliquer des sangsues à l'angle externe des paupières, recourir à la saignée du bras et aux dérivatifs intestinaux, si l'on craint une réaction trop intense. Les hernies de l'iris sont réduites à l'aide d'un stylet, ou bien par les mouvements provoqués de ce voile contractile (subite exposition de l'œil à la lumière après occlusion momentanée des paupières, instillations de quelques gouttes d'une solution d'atropine). Les corps étrangers situés dans l'épaisseur de la cornée sont enlevés avec la pointe d'une épingle ou d'une aiguille; ceux qui ont pénétré dans le globe oculaire sont extraits avec les pinces ou un crochet, après débridement de la plaie ou incision de îa sclérotique, s'il est nécessaire, mais à la condition qu'ils offrent une prise facile aux instruments et que leur siège précis soit reconnu.
Art. 2. —du traitement des blessures du cou.
Les blessures du cou empruntent à l'importance des organes compris dans cette région et à la dis-
position des plans musculaires et aponévrotiques une gravité tout exceptionnelle. Les plaies les plus insignifiantes, en apparence, peuvent donner lieu à des inflammations sérieuses, à des abcès considérables, qui ont tendance à fuser vers la poitrine. La pénétration de l'air dans les veines est singulièrement favorisée par l'adhérence de ces vaisseaux aux tissus fibreux qui les environnent ; les hémorrhagies sont d'autant plus à redouter que les artères sont nombreuses, volumineuses, difficiles à comprimer et à lier. Le larynx, la trachée, l'œsophage, sont fréquemment atteints par les agents vulnérants.
Dans les plaies superficielles ou profondes, dans celles qui intéressent le larynx ou la trachée, on se borne (après avoir satisfait aux indications spéciales de l'hémorrhagie et des corps étrangers, si elles existent), à rapprocher les bords par une situation convenable et à les recouvrir d'un pansement simple. La suture est proscrite (bien qu'elle soit seule apte à combattre le renversement des lèvres en dedans, caractéristique des solutions de continuité de la partie antérieure du cou), à cause de l'inflamation qu'elle pourrait amener (1).
Dans les divisions complètes de la trachée,
(I) Ne pourrait-on pas essayer la suture de J. Lamprey, qui se pratique avec des aiguilles à coudre très-ûnes, ne traversant que la peau, et fixées par une anse de fil de soie?
quand il y a écartement considérable des bouts de l'organe, il est quelquefois nécessaire d'introduire par l'inférieur une canule métallique ou élastique pour permettre à la respiration de s'effectuer.
Les plaies de l'œsophage fournissent une indication particulière : il importe d'empêcher le passage des boissons par la solution de continuité du conduit. — Les plaies longitudinales ont peu de tendance à l'écartement, et sont abandonnées à elles-mêmes : on a seulement soin de maintenir le cou dans l'extension modérée. — Les plaies transversales incomplètes exigent une suture entrecoupée, à points très— rapprochés, intéressant toute l'épaisseur ou une partie de l'épaisseur des parois du canal, et la flexion modérée de la tête. — Dans l'un et l'autre cas, si la solution de continuité est très-étendue, il faut laisser à demeure une sonde dans l'œsophage, pour assurer l'arrivée des liquides à l'estomac.
Dans les plaies transversales complètes, on introduit la sonde œsophagienne à travers les deux bouts. Pour éviter les fausses routes, au niveau de Tinférieur, Legouest conseille de recourir au procédé suivant. « Une bougie uréthrale de petit diamètre serait introduite profondément, par son extrémité terminale, dans la plaie et le bout inférieur de l'œsophage ; son autre extrémité, armée d'un long fil, serait maintenue au dehors : une petite sonde, introduite par la bouche, par-