‹ La pratique de la chirurgie d'urgenceChapitre 50 sur 72 · BLESSURES DE LA POITRINE · texte numérisé non relu

BLESSURES DE LA POITRINE

des veines viscérales ; mais si le sang provient des artères intercostales ou de la mammaire interne, l'indication est d'agir aussi directement que possible sur les vaisseaux lésés.

1° La ligature des artères, à une distance plus ou moins considérable de la blessure, nous paraît impraticable, dans l'immense majorité des cas. C'est une opération laborieuse et incertaine. Le procédé de Reybard exige une aiguille particulière, qu'on a bien rarement sous la main ; le procédé de Marcellin Duval, le seul méthodique, est d'une exécution très- difficile, même sur le cadavre.

2° La ligature des bouts du vaisseau, dans la plaie, doit être pratiquée toutes les fois 'qu'il est possible d'atteindre et de saisir l'artère.

3° Quand le vaisseau échappe aux recherches, il faut essayer la cautérisation au fer rouge (Anger), ou la compression d'après les procédés de Gérard et de Goulard, de Quesnay, de Desault, etc. — a. Bourdonnet maintenu sur l'artère au moyen d'une ligature jetée autour de la côte ; — b. Jeton d'ivoire, appuyant, par son extrémité supérieure, contre le bord inférieur de la côte, renversé sur la poitrine par son extrémité inférieure, que fixe un bandage ou un lien circulaire; — c. Linge carré enfoncé dans la plaie et rempli de charpie, de manière à former intérieurement comme une pelote de compression sur le vaisseau ouvert : les angles du linge, étirés, sont attachés aux pièces extérieures du pansement.

2° Plaies pénétrantes avec corps étrangers.

a Des corps étrangers, et en particulier des projectiles de guerre, pénètrent dans le médiastin et y demeurent. Jl convient d'aller à leur recherche pour procéder à leur extraction : à cet effet, la plaie sera explorée avec une sonde en gomme élastique de gros calibre, conduite avec prudence et ménagement. On dilatera l'ouverture autant qu'il sera convenable par une incision, et, si cela est nécessaire, on appliquera sur le sternum une ou deux couronnes de trépan....

(( Les corps étrangers engagés dans le cœur doivent être enlevés toutes les fois qu'ils sont accessibles. On n'est jamais assuré, comme on l'a dit, que leur extraction sera suivie d'une mort plus rapide, tandis qu'on a la certitude que leur présence peut être funeste, et qu'il est permis, après leur ablation , de concevoir l'espérance d'une guérison.... » (Legouest, Chir. d'armée.)

Les corps étrangers de la plèvre et du poumon doivent être recherchés et extraits comme ceux du médiastin et du cœur. Il n'est pas vrai que le sondage des plaies de poitrine, produites par les projectiles de guerre et intéressant le poumon, soit une hérésie chirurgicale : le seul inconvénient qu'on puisse lui reprocher, c'est de ne pas toujours conduire au corps étranger. L'extraction se fait avec des pinces, quelquefois avec les doigts,

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