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CONTUSION

gie par des topiques réfrigérants, styptiques ou absorbants (eau froide, solution de sulfate de cuivre, de perchlorure de fer, etc.), par la cautérisation au fer rouge, par la compression, ou enfin pratiquer la ligature des vaisseaux divisés.

S'il existe des corps étrangers, on les extrait avant de procéder à tout pansement.

Art. 5. — du traitement des blessures par instruments contondants, et particulièrement des blessures par armes a feu.

1° Contusion.

Toutes les fois qu'une puissance extérieure agit par choc ou par pression sur les tissus vivants, de manière à provoquer la rupture des vaisseaux, à détruire les voies de la circulation dans les parties frappées, sans division de la peau, il y a contusion.

Au 1er degré, quelques mailles du tissu cellulaire sous- cutané, les petits vaisseaux superficiels sont seuls déchirés : il se produit une infiltration sanguine dont une ecchymose traduit l'étendue.

Au 2e degré, des fibres cellulaire et musculaires, des vaisseaux de plus gros calibres sont rompus : le sang s'extravase dans les tissus en quantité plus ou moins considérable, ou se réunit en foyer (bosses ou tumeurs sanguines).

Au 3e degré, les parties molles sont profondé-

ment altérées : elles ne sont pas encore mortifiées, mais elles sont condamnées à le devenir dans un délai très-court.

Au 4e degré, il y a désorganisation, gangrène immédiate des tissus.

Les deux premiers degrés se traitent par les applications résolutives. On favorise la résorption des tumeurs sanguines récentes et de médiocre volume par l'écrasement. Si l'épancliement sanguin est considérable, on peux, pratiquer une ou plusieurs ponctions évacuatrices, l'incision des parois du foyer; mais il faut employer ces moyens avec une grande prudence, et seulement lorsque l'absorption est bien évidemment impuissante à reprendre le liquide extravasé. — Dans le troisième degré, on recouvre la partie blessée avec des cataplasmes émollients, et l'on abandonne le travail d'élimination à la nature. — Les contusions au quatrième degré ne laissent une chance de salut au malade que si elles siègent aux membres : elles sont une indication à l'amputation immédiate. (Voy. Amputations.)

2° Plaies contuses.

Les plaies contuses (qui ne diffèrent de la contusion que par la division du tégument externe), sont généralement irrégulières, à lèvres amincies, sinueuses et échancrées. Les plaies d'armes à feu en constituent le type le plus remarquable.

Un projectile volumineux peut emporter tout

PLAIES COSTUSES. 2 3

un membre, ou enlever une épaisseur de parties molles considérable : la blessure présente une surface noirâtre, inégale, et des bords déchiquetés : des tronçons de nerfs, des franges de tissus fibreux, des fragments d'os apparaissent mêlés aux

Fig. 9. — Types de balles en usage dans les armées européennes (*).

muscles écrasés ou déchirés, et aux caillots san-

(*) a. Balle du fusil français, mod. 1867 (poids 36 gr.), et de la carabine, raod. 1859 (poids 48 gr.). — b. Balle du fusil Enfield-Snider, anglais (poids 34 gr.). — c. Balle du fusil Wanzel, autrichien (poids 29 gr. 9). — cl. Balle du fusil chassepot, 1866 (coulée, poids 25 gr.). — e. Balle du fusil Dreyse, prussien (comprimée, poids 31 gr.). — f. Balle du fusd Werder, bavarois (poids 22 gr. 5). — g. Balle Henry (poids 31 gr.).

Un projectile de petit calibre, une balle (fig. 9), produit des blessures moins étendues, mais plus variées.

Une balle frappant très-obliquement une surface large et plane, n'y produit qu'une contusion, une éraflure ou un sillon de médiocre profondeur. Si elle rencontre des parties arrondies, sur lesquelles la peau glisse facilement, elle peut diviser l'enveloppe extérieure, cheminer sous la peau, et ressortir à une distance plus ou moins éloignée de son lieu de pénétration : elle déchire le tissu cellulaire, et crée un séton, que la gangrène transforme en sillon, quand la peau est trop amincie.

Si la balle pénètre dans les chairs sous un angle rapproché de l'angle droit, elle fait une ouverture, se creuse une sorte de cul-de-sac, et s'y loge ordinairement, ou elle traverse les tissus, déterminant deux ouvertures, l'une d'entrée, l'autre de sortie. En général, l'ouverture de sortie est plus grande et moins nette que l'ouverture d'entrée, et cette différence est peut-être plus sensible dans les blessures produites par la balle du chassepot que dans les plaies occasionnées par les autres proj ectiles (1 ).

(1) MM. Sonrier et Raoult Deslongchamps ont signalé une blessure particulière faite aux tireurs par le fusil chassepot : c'est une plaie contuse de l'éminence thénar, avec brûlure plus ou moins prononcée aux doigts médius et annulaire de la main droite, produite par l'explosion de la cartouche et

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