‹ La pratique de la chirurgie d'urgenceChapitre 7 sur 72 · OPERATIONS COMMUNES · texte numérisé non relu

OPERATIONS COMMUNES

\° La situation favorise la réunion des plaies du cou et des membres : la flexion convient aux plaies transversales , l'extension modérée aux plaies longitudinales.

2° Les bandages invaginés sont quelquefois employés dans les blessures des membres : on peut y avoir recours lorsqu'on manque de bandelettes, mais sans accorder trop de confiance à leur action unissante, très-incomplète et peu soutenue. Yoici la description qu'en donne Jamain.

a. Bandage des plaies longitudinales. — « Pièces du bandage. Prenez une bande dont la largeur dépasse un peu la longueur de la plaie, et dont la longueur soit telle qu'elle puisse faire plusieurs fois le tour du membre blessé. Taillez sur une de ses extrémités des chefs larges d'environ 2 centimètres, et assez longs pour faire les trois quarts de la circonférence du membre ; placez la bande autour de la partie où elle doit être appliquée, et marquez l'endroit où elle rencontre la racine des chefs ; pratiquez dans ce point autant d'ouvertures qu'il y a de chefs et prolongez les boutonnières du côté de ces derniers. On peut encore faire ces ouvertures à une distance des chefs égale à leur longueur. D'ailleurs, peu importe le point où ces ouvertures seront pratiquées, pourvu que la distance entre la racine des chefs et l'ouverture ne soit pas plus grande que la circonférence delà partie qui doit être entourée. Il faut, en outre, deux compresses graduées, dont l'épaisseur sera

en raison de la profondeur de la plaie. — Application. Pour appliquer ce bandage, on place sur les bords de la plaie les compresses graduées, d'autant plus loin que la plaie sera plus profonde ; on portera ensuite le plein de la bande intermédiaire aux chefs et aux boutonnières sur la partie opposée à la solution de continuité ; on ramènera les chefs et les ouvertures vers la plaie, puis on engagera chacun des chefs dans l'ouverture correspondante. On fera des tractions en sens opposés plus ou moins fortes, afin de ramener les bords de la plaie en contact, puis on fixera le bandage en enroulant le reste de la bande : il est bon, afin de donner -plus de solidité, de fixer chacun des

chefs avec des épingles »

b. Bandage des plaies transversales. — (.(Pièces du bandage. Prenez : 1° deux bandes non roulées, longues de 60 centimètres environ et d'une largeur égale à la longueur de la plaie ; 2° deux bandes roulées à un globe. Une des bandes non roulées doit être divisée à une de ses extrémités en chefs de 3 centimètres de large ; l'autre bande doit présenter près de son extrémité des ouvertures en nombre égal. — Application. Pour appliquer ce bandage, on fixe la première bande non roulée inférieure au moyen d'un bandage spiral, et, afin qu'elle ne soit pas entraînée en haut par les tractions qu'on est obligé de faire pour rapprocher les bords de la plaie, il est nécessaire de la replier sur elle-même une ou plusieurs fois*

par-dessus les tours de spire qui ont été faits pour la maintenir en place. Lorsque le bandage spiral est arrivé au niveau de la solution de continuité, on fait tenir le globe par un aide, on fixe la

Bandage unissant des plaies transversales, appliqua à la cuisse.

bande non roulée supérieure de la même manière, en allant de la partie supérieure vers la partie inférieure ; arrivé au niveau de la solution de continuité, on engage les chefs qui ont été taillés sur une des deux bandes dans les ouvertures pratiquées sur l'autre : cela fait, on tire sur les deux extrémités de la bande pour rapprocher les lèvres de la plaie, et on fixe le bandage en épui-

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sant la bande inférieure sur la partie supérieure, et réciproquement... »

3° Les bandelettes agglutinatives, taillées dans un morceau de sparadrap au diachylum, doivent avoir une largeur d'un centimètre à un centimètre et demi, etune longueur telle, qu'elles puissent faire une fois et demie le tour du membre ou prendre un point d'appui à 25 ou 30 centimètres de la solution de continuité. On les applique de deux façons, après avoir rasé et essuyé la partie, s'il est nécessaire. — a. Chaque bandelette est lixée moitié sur un des côtés de la plaie, moitié sur l'autre côté (quand la première moitié adhère à la peau, on rapproche les bords avant de fixer le reste de la bandelette) ; la bandelette qui correspond à la partie moyenne de la plaie est d'abord posée, r puis les autres sont placées alternativement en haut et en bas, jusqu'à ce que la plaie soit toute recouverte. — h. Si la blessure siégea un membre, on applique le milieu de chaque bandelette sur la face opposée à la plaie, et l'on ramène les deux chefs l'un à droite, l'autre à gauche, de manière à les entre -croiser sur la solution de continuité et à les fixer sur les côtés : on commence l'application par l'angle inférieur de la plaie . Dans l'un et l'autre procédé, les bandelettes doivent s'imbriquer de telle sorte qu'il n'existe aucun intervalle entre elles.

4° Les serres- fines sont d'excellents instruments de réunion : elles maintiennent les lèvres de la

plaie dans un contact parfait, sans se relâcher dans leur action et sans entamer les tissus. Mal-

Fig. 3. — Serres-fines de Vidal (de Cassis

heureusement, elles font souvent défaut au chirurgien dans les cas d'urgence.

5° Les sutures sont indiquées lorsque là plaie intéresse une partie dans toute son épaisseur (paroi abdominale, joues, lèvres, etc.).

La peau rasée et nettoyée, les lèvres de la blessure rapprochées avec les doigts ou avec des pinces, on applique le premier point à la partie moyenne de la division, si la plaie est rectiligne ou curviligne, aux angles, si elle est à lambeaux (en Y, en T, ou cruciale +)• Les autres points sont ensuite placés à des intervalles égaux : « l'intervalle d'un point à l'autre, comme aussi la distance de l'entrée et de la sortie de l'aiguille au bord de la plaie, varient selon l'épaisseur des chairs ; la règle essentielle est que l'affrontement soit partout exact. » (Malgaigne.) On a soin de traverser les téguments sous un angle d'envi-

ron 45°, de soutenir les parties molles au-devant de l'aiguille, de ne serrer les points que lorsque tous les fils ont été posés, et en commençant par le plus central, de ne produire qu'une striction modérée et de faire les nœuds sur le côté le moins déclive de la plaie.

Tous les points de suture doivent bien se prêter un mutuel appui, mais en restant toujours isolés et indépendants, de telle sorte que le relâchement ou la section de l'un ne nuise pas à la solidité des autres. (Malgaigne.) C'est aux procédés qui répondent le mieux à cette loi que le chirurgien donnera la préférence.

On peut ainsi classer les principales sutures :

a. Sutures interrompues, à points isolés et indépendants :

1° complètement : à traction directe, sans froncement :

S. entrecoupée, entortillée, enchevillée ;

2° incomplètement: à traction directe, avec froncement: S. à anse ;

b. Sutures continues :

1° à traction oblique:

S. à surjet, en faufil ; 2° à traction circulaire :

S. en bourse, en ligature.

Suture entrecoupée. — Le procédé classique exige une aiguille courbe et un fil pour chaque point ; le premier point correspond à la partie moyenne de la plaie. Un long fil et une seule aiguille suffi-

sent

t. — Suture en trecoupée.

on traverse les lèvres de droite à gauche et de gauche à droite alternativement, on forme ainsi des anses plus ou moins étendues, qu'on sectionne d'un coup de ciseaux, et on noue les bouts sur les côtés de la plaie ; dans ce procédé, on commence la suture par l'un des angles de la solution de continuité.

Suture entortillée. — S'il ne faut qu'un point de suture, on enfonce une épingle dans les parties molles, à une distance convenable des lèvres de la plaie, soit avec les doigts, soit avec la pince fixe; on engage une anse de fil sous les deux bouts de l'épingle ; on entre- croise les chefs par- dessus la plaie; de manière à les ramener sous l'épingle et à décrire un 8; on renouvelle cette manœuvre trois ou quatre fois, et on arrête les extrémités du fil par un nœud où une rosette. Si plusieurs points de suture sont jugés nécessaires, on passe d'une épingle à l'autre les deux chefs du fil, en les croisant au-dessus de la plaie, dans l'intervalle du point achevé et du point à exécuter. Malgaigne conseille d'arrêter chaque point isolément.

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Suture enchevillée. — C'est une suture entrecoupée à fils doubles : chaque fil embrasse par son anse une tige de plume, un rouleau de sparadrap ou de linge, un crayon, et se noue, du côté opposé, sur une cheville analogue ou semblable, avec une force suffisante pour rapprocher les bords de la plaie.

Cette suture réunit très-bien le fond de la plaie, mais laisse les lèvres un peu écartées.

Suture en surjet. — Elle se fait avec une aiguille plutôt droite que courbe ; le fil décrit des tours de spire depuis une extrémité de la plaie jusqu'à l'autre ; on l'ar

Fig.

- Suture enchevillée.

Fig. 7. — Suture en surjet.

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rete au moyen d'un nœud ou d'une rosette.

Suture en faufil. — Le fil, au lieu de décrire des tours de spire, comme dans la suture en surjet, forme des zigzags sur les côtés de la plaie.

Nous ne dirons rien des autres sutures, qui ne trouvent leur application

Fig. 8. — Suture en faufil.

que dans des cas spéciaux (voir les plaies de l'intestin).

2° Réunion secondaire.

Si on veut obtenir la réunion par seconde intention, on se borne à recouvrir la blessure avec des bandelettes de diachylum légèrement écartées, pour permettre au pus de s'écouler au dehors ; avec un plumasseau de charpie cératé, ou un linge fenêtre, huilé ou cératé, au-dessus duquel on dispose une couche de charpie sèche : d'autres fois, on panse avec des gâteaux de charpie imbibés d'eau- de-vie camphrée.

3° Cicatrisation.

Quand les bords de la solution de continuité ne peuvent être affrontés, comme dans les plaies avec perte de substance, la guérison s'opère par cicatrisation. On panse avec un plumasseau de charpie cératé, un linge fenêtre, huilé ou cératé, recouvert de charpie sèche ; ou, si l'on veut maintenir la surface suppurante à l'abri du contact de l'air, on a recours à l'occlusion (cuirasse de bandelettes de sparadrap ou baudruche gommée).

Uhémorrhagie est la complication la plus commune des plaies par instruments tranchants: la réunion des bords de la blessure l'arrête souvent ; mais si ce moyen ne réussit pas à suspendre l'écoulement du sang, il faut combattre l'hémorrha-

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