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BLESSURES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS

d'une épaisseur notable des tissus situés au-dessous d'elle : on n'arrive pas jusqu'au foyer purulent, mais on favorise son ouverture naturelle en diminuant l'épaisseur de ses parois.

4° Si l'abcès est très-profond, très-étendu et mal limité, on pratique deux ouvertures (ou un plus grand nombre) dans les points les plus favorables à l'écoulement du pus.

On presse doucement sur la tumeur pour aider à la sortie du pus, puis on procède au pansement. Si l'abcès n'a qu'une ouverture, on introduit par celle-ci une mèche de charpie légèrement cératée ; si l'abcès a plusieurs ouvertures, on passe pu travers du foyer un tube de caoutchouc vulcanisé percé de trous latéraux (drain), une longue mèche de charpie ou une bandelette à seton ; on recouvre ensuite avec un linge fenêtre et huilé, audessus duquel on dispose un gâteau de charpie sèche, ou plus simplement avec un plumasseau de charpie cératé, une compresse et un bandage convenable.

Art. 3. — du traitement des blessures par instruments piquants.

Une mouche de diachylum, un plumasseau de charpie cératé, maintenu par quelques tours de bande, suffisent au pansement des plaies par in-

struments piquants, lorsqu'elles sont exemptes de toute complication.

Cependant, quand ces plaies ont pour siège des régions riches en tissus fibreux, soumises à des mouvements répétés, où l'inflammation avec étranglement est à craindre, il vaut mieux recourir, dès les premiers instants, aux applications résolutives (compresses ou charpie imbibées d'eau, d'eau-de-vie ou d'alcool camphré, etc.).

Si le corps vulnérant est resté dans la plaie, il faut l'extraire. Cette extraction ne présente, en général, aucune difficulté : elle se fait par la plaie (agrandie, s'il est nécessaire, avec le bistouri), à l'aide des doigts ou des pinces, ou par une contreouverture, lorsque l'instrument piquant offre des saillies ou des dentelures qui s'opposent à son enlèvement par la voie de pénétration (hameçons, flèches, etc..) (1).

(1) Les personnes qui habitent les bords de la mer, les matelots, se piquent souvent les pieds en se baignant dans des lieux parsemés d'oursins. Les pointes de ces animaux restent dans les chairs et occasionnent de vives douleurs. Laiguillon rapporte avoir appris d'un Arabe la manière d'extraire ces piquants : « Il s'agit d'étendre deux lignes de graisse sur la partie, d'y appliquer à plat la lame d'un couteau chauffée au feu ; puis on ratisse, et les pointes sortent d'elles-mêmes. » (Forget, Méd. nav., II.)

Art. 4. — du traitement des blessures par instruments tranchants.

Les plaies par instruments tranchants consistent en solutions de continuité de longueur, largeur et profondeur variables, mais à bords réguliers, ordinairement bien disposés pour la réunion; elles peuvent présenter des lambeaux à base plus ou moins étendue, ou s'accompagner de perte de substance.

Le pansement diffère selon qu'on se propose d'obtenir :

1 ° La réunion immédiate ou par première intention, c'est-à-dire la soudure des lèvres de la plaie sans suppuration ;

2° La réunion médiate, secondaire ou par seconde intention, c'est-à-dire la soudure des lèvres de la plaie après suppuration ;

3° La cicatrisation, c'est-à-dire la formation d'un tissu nouveau, cicatriciel, interposé aux lèvres de la blessure, trop éloignées l'une de l'autre pour être affrontées.

1° Réunion immédiate.

La réunion immédiate doit être tentée dans les premières heures qui suivent la blessure, si les bords de la solution de continuité sont nets et exempts de contusion, s'il n'existe aucune complication donnant lieu à des indications spéciales.

Les moyens de la produire sont nombreux.

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