‹ La pratique dermatologiqueChapitre 102 sur 233 · Tome ///, PI. VII · texte numérisé non relu

Tome ///, PI. VII

J lassai et C- £d Heurs. Paris

fm/iY Fi rmiaDidot et ('-Paris.

Moll itM'ti tn co/ilatf ioo uni

/. / ertex crânien . J/usee S/Loiuo M‘2/50 (Badxer etAlquierJ . H ■ />h du Coude Musée S! /.ou io J!" 2030 ( t/alto/ieau J .

MOLLU SGUM COXTAGIOS UM .

sont en forme de poire, leurs grosses extrémités tournées vers la périphérie, landis que leurs petites extrémités ou pointes se groupent autour de l'ombilic de la tumeur (Fig. 105).

Le siège de ce nodule est sous-épidermique, au milieu du tissu conjonctif du derme, lequel envoie

de poli ts p r o I o n gem en ts plus ou moins vascularisés entre les lobules et qui se présente avec ses caractères normaux, n'offrant, dans les cas ordinaires, ni prolifération de ses cellules, ni infiltration par des éléments leucocy taires.

Envisageons m a i n ton a n t la structure des lobules, nous trouverons que chacun d’entre eux est composé de cellules épithéliales qui forment un véritable corps muqueux et que ce corps muqueux des lobules se continue, au niveau de l’ombilic, avec les couches malpighiennes de la peau dont la structure n’a du reste subi aucune modification. Chaque

Fig. 105. — Coupe d’acné vnrioliforme au début. (Leloir et Vidal.

Traité des maladies de la peau. Allas, pi. V, fi o-, 1.1

o, orifice ou goulot de la glande sébacée. — c, couche cornée. m, corps de Malpighi. — r, repli dermique entourant le lobule de la glande sébacée. — d, derme. — v, vaisseaux du derme. — 0< lobules glandulaires altérés. — l, cônes demi-cornés des lobules glandulaires altérés.

lobule nous offre donc une série de couches correspondant à celles de l’épiderme : couche basale, couche filamenteuse, couche granuleuse et couches supérieures ou cornées, dans lesquelles les cellules sont parvenues au terme de leur évolution (Fig. 106).

De la couche basale il n’y a que peu de chose à dire; elle est, comme dans la peau, composée d’une rangée de cellules plus ou moins cylindriques, dont la base repose sur le tissu conjonctif formant la capsule de la tumeur et qui ressemblent absolument aux cellules du stratum germinativum normal. Audry fait loutetois remarquer que leurs noyaux offrent plus fréquemment des figures karyokinétiques que dans ce dernier cas.

La couche filamenteuse comprend des cellules polygonales, à noyau ovalaire, munies de filaments d’union et qui sont disposées en rangées dont de nombre est variable. Sur les bords des lobules et vers leurs pointes, il peut n’y avoir que deux rangées de ces cellules, mais vers le fond du lobule oh en compte 5, 6 et quelquefois davantage.

En somme, l’allure générale de celle couche est celle du stratum ftlàTizoïtosum ordinaire, mais on y note des altérations cellulaires qui soid le prélude

l‘l VIII.

[E BODIN

ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE

de la formation des corpuscules de molluscum que nous retrouverons à l étal de complet développement dans les couches supérieures. En outre de certaines modifications tel les que l’agrandissement de l'espace périnucléaire et telles que la condensation de la chromatine du noyau en 5 ou 4 globes arrondis qui représentent des altérations non spéciales, on verra, quelquefois dès la deuxième rangée des cellules, se produire, en un point quelconque de leur protoplasma d’après Leloir et Vidal, dans l'espace périnucléaire d’après Renaut, des blocs irréguliers mais de forme générale arrondie et qui possèdent déjà les caractères histo-chimiqucs de la corne jeune, se colorant vivement par l’acide picrique et prenant une teinte violette sous l’influence du bleu poly-

Fig. 106. — Lobules de molluscum contngiosum vus à un fort grossissement. (Leloir et A idal, Traité

des maladies de la peau. Atlas, pl. V, fig. 5.)

d. prolongements dermiques interlobulaires hypertrophiés. — p, a, couche des lobules correspondant aux cellules perpendiculaires, normale. — m, couche correspondant au corps de Malpighi. v, cellules de cette couche devenues globuleuses. — 77, cellules granuleuses chargées deléidine constituant en e une sorte de réticulum. — l , couche correspondant au stratum lucidum; à ce niveau les cellules globuleuses k deviennent les corps oviformes. — Les cellules a élcidine ont subi la transformation cornée et en c englobent les cellules ovoïdes.

chrome. A mesure que l’on gagne les couches plus élevées du corps muqueux, ces blocs deviennent plus nombreux en même temps que les cellules perdent leurs filaments d’union, et, à la fin, leur abondance est telle qu ils remplissent tout le corps cellulaire, refoulant le noyau que l'on perçoit encore aplati contre la membrane d’enveloppe de l’élément.

Au-dessus de la couche filamenteuse se trouve, comme je l'ai indiqué, un stratum granulosum sur lequel insiste Renaut, précisant qu'il fait ici exac-

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM.

tement suite à la couche granuleuse du corps muqueux normal, et dans lequel les cellules se montrent chargées d’éléidine parfaitement netle comme dans l'épiderme ordinaire.

Enfin on rencontre les couches correspondant aux strates cornées et dans lesquelles les cellules épithéliales, arrivées au stade ultime de leur évolution, forment les corpuscules de molluscum appelés aussi par certains auteurs cellules paradoxales. Ce sont de petits blocs de forme plus ou moins nettement ovoïde ou arrondie, entourés d’une membrane d’enveloppe, ne présentant plus trace de noyau et constitués par une masse dont les réactions sont à peu de chose près celles de la corne jeune.

A partir de la couche granuleuse et dans le voisinage de l’ombilic de la tumeur, presque toutes les cellules épidermiques ont subi cette transformation, de sorte qu’elles se montrent en ces points tantôt tassées les unes contre les autres, tantôt laissant entre elles et de-ci de-là de petits intervalles, mais qui ne sont pas vides. On trouve, en effet, ces intervalles remplis par des cellules épithéliales ayant subi l’évolution épidermique normale et qui forment ainsi entre les corpuscules de molluscum un réseau à mailles incomplètes et plus ou moins irrégulières.

Tel est le résumé des lésions histologiques que l’on observe dans le molluscum contagiosum et sur lesquelles les divers auteurs sont d’accord.

Mais, lorsqu’il s’agit d’interpréter ces lésions et de préciser leur origine, les divergences d’opinion commencent et aboutissent à des théories diverses. Et d'abord quel est le siège anatomique de ces lésions? A cette question deux réponses ont été données : pour les uns, comme Hebra, C. Fox, Starlin, Kaposi, Renaut, Ranvier, Torok, Gaucher et Sergent, la lésion est localisée bien nettement dans les glandes sébacées ; pour les autres, parmi lesquels je citerai Neisser, Rœck, Ivlebs, Unna, Stanziale, Audry, Ritscli, le molluscum contagiosum n’offre aucun rapport avec les glandes sébacées et doit être considéré comme prenant son origine dans l’épithélium de recouvrement.

Passe-t-on à l’interprétation des lésions, les opinions sont tout aussi différentes mais peuvent se ramener aussi, je crois, à deux principales :

1° Le molluscum contagiosum est dû à une modification dans l’évolution des cellules glandulaires sébacées, à une dégénérescence de ces éléments, et c’est l’opinion de Kaposi (‘j, de Leloir et Vidal (2), de Ranvier, de Renaut (3), de Gaucher et Sergent (4) qui toutefois ne sont pas d’accord sur la nature de cette métaplasie.

Ainsi, pour Kaposi, il s’agirait d’une dégénérescence amyloïde, pour Leloir et Vidal d’une transformation à type colloïde, pour Renaut, Gaucher et Sergent, d’une transformation cornée.

(*) Kaposi, Pathol, et trait, des maladies de la peau, l. I, 1891, p. ‘215.

(-) Leloir et Vidal, Traite descriptif des maladies de la peau, 1889-1894, p. 53. (Masson, éditeur.)

(3) Renaut, loc. cit.

(4) Gaucher et Sergent, Arch. de méd. expér., sept. 1898.

[E. BODIN

ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE

Sans m’arrêter à l’opinion de Kaposi et à celle de Leloir et Vidal qui doivent être définitivement abandonnées, j insisterai sur la manière de voir de Renaut adoptée d’ailleurs par bon nombre d’auteurs et qui donne une interprétation parfaitement rationnelle des faits.

On doit à ce sujet se souvenir d’abord qu’il existe dans tonte glande sébacée normale, ainsi que l’a montré Ranvier, des bandes de cellules épidermiques, cloisonnant ces glandes, de sorte qu’en ces organes se trouvent des cellules épithéliales de deux sortes : celles qui subissent l'évolution sébacée et celles qui suivent l’évolution épidermique normale. Or, sous l’influence d’une cause, dont la nature est encore hypothétique, ces cellules des glandes sébacées subissent une altération dans leur mode évolutif. Les cellules à type sébacé offrent une dégénérescence que Renaut considère comme une dégénérescence cornée, en faisant remarquer toutefois que cette transformation étant pathologique, elle n’aboutit pas à la production de corne normale, ce qui explique pourquoi les corpuscules de molluscum n’ont pas toutes les réactions de la corne normale, fait que l’on retrouve d’ailleurs en certains épil héliomas où la dégénérescence cornée est très analogue à celle que l’on observe dans les cellules de molluscum contagiosum. Quant aux cellules épidermiques ordinaires qui cloisonnent la sébacée, elles continuent leur évolution pour former le réseau à mailles irrégulières et incomplètes qui existe entre les cellules paradoxales. Les réactions colorantes sont du reste très nettes à ce sujet : le globe corné du corpuscule de molluscum se colore d’abord en rouge brun par le picro-carmin, exactement comme les cellules onychogènes de la matrice unguéale, puis en jaune lorsqu’il est parvenu à son stade de développement complet, tandis que les cellules du réseau entourant les corpuscules se teintent par le même réactif en rouge comme les cellules du perionyx de l’ongle.

Par le violet de méthyle et l’éosine, les globes cornés se colorent en bleu comme l’épiderme, et le réseau qui les enserre incomplètement, en rouge; enfin, sous l’influence de l’hématoxyline et de l’éosine, les corpuscules de molluscum deviennent violets et le réseau reste rouge comme l’épiderme.

A celte théorie, soutenue par Renaut et qui donne une explication très acceptable des faits, il manque toutefois d’indiquer la cause de la déviation évolutive des cellules sébacées et c’est précisément cette cause qu’il importerait le plus de connaître. Ici, comme pour les tumeurs épithéliales, on saisit bien le mécanisme des lésions et les altérations dues à des dégénérescences cellulaires, mais on ne va pas plus loin et on laisse, sans y répondre, cette question primordiale de la cause première et véritable de l’affection.

2° A côté de cette théorie, à laquelle doit être attaché le nom de Renaut, s’en trouve une autre dont Neisser est le père et qui, à l’inverse de la première, envisage surtout la cause essentielle de la dermatose. Virchow considérait déjà l'acné varioliforme comme un épithélioma, Neisser ('), puis Rollinger,

(*) Neisser, Vierteljahr. fur Dermatol. und Syph., 1888, et Monatsh. für pratct. Dermat.y 1882, p. 17.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM.

confirmant celle opinion, précisent qu’il s’agit bien ici d’un épithélioma pur, provenant des couches profondes du réseau de Malpighi, épithélioma causé, pour ces auteurs, par des parasites de l’ordre des grégarines, et les corpuscules de molluscum ne sont autres que ces grégarines.

En France, Ouinquaud (*) adopte cette opinion, et Darier, sans se prononcer définitivement, penche pour l'avis de Neisser, considérant comme probable la nature parasitaire des cellules paradoxales.

A celle théorie parasitaire du molluscum contagiosum s’attache un intérêt très grand, car elle a joué un rôle capital non seulement en dermatologie mais aussi en pathologie générale, et c’est, elle qui a été le point de départ de la théorie coccidienne des cancers. Mais, sans m’arrêter à ces considérations d’ordre historique, il me faut envisager la valeur de l’opinion de Neisser et voir quel crédit lui doit être accordé.

On doit, je crois, ici, pour garder une juste appréciation des choses, disjoindre la question et répondre aux deux suivantes qu’il ne faut pas confondre :

1° Les cellules paradoxales du molluscum contagiosum sont-elles, comme le veut Neisser, des grégarines, et ees grégarines sont-elles la cause de la dermatose?

!2° Le molluscum contagiosum est-il de nature parasitaire, ce terme étant pris dans son acception la plus large et sans préjuger en rien de la nature du parasite?

Je crois que la plupart des histologistes s’entendent actuellement pour juger comme erronée l’opinion de Neisser, considérant les corpuscules de molluscum comme des sporozoaires de l’ordre des grégarines.

En outre de ce fait que la production, l’aspect et les réactions de ces cellules, sont parfaitement expliqués par des phénomènes de dégénérescence cellulaire, ne sait-on pas, en ellet, qu’il n’existe aucune expérience positive de culture de ces prétendus sporozoaires, lesquels ne se retrouvent d’ailleurs jamais entre les cellules et ne présentent pas, dans les coupes, déformés d’évolution telles que des corps falciformes dont la présence lèverait tous les doutes ainsi que le fait remarquer Darier.

Il en est de ces parasites comme il en est des figures de coccidies rencontrées par divers savants dans les tumeurs épithéliales et dont la nature non ■coccidienne est actuellement admise sans conteste par la majorité des hislopathologistes.

Mais, parce que les corpuscules de molluscum ne sont pas des grégarines, comme le veulent Neisser, Bollinger et Ouinquaud, est-ce à dire pour cela que le molluscum contagiosum ne soit pas de nature parasitaire? Je ne le pense pas et je crois, au contraire, que certains faits établissent solidement l’hypothèse de l’origine parasitaire de celle dermatose.

Sans parler du processus histologique, qui offre dans cette affection une

C) Ouinquaud, La Tribune méd., 1889.

[£. BODIN

ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE

allure tout à fait spéciale, il est très certain el prouvé par des faits positifs que le molluscum contagiosum est contagieux et qu’il peut être inoculé expérimentalement à l’homme ('), ainsi que le démontrent les expériences de Retzius (2), de Ilaab (3), de Vidal (*) et d’autres plus récentes.

Stanziale (5) inocule des fragments de molluscum à 21 personnes et obtient 1 cas positif et typique au bout de trois mois; Nobel (6) insère dans les couches cutanées de l’avant-bras un fragment provenant d'une tumeur de molluscum, prélevée sur la verge d’un autre sujet et au bout de deux mois il constate, au niveau de la région inoculée, une éruption classique de molluscum; Diliberlo (7) a également obtenu un résultat positif en inoculant le molluscum chez l’enfant dans la région faciale, et Nobl (8) rapporte une expérience analogue à celle de Nobel et dans laquelle l’éruption expérimentale est survenue cinq semaines après l’inoculation au bras d’une tumeur de molluscum provenant de la zone génitale (9).

Tous ces faits suffisent, je crois, pour permettre d'affirmer l’origine parasitaire de l’affection, sans toutefois nous renseigner sur la nature du parasite; appartient-il au règne animal, aux sporozoaires, est-ce un champignon, ou ne serait-ce pas plutôt une bactérie? Jusqu’ici nous n’en savons rien et, pour le moment, la question est aussi peu dénouée que celle de l’origine des cancers. Ces deux problèmes ne sont-ils pas d’ailleurs connexes et n’est-il pas permis de supposer que la solution de l’un facilitera singulièrement celle de l’autre?

En résumé et pour conclure, que l’on adopte l’opinion que Ton voudra au sujet de la localisation des lésions du molluscum contagiosum, on doit considérer cette dermatose comme due essentiellement à un processus de dégénérescence du type corné des cellules épithéliales, évolution anormale, se produisant sous l’influence d’un agent extérieur, d’ordre parasitaire, sur la nature duquel nous ne possédons actuellement aucun renseignement précis, mais dont l'existence est démontrée par des faits positifs.

(>) Des tentatives d’inoculation ont été faites, mais sans résultat, par Torok et Tommasoli ( La Riforma médira, 12-15 août 1889) sur le lapin et sur la poule. On sait d’ailleurs que les analogies que l’on avait pensé exister entre le molluscum contagiosum et la variole des oiseaux sont actuellement controuvées. (Cf. Kaposi, Maladies de la peau, 1891, t. I, p. 214, note 1.)

(-) Retzius, Nord. med. Arcli., 11, et Deutsche Klin., 1872.

(3) IIaab, Corrcspondenzblatt für Schw., 1888, p. 254.

(4) Vidal, Ann. de dermat. et de syph., lre série, t. IX, 1877-1878, p. 529.

(5) Stanziale, Giornale intern. del. science med., 15 mai 1890, p. 321.

(6) Nobel, Soc. vieil, de dermat., 17 mai 1893.

(7) Diliberto, Giornale ital. del. malat. ven. e del. pci., 1890, fasc. 3, p. 575.

(8) Nobl, Arcli. für Dermat. und Syph., 1895, XXXI, p. 231.

(9) Dans toutes ces inoculations, un fait est frappant, c’est la longue période qui s’écoule entre l’inoculation et l’apparition des lésions expérimentales; notons aussi qu’il a fallu presque toujours faire un assez grand nombre d’expériences pour obtenir un résultat positif; ceci suffirait à montrer qu’il y a, dans l’inoculation du molluscum, des conditions qui nous sont encore inconnues.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM.

ÉTIOLOGIE

Les faits rapportés au paragraphe précédent et relatifs à l’inoculation du molluscum contagiosum permettent d'affirmer que la transmission de celle affection peut se faire de personne malade à un individu sain, et c’est là un fait capital dans l’étiologie de la dermatose.

L’observation clinique est d’ailleurs très probante sur ce point et a enregistré, depuis de longues années, des cas de contagion indiscutable. Ainsi je rappellerai une véritable épidémie de molluscum étudiée par Caillault (*) à l'hôpital des Enfants-Malades où, dans une même salle, 14 enfants sur 50 furent contaminés en trois mois, après admission dans cette salle d’une fillette atteinte d’acné varioliforme. Torok et Tommasoli(2) ont observé un fait analogue et noté la propagation de la dermatose à 50 individus dans un asile d’enfants; d’autres lois, il s’agit de contaminations plus restreintes, de propagation du molluscum dans une famille, comme l’ont noté Mittendorf et Wallon, de transmission de l’enfant à sa nourrice signalée par Hardy et par Dubois-Hawenith, ou de l'enfant à sa mère ainsi que l’ont vu Hardy et Maurau. Enfin, Barthélemy (3), observant à Saint-Lazare un nombre élevé de cas de molluscum contagiosum à localisations génitales et périgénitales (17 cas sur 500 malades), n’insiste-t-il pas sur la propagation de la maladie dans les actes sexuels en demandant qu’elle soit considérée comme affection vénérienne contagieuse.

Actuellement donc la contagion ne peut être niée, mais il s’en faut de beaucoup que nous connaissions les diverses conditions de cette contagion et, par suite, que l’étiologie de la dermatose soit complètement élucidée. Tout ce que l’on peut dire, c’est que le molluscum contagiosum, qui se rencontre à tout âge, est certainement plus fréquent dans l’enfance et dans la jeunesse; ajoutons aussi que d’après certains auteurs, tels que Kaposi, l’eczéma, le prurigo, les sueurs abondantes, la macération de la peau, constituent des conditions favorables à l’éclosion du molluscum et que, si l’éruption est abondante et prurigineuse, les grattages, déterminant de petits traumatismes cutanés, jouent un certain rôle dans la dissémination des éléments éruptifs, ainsi que cela est surtout évident dans le cas de localisations génitales.

TRAITEMENT

Le molluscum contagiosum n’exige aucun traitement général, et sa théra-

(*) Caillault, Arch. gén. de méd., 1851, t. XXXII, p. 46-516.

(2) Torok et Tommasoli, La informa medica, avril 1889, et Ann. de dermat., 1890, p. 458. Cf. Bignon, Thèse de Paris, 1880.

(5) Barthélemy, .Soc. de dermat., 1895.

[E. BODIN

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM. — MORPION.

peu Liquc locale est fort simple; elle peut se résumer en un mot: extirpation de l’élément éruptif.

Quelques dermatologistes ont préconisé l’expression de la tumeur de molluscum, expression énergique faite avec les doigts ou entre les mors d'une pince de façon à vider complètement la poche que l'on cautérise ensuite avec la pointe d’un crayon de nitrate d’argent. Mais le procédé de choix consiste à énucléer la tumeur, à l’extirper avec un instrument tel que la curette.

On se servira pour cela d’une petite curette tranchante à lupus et, la peau étant bien tendue au niveau de la petite tumeur, un seul coup de curette à la base de l’élément suffit habituellement pour l’enlever en totalité.

Cela fait, on appliquera un pansement ouaté qui arrêtera en quelques minutes la petite hémorragie causée par le traumatisme, ou, si l’on craint d’avoir laissé un fragment de la tumeur ou de voir la petite hémorragie persister, on fera une légère cautérisation au nitrate d’argent, ou mieux avec la pointe fine du thermocautère.

Ultérieurement, les petites plaies résultant de ce curettage se guérissent bien et sans laisser de cicatrices pour peu que les tumeurs ne soient pas trop volumineuses; il faudra toutefois veiller à ce qu'elles ne s'infectent pas et, pour cela, on prescrira des lotions antiseptiques faibles (eau boriquée, sublimé à 1 /2000e), ou encore on aura recours à l’application d’emplâtres adhésifs, tels que l’emplâtre à l’oxyde de zinc ou l’emplâtre rouge de Vidal.

Lorsque l’éruption est discrète, rien n’est plus facile que ce curettage, mais, si le nombre des tumeurs est considérable, il faudra procéder par séances successives, dans chacune desquelles on enlèvera un certain nombre d’éléments éruptifs.

Enfin, si l’éruption est constituée par des éléments petits cl extrêmement nombreux, on peut, en quelques cas, obtenir de bons résultats en déterminant f exfoliation de la peau par des applications de savon mou de potasse, de teinture d’iode, d’emplâtres salicylés; applications qui, chez les sujets jeunes et à peau délicate, devront toujours être faites par lots successifs, comme le lait remarquer E. Besnior.

MO N ILE THRIK. — Étym. : inonile, collier, cl 9 pic, xpr/oç, cheveu.

Le monilelhrix ou nodose-liair est une maladie du poil caractérisée par de nombreux rétrécissements, réguliers, qui lui donnent un aspect moniliforme.

Voir l'article : Poils ( Maladies des).

MORPHÉE. — Étymologie inconnue.

C’est u ne des désignations des sclérodermies en plaques, due à Erasmus Wilson.

Voir l'article : Sclérodermie.

MORPION. — Étym. : d’après Littré, elle serait la suivante : mor, qui mord, et pion, de

l'italien peclione, et du latin pedis, pou : pou qui mord.

Le morpion est le pou du pubis.

Voir l’article : Phtiriase.

MORVE

MOIiVE.

’ar E. BODIN.

MORY E

Page 1